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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 21:12

mercredi 16 avril 2014

par Jean-Luc Gonneau

La punition a été lourde pour la gauche lors des élections municipales. Injuste aussi : certains élus n’avaient en rien démérité, et même, avaient mérité. Les partis de la « gauche de gauche », en rien responsables de la calamiteuse politique gouvernementale, ont morflé comme la PS, autre injustice. Contrairement à ce que François Hollande laissait croire, le PS, et lui-même, avaient le choix entre coup de barre à gauche, moyennant une sévère baston avec la Phynance, cet ennemi hi hi hi, et sa représentation politique permanente, la Commission européenne, et la poursuite de la fuite en avant libérale. Il a choisi la fuite en avant, avec la foi du converti au « tino » (There Is No Alternative), mis à la mode par Mrs Thatcher, c’est dire si c’est ringard. Logiquement, la déroute municipale devrait être suivie d’une déculottée européenne, pas injuste celle-là tant la social-libero-démocratie européenne manque de projets et d’idées pour sortie le continent de la crise. Ce que nous pouvons espérer, pour la gauche, c’est que Front du même nom, enfin plus ou moins rabiboché après les turlupinades municipales, puisse convaincre, avec un programme qui tranche clairement avec les mortelles mollesses socio-libérales ou de droite classique, d’une part, et avec les roulements de mécaniques sur du vide qui caractérisent le Front National. Un pari loin d’être gagné mais qui vaut le coup d’y investir ce qui peut nous rester d’énergie militante. Tandis que démarre, avec un entrain extrêmement modéré qui laisse présager un nouveau record d’abstention, la campagne européenne, le gouvernement suit son chemin (de croix jusqu’à présent). On a changé de premier ministre, en nous choisissant ce qu’il y avait de plus droitier dans le magasin du PS. Ce qu’il y a de plus égotique aussi, tant qu’à faire. Et de plus « communicant », c’est-à-dire expert en petites phrases et langue de bois (si vous ne la connaissez pas déjà, apprenez la langue de bois avec Franck Lepage en dix minutes sur http://www.youtube.com/watch?v=oNJo...). Mais on a gardé la même feuille de route, celle qui a le plus de chances de conduire à un mur. La maigre consolation qu’on puisse apercevoir, c’est que la droite (de moins en moins) républicaine propose, en gros, la même chose, en pire. Autre consolation, accessoire, nous avons échappé à Pascal Lamy dans un ministère Et nous allons, c’est déjà commencé, entendre ou lire à satiété les litanies eurobéates des Guetta, Duhamel et consorts, dont la synthèse est simple : l’Europe, mesdames, messieurs n’est pas le problème, c’est la solution. Ouais, chers eurobéats, l’Europe pourrait être sinon la toute la solution, du moins une partie. Mais pas cette Europe-là, qui privilégie la compétitivité au détriment de la coopération, qui a pour totem la fameuse « concurrence libre et non faussée », qui n’a jamais existé, hors sol, que dans les manuels de théorie économique, qui remis les clés de la maison à une clique de libéraux fous-furieux eux mêmes aux ordres des lobbies et des multinationales. Le duo Valls-Sapin, pour leur première sortie européenne, viennent de se faire tacler par Bruxelles et Berlin (c’est un peu la même chose). Pas de problèmes, qu’ils ont dit. Si, problèmes : la douloureuse qui va augmenter encore, on sait déjà qui va la régler.

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