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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 19:57

~~Ce dimanche soir à 22h25 sur France 5. Qui a vraiment tué Jaurès ?

C’est la question que pose Philippe Tourancheau dans ce docu-fiction où Philippe Torreton retrouve le costume du grand socialiste.

Une plongée façon polar dans les années d’avant-guerre marquées par la montée des nationalismes.Pour un réalisateur de télévision, redonner chair, 100 ans après, à la personnalité et aux engagements de Jean Jaurès n’est pas chose aisée. Très peu d’images, pas d’enregistrements sonores... De fait, quand le tribun socialiste et défenseur acharné de la paix est assassiné le 31 juillet 1914, la pellicule est encore une invention récente. Quand on l’interroge sur le choix de réaliser un docu-fiction plutôt qu’un documentaire classique, c’est donc assez naturellement la volonté de surmonter la pauvreté des archives que Philippe Tourancheau met en avant. Dans ce genre cinématographique, il n’est cependant pas tout à fait un nouveau venu, puisqu’on lui doit déjà, entre autres, « Darwin (R) évolution » (2010), où le célèbre naturaliste est incarné par Jean-Pierre Marielle. Sa maîtrise des ficelles du docu-fiction a donc pesé aussi dans la balance. Reste que, de son point de vue, sa « rencontre » avec Jaurès n’avait rien d’évident. Un étudiant nationaliste « À la base, je suis plutôt intéressé par les scientifiques, attiré par les grandes découvertes. Avant de travailler sur ce docu-fiction, je ne connaissais pas grand-chose de Jaurès. J’y suis allé plutôt à reculons. Mais, au fur et à mesure de mes lectures, j’ai été impressionné par la force du personnage, par son authenticité. J’ai de l’admiration pour cet homme qui s’est battu comme un forcené pour les droits des travailleurs », raconte Philippe Tourancheau, évoquant en particulier le soutien apporté aux mineurs de Carmaux lors de leur grève de 1892. Un mouvement durement réprimé, qui a joué un rôle crucial dans le passage de Jaurès au socialisme. « Son socialisme vient du coeur, du spectacle de la misère et de la répression ouvrières », souligne l’historien Christophe Prochasson, l’un des spécialistes intervenant à l’écran. En ces temps de récupération éhontée, il n’est pas inutile de rappeler l’attachement viscéral de Jaurès à la question sociale. Dommage, à ce propos, que l’engagement du député du Tarn dans la fondation, en 1896, de la verrerie ouvrière d’Albi ne soit mentionné qu’en passant. Mais il est vrai que celui qui a tué Jaurès, Raoul Villain, voulait lui faire payer d’abord son pacifisme. C’est en particulier l’opposition du fondateur de « l’Humanité » à la « loi des trois ans », en 1913, allongeant le service militaire pour préparer la France à la guerre, que l’étudiant nationaliste invoquera en garde à vue. Un ambassadeur russe Le film de Philippe Tourancheau, qui débute par la reconstitution d’un interrogatoire policier, a pour trame la question principale des enquêteurs eux-mêmes : l’assassin a-t-il agi seul ou sur commande ? Ce faisant, il exhume l’hypothèse, jamais prouvée, d’une implication directe de la Russie, dont l’ambassadeur en France, Izvolski, était un « va-t-en-guerre » de premier plan, soutien financier de la presse belliciste. L’intérêt du film n’est cependant ni dans son intrigue, directement inspirée des procès-verbaux et de l’état de la connaissance des historiens sur l’événement, ni dans la mise en perspective des débats autour de la personnalité du coupable. Il est plutôt dans sa capacité à nous introduire au climat de l’époque, marqué par le déchaînement de l’extrême droite et une presse pratiquant largement la caricature haineuse, en particulier contre Jaurès. On perçoit aussi assez bien la force de conviction de ce dernier, incarné avec une empathie certaine par un Philippe Torreton dont on se souvient la prestation dans « Jaurès, naissance d’un géant », en 2005, pour France 2. On pourra regretter néanmoins, outre quelques dialogues qui sonnent faux comme cela arrive souvent dans les docu-fictions, une fin trop abrupte. Centré sur l’ultime journée de Jaurès, le film se conclut en rappelant que Raoul Villain fut acquitté en 1919. Un verdict scandaleux, et qui fit scandale. Or, curieusement, cette réception n’est pas évoquée. Un choix que Philippe Tourancheau explique par des contraintes de format et la nécessité de coller à ce jour du 31 juillet 1914, « concentré de la vie » du théoricien et militant socialiste... Un mot sur la manifestation du 6 avril 1919, en réaction au verdict, lors de laquelle environ 200 000 personnes défilèrent à Paris à l’appel des socialistes et des syndicats, aurait cependant permis de tenir les deux bouts. -

~~ Torreton, un habitué du rôle En 2005, Philippe Torreton incarnait une première fois Jean Jaurès, dans le téléfilm « Jaurès, naissance d’un géant », de Jean-daniel Verhaeghe. La grève des mineurs de Carmaux en 1892, à la suite du licenciement d’un des leurs, Jean-baptiste Calvignac, nouvellement élu maire socialiste de la ville, y est centrale. C’est à cette occasion que le républicain Jaurès prend véritablement conscience de la lutte des classes. Il est élu député de la circonscription l’année suivante. - See more at: http://www.humanite.fr/qui-veut-la-peau-de-jaures-ou-le-dernier-jour-dun-homme-de-paix-530109#sthash.tAJl6R96.dpuf

Qui a vraiment tué Jaurès...

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