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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 19:34

~~ "C'est un joli nom camarade" - De quoi Jean Ferrat est-il le nom ? 0 29.07.2014 - 17:00

L’HEURE DU DOCUMENTAIRE : Et si on changeait de héros ? Un documentaire de Stéphane Manchematin et Diphy Mariani, rediffusion de Sur les Docks du 21 juillet 2011.

Jean Ferrat ©Radio France Jean Ferrat est mort le 13 mars 2010. Absent depuis des années de la sphère médiatique, la nouvelle de sa disparition n’est pourtant pas passée inaperçue. A la manière d’une onde de choc, elle a suscité une vive émotion, particulièrement dans les milieux dits « populaires » mais bien au-delà. Comme si, à l’occasion de sa disparition, la France entière découvrait l’immense et indéfectible popularité du chanteur. Comme si elle mesurait, à l’occasion de ses obsèques télévisées – suivies par plus de quatre millions de téléspectateurs un mardi en plein milieu d’après-midi – ce qu’il représentait pour plusieurs générations, celle des Trente glorieuses, de la guerre froide et du plein emploi, mais également celle de ses enfants, de ses petits-enfants : une sorte de parrain, de modèle, de figure tutélaire.

Au lendemain de sa disparition, Le Monde, l’Humanité Dimanche, Libération et même Le Figaro, toute la presse, lui consacrent leur Une. Les journaux ouvrent leurs colonnes aux très nombreux lecteurs qui souhaitent rendre hommage au chanteur. Et la presse de conclure : « sa mort, samedi dernier a bouleversé la France comme seule la disparition d’un homme plus grand que son art peut foudroyer un pays. » De quoi tout cela témoigne-t-il ? Sans doute de la perte, après Brassens, Brel et Ferré, du quatrième des trois mousquetaires de la chanson française. Mais la spontanéité et l’ampleur du mouvement populaire expriment quelque chose de plus profond. De plus inconscient aussi. Traduction d’une forme de désespoir contemporain ? Témoignage de l’attachement d’une communauté à certaines valeurs mises à mal par le développement d’une forme d’idéologie « bling bling » ?

Un grand nombre de Français s’est reconnu dans les chansons de Ferrat, et a été sensible à son sens de la révolte et de l’indignation et aura partagé ses convictions. Une partie d’entre eux s’est également servi de ses textes pour apprendre à envisager le monde social autrement. A les écouter, la mort de Ferrat semble représenter la perte d’une conscience morale… Mais certains préfèrent voir dans ses chansons le « ressort des luttes d’hier, d’aujourd’hui et de demain » et une énergie qui « peut faire à nouveau trembler le monde à la première occasion venue… » Philosophe, hommes politiques, chanteurs, anonymes… chacun tente de répondre à sa manière à une simple question : de quoi Ferrat est-il le nom ?

Avec : Olivier Besancenot, membre du NPA ; Roland Leroy, ancien directeur de L’Humanité ; Marie-José Mondzain, philosophe ; Michel Drucker, animateur de télévision ; Colette Ferrat, épouse de Jean Ferrat ; Allain Leprest, chanteur ; Francesca Solleville, chanteuse ; Daniel Pantchenko, auteur ; Michel Pesenti, maire d’Antraigues sur Volane ; Jean-Paul Achard. Merci à Robert Gallier et son orgue de barbarie. Production : Stéphane Manchematin Réalisation : Diphy Mariani

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