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Le blog de Martine
valla
Tout le monde s’écoute, et
tout le monde s’insurge qu’on en soit encore là, en France, sans que rien n’évolue vraiment. Aux côtés de Kamel, animateur du débat et membre de
l’association le Mouvement des Quartiers, seule une petite dizaine de personnes se sont retrouvé
dans le 19ème arrondissement de Paris. Le débat sur l’identité nationale, lancé par Eric Besson, a amené sur le débat public le thème du racisme. Ici, c’est dans ses problèmes au quotidien
qu’on en parle.
Plusieurs intervenants sont simplement venus raconter leur vécu. Comme ce témoignage, d’Ahmed, DJ et étudiant en droit, qui a été exclu de son ancien lycée, sans raison. Il explique qu’à l’époque
sa directrice lui a dit “ne pas aimer sa tête”. Du côté de Malika Boukhalfi, militante pour les droits de l’enfant, c’est une histoire qui remonte à son enfance, son premier souvenir de
“racisme”, qui la mis, très jeune, dans une posisiton d’impréhension et de malais entre la société dans laquelle elle vivait et les traditions suiviespar sa famille. Elle se rappelle que son
instituteur lui avait demandé de se laver les mains, pour faire partir le henné qu’elle avait sur les doigts, avant de rentrer en classe, car c’était pour lui interdit…
Pour Kamel, la plupart des politiques, de gauche comme de droite, ne parlent jamais vraiment du racisme, alors que ce débat lui paraît essentiel : «Devant des histoires où l’on a clairement traité des gens de sous-hommes, ils vont dire que c’est un problème psychologique, que c’est plus compliqué que ça etc. Mais jamais ils ne parlent de racisme car ça pose problème de dire ça. »
Le débat sur ‘lidentité nationale, est donc très mal vécu, des personnes qui étaient présentes. Pour Evelyne
Perrin**, écrivain : « On voit un déferlement de propos racistes, depuis l’ouverture de ce débat. On a entendu des députés ou des maires exprimant des propos discriminant. Il faudrait les
attaquer en justice : tout comme on condamne les propos antisémites, il faut aussi condamner les propos antimusulmans. » En 2007, elle a interviewé, à l’occasion d’un livre qu’elle publie
prochainement, un grand nombre de jeunes rencontrés au quartier des Halles, de toutes origines, sur ce qu’ils pensaient de la création du Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale :
“Ca ne veut rien dire pour eux ! Ce concept d’identité nationale ne leur parle pas, pour la plupart. Ce qu’ils veulent, c’est apprendre à vivre ensemble, en bonne intelligence. Ils aiment la
diversité ethnique, qui constitue une richesse, pour eux.”
Pour Mariam, militante antiraciste, née d’un père guadeloupéen et d’une mère allemande, ce débat a été posé en des termes « excluant » et est donc faussé : « Nicolas Sarkozy parlait des valeurs
de la France, et notamment de la chrétienté. Est-ce que ça veut dire que si on n’est pas chrétien, on n’est pas français ? »
Créée il y a un peu plus d’un an pour défendre la justice sociale et lutter contre le racisme, l’association le
Mouvement des Quartiers se dit vouée à des actions concrètes, de terrain. Bavures policières, expulsions des sans-papiers, exclusion scolaire et discrimination au travail… le Mouvement des
Quartiers combat tout ce qui, au jour le jour, est “subi” par certains habitants des quartiers. L’association était par exemple présente au Tribunal de Bobigny, le 10 décembre dernier, pour «
pour soutenir Abdoulaye Fofana, victime d’une arrestation arbitraire et violente, qui, au lieu d’obtenir justice contre les policiers en cause dans l’affaire, se voit (…) jugé. », lit-on sur leur
site.
* Site du Mouvement des Quartiers : www.justicesocialepourlesquartiers.org
* * Evelyne Perrin est aussi
l’auteur du livre “Jeunes maghrébins de France, la place refusée”, sorti en 2008 aux éditions Logiques Sociales, où elle rapporte les discriminations subies par certains
jeunes.
Margaux Duquesne
Images: Julien Boluen
Montage: Julian Grieco Langlet
PARIS - Le gouvernement français a fait face à de vives attaques de la gauche sur la double rémunération du nouveau patron d'EDF, Henri Proglio.
Le gouvernement français a fait face à de vives attaques de la gauche sur la double rémunération du nouveau patron d'EDF, Henri Proglio. La rémunération annuelle d'Henri Proglio s'élèvera à plus de deux millions d'euros par an - 1,6 million de salaire de la part d'EDF et 450.000 euros d'indemnités de Veolia. (Reuters/Benoît Tessier)
Cette affaire avive le débat sur la double casquette consentie à Henri Proglio, soutenu par l'Elysée pour devenir à la fois P-DG d'EDF tout en restant président du conseil d'administration, sans fonction exécutive, dans son ancienne entreprise, Veolia Environnement.
La rémunération annuelle d'Henri Proglio s'élèvera à plus de deux millions d'euros par an - 1,6 million de salaire de la part d'EDF et 450.000 euros d'indemnités de Veolia.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui avait assuré en novembre dernier qu'il ne recevrait qu'une unique rémunération, s'est défendue mercredi, estimant que le patron d'EDF ne bénéficiait pas d'un "cumul rémunérationnel".
"Le conseil d'administration de Veolia lui verse une indemnité, moi j'ajuste le salaire chez EDF pour qu'il n'y ait pas de cumul et qu'il reste au même niveau de rémunération que précédemment", a-t-elle dit à des journalistes. "Il n'y a pas de cumul opérationnel, c'est ça qui est le plus important".
Elle a expliqué aux parlementaires qu'il s'agissait d'apporter à l'entreprise publique un dirigeant de qualité.
Henri Proglio n'est pas aujourd'hui payé davantage que lorsqu'il dirigeait Veolia, a-t-elle assuré.
Avant cette mise au point, le ministre du Budget, Eric Woerth, et le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, avaient soutenu les mêmes arguments.
"C'est une polémique que je comprends parce que ce sont des chiffres importants, il faut toujours tout écouter, mais il faut surtout donner à Henri Proglio toutes les chances de vraiment bien remplir sa mission", a dit Eric Woerth sur France 2.
"ÉCONOMIE DE LA CUPIDITÉ", DIT ROCARD
Le gouvernement fait valoir qu'Henri Proglio ne touchera qu'une rémunération relativement basse pour le CAC 40, les 40 sociétés françaises les plus importantes cotées en Bourse.
Selon la société de conseil Proxinvest, citée par Le Monde, la moyenne de ces salaires était de 3,6 millions d'euros en 2008. Bernard Arnault, patron de LVMH, détenait le record avec 16,8 millions d'euros.
Mais Christine Lagarde a dû affronter une bronca des députés de gauche lors des questions à l'Assemblée nationale.
L'opposition souligne qu'Henri Proglio travaille pour l'Etat, actionnaire principal d'EDF, qui s'était engagé fermement sur le salaire. Elle estime que l'affaire souligne le problème du cumul des fonctions.
"Il y a un conflit d'intérêts qui est condamnable et qui pourrait être regardé par la justice", a dit le député socialiste Arnaud Montebourg sur LCI.
L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a estimé que l'affaire posait davantage un problème moral.
"C'est un symbole d'une économie de la cupidité qui n'est plus moralement vendable aux électeurs (...) La colère populaire, elle va monter, tous ces gens sont complètement déraisonnables", a-t-il dit sur i>Télé.
A Strasbourg, l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a estimé devant des journalistes que c'était "indécent".
"Le gouvernement et le président jouent avec le feu avec ces questions. On n'est pas sorti de la crise économique et on n'a pas vu toutes les conséquences de la crise sociale", a-t-il dit.
Ce dossier des salaires patronaux, qui n'avait jusqu'en 2008 guère fait débat dans le monde politique, est apparu avec la crise financière et a gagné les rangs de la majorité de droite.
Un rapport signé du député UMP Philippe Houillon, publié en juillet, remarquait que le revenu annuel moyen des dirigeants des plus importantes sociétés françaises était en 2007 d'environ cinq millions d'euros, soit 312 fois plus que le revenu médian des Français pour une personne seule (15.780 euros).
Il proposait 16 mesures et une action législative pour limiter ce qu'il jugeait excessif, une proposition reprise ensuite par l'UMP, sans effet jusqu'ici.
La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, interrogée sur Public Sénat, s'est déclarée favorable mercredi à un plafonnement des revenus à 40 fois le revenu médian.
A quand les sanctions pour faire respecter les
lois ?
L’égalité salariale entre les femmes et les hommes ne progresse pas Au-delà des annonces ministérielles ou des écrans de fumée parlementaires, il faut des sanctions maintenant
S’il convient de procéder à la définition d’objectifs chiffrés, pour la CGT, il est surtout nécessaire de faire voler en éclat le plafond de verre qui bloque l’accès aux postes de cadres et de cadres supérieurs aux femmes dans de nombreuses entreprises. Et dans le cas où un échelonnement est envisagé, dés le départ il faut établir une proportion au moins égale à 33% de femmes dans les CA, car tous les spécialistes s’accordent à dire qu’au dessous de ce pourcentage les femmes restent « invisibles ». Le projet de loi ne va même pas jusque là !
Mais la présence des femmes dans les instances de direction ne suffit pas à répondre aux questions posées en ce qui concerne l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Cela ne couvre pas tous les aspects qui ont une influence sur l’égalité : salaires, conditions et temps
de travail, recrutements, formations, articulation des temps, retraite, etc….
Le SMIC revalorisé (1600 brut pour la CGT) augmente immédiatement la rémunération de nombreuses femmes. Aujourd’hui 3,4 millions de salariés travaillent pour un salaire inférieur au SMIC
mensuel dont 80% de femmes.
Pour faire progresser l’emploi stable et à temps plein, la CGT a proposé depuis novembre 2007, une négociation pour faire reculer le temps partiel contraint notamment avec les branches
professionnelles qui utilisent ce type de contrats d’une manière systématique. 83% des salariés à temps partiel sont des femmes : on ne peut pas vivre avec 800 euros par mois ! Il est
possible : en créant une "sur cotisation" employeur de dissuader les entreprises de recourir aux emplois précaires ou aux emplois à temps partiel subi.
La réduction du temps de travail, loin d’être remise en cause, devrait être étendue à l’ensemble des salarié-es et dans les meilleures conditions, pensée, organisée et négociée en fonction des
impératifs familiaux, en s’adressant aux deux parents, constituant ainsi un des axes majeurs de l’articulation vie familiale, vie professionnelle.
L’éventualité d’une réforme du congé parental pour qu’il soit moins discriminant pour les femmes, ne peut s’envisager que simultanément au développement d’un grand service public d’accueil des
jeunes enfants.
Il faut des sanctions maintenant :
Dés aujourd’hui, les pouvoirs publics peuvent sanctionner le fait qu’il n’y ait pas de rapport de situation
comparée dès lors que la DDTFP n’en ait pas reçu copie, en supprimant les exonérations de cotisations sociales (un principe qui peut être mis en œuvre tout de suite puisque la loi le prévoit
déjà : pas d’exonération si l’entreprise n’a pas négocié sur les salaires et donc les inégalités).
D’une manières générale toutes les aides et allégements de cotisations sociales doivent être conditionnés au respect par l’employeur d’un certain nombre de critères sociaux liés à l’emploi, aux
salaires, à la mise en œuvre des objectifs de diversité et d’égalité.
Pour cela, il faut renforcer les contrôles et les moyens des DDTFP : le bilan du rapport Grésy, montre que seulement 200 contrôles ont été effectués sur les 2000 prévus.
Enfin si en 2010, aucun accord n’est signé prévoyant un plan de rattrapage, des sanctions financières à hauteur de 1% sur la masse salariale nous paraissent nécessaires.
D’autrepart nous réaffirmons comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises que l’état employeur lui-même doit montrer l’exemple dans tous les domaines.
L’injustice dont souffrent les femmes salariées est insupportable : plus personne ne se contentera d’annonces.
Montreuil le 19 janvier 2010
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