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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 20:26



L’affaire Cahuzac, Monsieur le ministre, est un symptôme du triomphe du libéralisme en Europe
Crise politique

Par Eliane Assassi / 11 avril 2013

 
Le texte ci-dessous est une version résumée de l’intervention prononcée.
La version définitive et intégrale sera très prochainement en ligne.

Une crise politique grave se déroule dans notre pays.

La démission du ministre du budget, ses aveux de malversations ont mis en évidence l’imbrication étroite entre la finance et le domaine public y compris le champ politique.

Les sénatrices et les sénateurs communistes qui avaient déposé il y a trois ans, le 1er juillet 2010, une proposition de loi constitutionnelle pour garantir l’indépendance du Président de la République et des ministres vis-à-vis du pouvoir économique, approuvent sans réserve les mesures qui permettront d’assurer la transparence et d’éliminer - c’est cela l’objet - l’influence néfaste des financiers et lobbyistes sur les choix politiques, les choix économiques et sociaux.

Un élu ne doit pas tirer un profit personnel de sa fonction. La question de la publication des déclarations de patrimoine et d’intérêts se pose, reste à examiner de quelle manière pour ne pas tomber dans une surenchère voyeuriste.

L’immense majorité des élus qui se dévoue pour leur population, qui participent au débat politique et idéologique n’ont rien à craindre de telles mesures.

Mais cela n’est pas tout. Les hésitations actuelles, les tergiversations actuelles montrent bien que l’essentiel est ailleurs. Le Président de la République en insistant sur le rôle des banques, la lutte contre les paradis fiscaux a pointé un fait essentiel : c’est le libéralisme, la libre circulation de l’argent, des capitaux qui est source de dérive, de corruption.

Trop longtemps nous avons été seuls, au Parti Communiste, au Front de Gauche avec quelques personnalités à dénoncer l’argent roi, l’argent qui corrompt.

Il est temps aujourd’hui d’affronter le monde de la finance, cet ennemi sans visage hier dénoncé.

Monsieur le Premier Ministre, montrer du doigt les banques est une bonne chose car celles-ci profitent de la crise, vampirisent les états et les peuples. Mais ce n’est pas suffisant.

Il faut s’attaquer au système qui organise leur action.

Seul un changement de cap en France comme en Europe peut redonner confiance aux peuples et pas seulement quelques mesures de transparence.

L’affaire Cahuzac, Monsieur le Ministre est un symptôme du triomphe du libéralisme en Europe.

C’est la démocratie qui est moralement atteinte par le pouvoir de l’argent.

Nous vous demandons d’en prendre conscience en stoppant l’austérité maquillée en « sérieux budgétaire », en mettant enfin le cap sur la croissance, la politique industrielle durable et l’emploi.



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