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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 17:03

  - le 5 Novembre 2012

Extrême droite

Identitaires: think tank à droite

Jusqu’ici repliée sur elle-même, l’extrême droite travaille à la recomposition de la droite, qui pense comme elle la politique en termes « identitaires ». Une « union » qu’elle espère visible en 2014.

Orange (Vaucluse), envoyé spécial. «Vous voulez savoir ce que Jean-François Copé dira dans dix ans ? » Bienvenue à la convention des identitaires, l’extrême droite qui a dépoussiéré son discours, mais pas sa pensée. Entre deux achats de masques de cochon ou d’ouvrages « à contre-courant » de l’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol, entre 400 et 500 membres de la « famille identitaire » réunie à Orange ont affirmé « lutter contre l’islamisme » en « refaisant un peuple », et vouloir peser sur « la sphère publique » en réalisant « l’union des droites ».

La droite extrême a la cote, estime Fabrice Robert, président du Bloc identitaire (BI). « Qui utilisait le terme “ identitaire”, il y a dix ans ? » s’interroge-t-il, un œil sur l’UMP, l’autre sur le Front national. Il y voit « une victoire culturelle : l’occupation du champ de l’esprit ». La victoire semblait acquise à Orange, ville gérée depuis 1995 par Jacques Bompard. Pour l’ex-FN, proche des identitaires, aux yeux desquels il incarne le « meilleur symbole d’une réussite locale », les accueillir relevait du « devoir démocratique ». Quant à son adjoint à la culture, Gilles Vivien, venu délivrer un « message d’amitié », il dit rejoindre leur « combat pour la civilisation » : « Notre survie en dépend. » C’est bien du « peuple blanc de l’Europe » (lire ci-dessous) et de division raciale dont il était question.

 

Les droites partagent «le même idéal»

Simon Charles, responsable francilien, soulignait l’avènement d’une « ère ethnopolitique où le clivage gauche-droite est réinvesti par la question identitaire ». Là est, selon lui, « la clé de la survie de (notre) pays et de (notre) identité ». Des valeurs « galvaudées » indifféremment par la droite, le gouvernement, le PS et son « petit kapo de camp de rééducation antiraciste », Harlem Désir… Passible de haute trahison, dans « une guerre démographique (contre les musulmans de France – NDLR) que nous sommes en train de perdre », selon le démographe et économiste Yves-Marie Laulan, souvent cité par Marine Le Pen. « La lutte contre l’immigration », poursuivait-il, est « une politique de survie indispensable » pour « assurer la sécurité intérieure, le progrès social et la cohésion nationale ».

Les droites partagent « le même idéal » : « On peut se sentir proches si on a les mêmes combats », traduit l’invité « d’honneur », député du Nord, ex-UMP aujourd’hui président du Rassemblement pour la France, Christian Vanneste. Son délégué général, Gérard Hardy, n’a « pas d’ennemis à droite ». Et puisque « les cadres FN et UMP ne veulent pas travailler ensemble », contrairement aux militants… « il n’y a pas d’autre solution que des listes communes, si on veut des candidats patriotes », complète Stéphane Delahaye, ex-FN, ex-UMP, représentant de l’encore balbutiant Mouvement unitaire des droites indépendantes, qui « au niveau local » (à Sotteville-lès-Rouen, en Seine-Maritime, où il milite), annonce des contacts avec toute la droite, « y compris le centre ». « Les militants en ont assez de se diviser… » Cet électorat de droite « au sens large » pourra-t-il se retrouver sur des candidatures identitaires aux élections municipales de 2014 ? Le mouvement partira sans étiquette dans des « listes d’intérêt local » de petits villages, des listes « d’union des droites » comme en Vaucluse… voire, si le FN, constituante principale de la coalition, l’acceptait, au sein du Rassemblement bleu Marine.

 

"Occupation du champ de l'esprit"

Les identitaires ne jouissent pas de l’aura qu’ils aimeraient avoir. Loin s’en faut. Mais, par petites touches, une frange de l’électorat des droites assimile leurs thèses, dont on entend les accents parfois jusque dans le discours des cadres d’autres partis. Si le FN et l’UMP, invités à la convention, n’ont « pas souhaité » intervenir, une dizaine de militants frontistes ont fait le déplacement pour « saluer officieusement » les congressistes. Dans le même temps, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, visitait la Droite populaire de ce « département clé », à qui il promettait de « reconstruire un parti » qui « prenne en compte, notamment, la montée des communautarismes ». Un exemple « d’occupation du champ de l’esprit ».

 

Liberté d’expression ? C’est selon. Le Bloc identitaire se comporte avec les journalistes comme 
les autres partis d’extrême droite. Courtois jusqu’à la lecture des premiers articles, les organisateurs ont refusé hier l’accès à leur convention au journaliste de l’AFP. La responsable des relations presse, pour qui l’agence « donne le ton » aux autres médias, 
lui reproche une dépêche, jugée « non objective » car reprenant 
de « trop larges » extraits du discours du leader d’extrême droite italien Mario Borghezio. Sous les ovations, il criait : « Vive les Blancs de l’Europe, vive notre identité, notre ethnie, notre race ! » L’agencier, raccompagné par la sécurité, a été suivi en signe de solidarité 
par plusieurs confrères, dont l’Humanité, le Monde et Golias.

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