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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 13:31

Social-Eco - le 3 Février 2013

Management : Google et le meilleur des mondes

CNN Money vient de publier son enquête annuelle, classant les 100 entreprises annuelles dans lesquelles il fait bon travailler. Google arrive en tête, avec une méthode de management très mathématique : ce sont les statistiques qui déterminent ce qu’il y a de mieux pour le salarié.


Du format des tables de la cafétéria à la durée des congés maternité, tout est mathématiquement optimisé chez Google. Dans l’équation, deux variables interdépendantes : le bonheur des employés et la rentabilité du groupe. L’idée étant d’organiser un environnement de travail dans lequel l’employé sera le plus productif possible. Quitte à tout contrôler.

 

La première étape est l’évaluation. En une version totalitaire de la « démarche qualité », chez Google, tout s’évalue à l’aune du bonheur de l’employé. On optimise les lieux de sociabilité, on s’occupe du linge sale pour hotter au salarié un souci, on le teste pour savoir comment il se sent le plus récompensé… C’est presque logique, chez Google on exploite au maximum les données personnelles de ses employés. Les salariés évaluent aussi leurs managers, qui s’il y a un turnover trop important dans leurs équipes, signe du manque de bonheur des salariés, sont envoyés en formation avant d’être éventuellement licenciés. Un employé de Google remplit ainsi très régulièrement des pages d’enquêtes de satisfaction, qui seront ensuite analysées et synthétisé par le bureau des ressources humaines, appelé POPS, autre manière de dire « papa » aux Etats-Unis.  Cette évaluation du bonheur est appelé le GoogleGeist.

 

La prise en compte du temps long

En pratique, ce travail statistique a un mérite : le temps long est pris en compte dans les stratégies managériales. Ces entreprises ont au moins compris que la logique de rentabilité à court terme était déplorable, tant pour les conditions de travail de leurs employés, que pour la qualité du travail fourni. Par exemple, ces groupes, comme Google ou le géant de la distribution Walmart, ont compris qu’il était rapidement bien plus rentable d’accorder de plus longs congés maternité et d’être arrangeant sur les horaires et le travail partiel, plutôt que de voir régulièrement quitter l’entreprise ses meilleurs éléments féminins, longs et couteux à remplacer comme à former. Si cela semble la plus élémentaire des logiques, les actionnaires ne la comprennent pas lorsque vient le moment de négocier leurs dividendes…

 

Le capitalisme « Fun »

Ce management du bonheur est tout un système. Par exemple l’entreprise arrivée sur la 3ème marche du podium, GHC Healthcare Services, propose un « top 10 » des raisons pour lesquelles il fait bon travailler chez eux. En 9ème arrive le fait que le PDG Mike (il n’y a que son prénom évidemment) fait du Break Dance. Et qu’il y a des concours de T-shirts. Et pour être vraiment entre amis, l’entreprise donne des primes aux employés lorsqu’ils font embaucher un proche ou un membre de la famille. Le fait d’être entre-amis et famille au travail est un facteur de « bonne note » en bonheur. Cela reste aussi un pas supplémentaire vers l’entreprise totalitaire.

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