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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 20:09

  - le 4 Février 2013

Maternités parisiennes: derrière le drame, les coupes budgétaires

Pour les syndicats et les professionnels de santé des maternités parisiennes, le coupable du grave dysfonctionnement à la maternité de Port Royal-Cochin, qui a conduit à la mort d'un bébé in utero, est la réorganisation à marche forcée de ces établissements, dictée par l'austérité budgétaire.


La CGT Cochin dénonce ainsi ce lundi dans un communiqué "la rentabilité à tout prix (qui) conduit directement à des drames: supprimer du personnel, c’est supprimer les personnes qui doivent assurer la sécurité des patients et la qualité des soins. D’autre part, quelle signification peut avoir la création de 19 lits d’hospitalisation, qu’on garde ensuite fermés pour raison d’économie alors qu’on refuse des urgences par manque de lits? Cette quête de la rentabilité au nom du libéralisme économique se fait aux dépens des patients et des conditions de travail du personnel! Elle est logiquement génératrice d’erreurs humaines, le personnel devant sans cesse travailler dans l’urgence et en surcharge de travail."

 

190 emplois supprimés

Comme la CGT Cochin, Force ouvrière AP-HP se demande "combien faudra t-il de drames supplémentaires pour que le gouvernement et l’APHP mettent les moyens en personnels pour permettre une prise en charge de qualité des patients et en lits pour répondre aux besoins d’hospitalisation de la population?" Pour le syndicat, ce drame de la maternité de Port-Royal est directement lié aux" 24 millions d’euros (de restriction budgétaire) et à la suppression de 190 emplois", contenus dans le plan stratégique 2010-2014 annoncé le 31 août 2012, concernant les établissements de Cochin, Saint-Vincent-de-Paul, l'hôtel-Dieu, Broca et La Rochefoucauld. "Pour l’année 2013 l’AP-HP doit faire un plan de restrictions supplémentaires de 150 millions d’euros", dénonce FO AP-HP.

 

Mortalité infantile en hausse en France

"Il faut une enquête parlementaire", a déclaré le Dr Patrick Pelloux à l'AFP ce lundi. Pour le président de l'Amuf (Association des médecins urgentistes de France), "lorsque l'on passe de la septième à la vingtième place en Europe pour la mortalité infantile, comme le dit la Cour des comptes, ça doit interpeller le politique". "On regroupe sans arrêt (les maternités, ndlr) et il n'y a pas assez de place faute du personnel", explique-t-il. "Les Samu prennent de plus en plus en charge des accouchements inopinés parce que les centres où les femmes enceintes sont suivies ne peuvent pas les prendre en charge, c'est pareil en néonatalogie." Selon lui, il "faut rouvrir des maternités, des lits, installer des maisons de naissance, réinvestir dans l'humain de manière à accompagner les femmes et améliorer leur accueil au niveau des maternités".


Les Sages-femmes dénoncent. "Cette politique périnatale censée améliorer les résultats de morbi-mortalité maternels et infantiles napporte pas les résultats escomptés, bien au contraire. La France voit ses résultats périnataux se dégrader à chaque nouvelle enquête", estime de son côté le Collège national des Sages-Femmes de France (CNSF) qui demande "une prise en charge qui "fait moins et mieux" pour les grossesses dites à bas risques et "plus et mieux" pour les grossesses à hauts risques".

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