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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 21:02

François Hollande à la sortie de l'isoloir lors de l'élection présidentielle

- le 13 Novembre 2012

Elysée

Les questions des Français à François Hollande

Avant la conférence de presse du président de la république

Le président de la république donne une conférence de presse ce mardi à l'Elysée ouverte à plus de 400 journalistes. Françoise, Rachid, Catherine et Sarah n'y seront pas. L'Humanité donne la parole à ce médecin, ce délégué syndical, cette enseignante, cette militante de la Cimade et à leurs revendications qu'ils auraient bien aimé pouvoir exprimer au chef de l'Etat.

 

  • « Bloquer les fermetures de sites rentables » Rachid Aït Ouakli, délégué syndical CGT 
de l’usine Pilpa de Carcassonne.

« Vendredi, s’est tenue la dernière réunion du comité d’entreprise dans la procédure de plan de sauvegarde 
de l’emploi. Les 123 salariés de l’usine vont commencer 
à recevoir leurs lettres de licenciement la semaine prochaine. Nous allons nous battre sur le plan juridique pour contester ce plan social et nous envisageons de monter une Scop. Le cabinet du ministre Montebourg nous parle de trois repreneurs intéressés, mais sans donner de noms, 
ni le nombre d’emplois concernés.

Ce que nous disons, c’est qu’il y a urgence à voter une loi pour protéger 
les entreprises comme la nôtre, qui sont rentables et dont la fermeture a pour seul but de faire plus de profit 
au détriment des salariés, sans tenir compte que deux cents familles vont se retrouver sur le carreau, alors que le taux de chômage est déjà à 13 % dans le bassin d’emploi. Le groupe R&R (qui a racheté l’entreprise il y a neuf mois – NDLR) est venu piller l’entreprise, il nous a rachetés pour avaler son principal concurrent et récupérer nos licences, puis se débarrasser de nous. Nous avons prouvé – et la direction ne le conteste même plus – qu’il n’y a pas de motif économique à ce plan, que les ventes de glaces en France augmentent, contrairement à ce qu’elle affirme, et que notre site est rentable. Il faudrait une loi pour bloquer ce type de plans sociaux et pour donner plus de pouvoir aux élus des comités d’entreprise pour pouvoir dire non. »

 

  •   « Stopper les restructurations hospitalières » Françoise Nay, médecin, vice-présidente  de la Coordination des comités  de défense des hôpitaux de proximité.

 « Depuis des mois, nous demandons l’arrêt des restructurations hospitalières telles qu’elles sont faites et qu’on se pose – hospitaliers, usagers, élus – pour faire une évaluation des besoins de la population, et que ce soit en fonction de ça qu’on réfléchisse. Il faut cesser de faire des restructurations qui sont pour une bonne part liées à la réduction du déficit public. Dans cette optique, nous demandons au pouvoir politique de donner des signes forts sur les maternités. Compte tenu de ce qui s‘est passé dernièrement autour de Figeac (où un bébé est décédé à la suite d’un accouchement en bord de route – NDLR), nous demandons à ce que soient réétudiés les besoins.

Dans l’immédiat, il faudrait que, très rapidement, soient prises des mesures pour le maintien de cinq maternités, dont trois qui ont fermé : celles de La Seyne, Vire et Marie- DR Mathieu Cugnot Galante (Guadeloupe), ainsi que celle de Le Blanc (Indre), qui est menacée, et celle de Lannemezan, qui a aussi fermé. Ces établissements sont, en règle générale, dans de situations exceptionnelles. Sur l’île de Marie-Galante, les habitants sont à une heure de bateau de la Guadeloupe, il n’y a pas de possibilité de prendre un hélicoptère quand il y a un typhon, et l’ARS se contente de préconiser que les femmes enceintes quittent l’île au huitième mois pour aller à Pointe-à-Pitre… En second lieu, il faut arrêter d’asphyxier budgétairement les hôpitaux ; avec l’Ondam (enveloppe de crédits), fixé dans le budget 2013 de la Sécurité sociale, on ne voit pas cette volonté. »

 

  • « Du concret pour l’école »  Catherine Da silva, enseignante Rased à Saint-denis (93) et membre du Snuipp-FSU .

« Ce que nous souhaitons, c’est que le budget de l’éducation soit à la hauteur des ambitions que le chef de l’État a annoncées pour l’éducation et la jeunesse. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Certes, il y aura plus de postes ouverts aux concours, mais cela ne suffira pas. En Seine-Saint-Denis, il n’y a jamais eu autant de problèmes de remplacements. De même, la formation des enseignants n’est toujours pas réinstallée. Et elle ne le sera pas plus à la rentrée prochaine, si on ne franchit pas un cap dans les recrutements. Ensuite, sur la refondation de l’école, nous regrettons qu’il n’y ait pas eu une vraie concertation.

Dans notre département, cela s’est résumé à quatre fois 45 minutes de débats… c’est un peu juste pour refonder l’école ! Dans ce contexte, la question des rythmes scolaires, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. On se demande, par exemple, comment vont être financés tous ces temps libérés. Les collectivités seront-elles seules à assumer tout cela ? Quelle équité parviendra-t-on à maintenir d’une ville à l’autre ? Va-t-on faire appel aux entreprises, comme cela se dit ? À ce titre, on préférerait que Total, plutôt que de financer des voyages scolaires pour certains établissements du 93, paie ses impôts en France, ça permettrait un budget de l’école plus conséquent ! Enfin, nous appelons à une vraie réflexion autour des zones d’éducation prioritaire. On est bien d’accord avec François Hollande : les labels ne marchent pas. Sans doute parce que, dans ces quartiers, l’école est vite rattrapée par la réalité. Dans certains établissements de Seine-Saint- Denis, près de deux tiers des élèves vivent dans des hôtels sociaux… Comment être un élève serein quand on n’est pas sûr d’avoir un toit, le soir, pour dormir ? »

 

  • « À quand une réorientation profonde de la politique d’immigration ? » Sarah Belaïsch, responsable des actions et commissions nationales à la Cimade.

« Lorsqu’il était candidat, François Hollande nous avait écrit une lettre dans laquelle il prenait des engagements qui n’ont pas été respectés. Le premier était de changer le regard sur les migrations. Force est de constater, après les expulsions de campements roms, que les choses ne vont pas du tout dans ce sens. Au-delà du discours, il nous paraît fondamental qu’il y ait une réorientation profonde de la politique d’immigration. Les pratiques des administrations envers les migrants n’ont pas du tout évolué. On voit les mêmes maltraitances qu’avant, dans les préfectures, à Calais, ou au moment des évacuations des campements. On a même l’impression que certaines préfectures refusent d’appliquer les consignes, comme la circulaire sur les étudiants sans papiers.

François Hollande nous avait aussi écrit que la rétention devait devenir l’exception. Or, le premier projet de loi pris par le ministère de l’Intérieur est la création d’une garde à vue bis pour les sans-papiers qui permettra d’enfermer massivement les étrangers. Quant à la circulaire sur l’interdiction de l’enfermement des enfants, elle est largement insuffisante, puisqu’elle exclut Mayotte. Au-delà des engagements qui n’ont pas été respectés, nous demandons une réforme d’ampleur du Ceseda (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile), avec une remise à plat de la procédure du droit d’asile, de celle de l’enfermement des étrangers, des critères d’obtention d’un titre de séjour, du mode de relation avec les pays d’origine… »

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