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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 20:13

Social-Eco - le 16 Mars 2012

Un banquier de Goldman Sachs en pleine crise morale

C’est un spectacle rare et comique à la fois : les Etats-Unis se passionnent pour les états d’âmes d’un banquier de Goldman Sachs en pleine crise éthique. Après 12 ans de carrière, Greg Smith a eu une révélation : "ma banque ne cherche qu’à gagner de l’argent".


A son dernier jour de travail dans la plus puissante banque du monde, Greg Smith, alors brillant haut élément (executive director) de Goldman Sachs, publie une tribune dans le New York Times. L’homme démissionne, car depuis quelques années, il ne peut plus s’identifier à son entreprise. Selon lui, Goldman Sachs était auparavant une banque dans laquelle on encouragerait "le travail d’équipe, l’humilité, l’intégrité", le tout au service des clients. Et maintenant, l’ambiance est "toxique et destructrice", les banquiers ne pensant qu’à faire de l’argent sur le dos de leurs clients qui ne seraient que des "muppets" (sortes de marionnettes issues d’une émission de TV).


Greg Smith a 12 ans d’ancienneté, il se sent aujourd’hui choqué de devoir vendre des produits financiers toxiques à ses clients, jurant ses grands dieux que cela n’existait pas avant. On rappellera juste que c’était également il y a 12 ans, que Goldman Sachs a commencé à maquiller les comptes grecs.


Outre cette démonstration d’affliction, c’est l’ampleur que prend une telle tribune qui impressionne : plus de 2600 articles, chroniques et éditoriaux dans la presse américaine en deux jours. Les éditorialistes se déchainent, qui demandant la démission de l’actuel PDG de Goldman Sachs, d’autres dissertant sur l’impact en bourse que peuvent avoir de telles « révélations ». On notera cette histoire édifiante, racontée par Forbes pour démontrer les banquiers devraient être fondamentalement gentils. Elle concerne J.P. Morgan, fondateur de la banque du même nom au 19ème siècle. A la fin de sa vie, le financier expliquait que la condition sans laquelle il n’y a pas de réussite possible dans la banque, c’est l’intégrité. Et non pas l’argent ni la propriété. Car il est, selon lui, impossible de confier sa fortune à quelqu’un en qui on n’a pas une absolue confiance.


Et pourtant, qui aujourd’hui fait totalement confiance au PDG de sa banque ? Dommage par ailleurs que Forbes ne rappelle pas que ce même JP Morgan a notamment bâti sa fortune sur le commerce d’esclaves, avant de donner des leçons d’intégrité.

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