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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 19:27

UDI : UNE DROITE EST RENEE (RICOL)
mercredi 13 février 2013
par  Alexis Lucas
 

Ceux qui auraient manqué le lancement de l’UDF en 1978 auront eu droit à une session de rattrapage dimanche 21 octobre 2012 à la Mutualité, à Paris, avec celui de l’Union des Démocrates Indépendants. Ils auront même pu voir Giscard, en vidéo (et ovationné s’il vous plaît), et Simone Veil, en vrai (accueillie par un public - légitimement - ému et debout, comme il se doit pour cette caution morale de l’opposition, la Robert Badinter de la droite). Ce rendez-vous qui rassemblait dans les 2000 personnes (3000 selon François Zocchetto, pourtant sénateur de la Mayenne et non de la Corse ou des Bouches-du-Rhône) dont beaucoup de jeunes, avait l’enthousiasme et l’espoir de tous les fonts baptismaux, disant cela pour en avoir connu un certain nombre à gauche depuis une vingtaine d’années…

On y sentait une lassitude du présent, un besoin de renouveau, et on entendit de belles phrases qui voulaient nous faire croire la rupture nécessaire et nous faire voir loin : « L’avenir de l’humanité passe par la mer » (Chantal Jouhanno) ; « l’avenir c’est la Chinafrique, ou l’Europafrique » (Jean-Louis Borloo). « L’UDI est par-dessus tout une doctrine et un projet ». René Ricol tape dur sur la finance. Il n’est pas le seul ; « On a laissé les marchés tout se permettre » a déploré Michel Barnier. Mais bien sûr, le bât blesse. Qui est « on », sinon les gouvernements soutenus par les centristes, et la commission européenne dont Barnier est membre ? Au fur et à mesure de la journée les contradictions apparaissaient, au rythme où resurgissaient des figures plus ou moins rafraîchissantes. Ne parlons pas ici de Jean Lecanuet, René Monory ou Raymond Barre cités pour ovation par un Borloo déclarant dans la foulée que « les conservateurs se trompent toujours quand ils font de nos héritages des vérités intangibles », tout en avouant une filiation avec le CNIP. Non, il s’agit plutôt du pitre André Santini, de l’opportuniste Rama Yade, de Hervé Morin présent mais muet une fois n’est pas coutume) de Jean-Marie Bockel ne sachant plus où se caser après avoir creusé le déficit de l’Etat pendant 15 mois comme sous-ministre à la Justice sans attribution (il en a profité pour voyager), de Jean-Marie Cavada qui appelle à « une grande manifestation de rue pour demander plus d’Europe » (pas un seul drapeau européen dans la salle d’ailleurs, mais un bon nombre d’étendards tricolores, allez comprendre…).

Mais aussi, cette convention fut l’occasion du grand retour du non grand progressiste Thierry Breton ! Et Breton donne le ton : « le drame en France c’est qu’il n’y a plus d’actionnaires ! (applaudissements de Jean-Louis Borloo, actionnaire de Veolia-Eaux). Ce gouvernement [comprendre l’actuel, celui du socialiste Ayrault] a taxé le capital au même taux que le travail ! » s’étrangle-t-il. Alors que « nous, nous avons respecté autant le capital que le travail » ; comprendre qu’égalité ne signifie pas égalitarisme, et que des traitements distincts ne sont pas des pratiques iniques. Mais au contraire responsables, comme « ce traité de responsabilité qu’est le TSCG » selon Barnier. Un Barnier audacieux de venir ainsi en terre française et politicienne, non umpienne de surcroît (c’était avant la superproduction Copé-Fillon), mais qui ne sait plus trop du coup où il habite : « je suis gaulliste social, eurofédéraliste ».

L’heure était en tout cas beaucoup moins à l’autocritique et au devoir d’inventaire qu’à l’attaque du gouvernement. Le positionnement semblait tout de même un souci, entre centre et droite, certains orateurs trop droitiers se faisant rappeler à l’ordre depuis la salle… De sa douce voix et son timbre apaisé, Chantal Jouhanno a sans doute prononcé l’essentiel : « Mon choix est de rester dans une famille politique de droite ». Tel est bien l’avis de Jean-Louis Borloo dans son show final : « les grandes conquêtes sociales d’antan deviennent des risques pour tous ». Voilà pour le fond (le projet sans doute ?). Pour la forme : « l’UDI était nécessaire mais inattendue, et même improbable. UDI, avec un I et un point sur le I. Avec l’UMP, nous serons les gagnants d’une coalition gagnante ». Et un ultime salut de sa part à celui qui monta deux fois à la tribune et semble se profiler comme maître d’œuvre du programme de l’UDI, « le barriste lyonnais » René Ricol, expert-comptable, commissaire aux comptes, conseiller financier, commissaire général à l’investissement et auteur d’un rapport à la demande de Nicolas Sarkozy pour répondre à la crise financière de l’automne 2008…



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