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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 21:21

Grenoble le 3 Janvier 2013






LETTRE AUX MEDIAS LIBERAUX

J’aurais du commencer cette lettre avec un titre plus explicite quant au ras-le-bol de syndicaliste CGT face à tant de bêtises médiatiques.
Je me cantonnerai à relever la stupidité et la lourdeur de vos articles !  

Je fais partie de ceux qui ne supportent plus de regarder  les « débats » télévisés,  tant vos invités libéraux récurrents se remplacent et ressassent en chœur que « la vérité » c’est le libéralisme.  
La vérité !!!!
Combien de fois j’ai entendu ce mot pour discréditer  toute autre proposition de choix économique et social.  
Comme si vous aviez besoin de vous en convaincre, comme si toute autre idée serait farfelue, utopiste et je passe sur les termes que vous employez  à l’encontre d’une autre opinion que la vôtre.
Vous répondez que, parfois,  vous invitez, sur vos plateaux, des personnes autres que celles représentant  la pensée unique. Mais, selon le décompte de certains, des économistes tels Frédéric Lordon ou Jean Gadrey sont invités vingt à trente fois moins que des personnalités comme Alain Minc, Daniel Cohen ou Jacques Attali .
Je ne reviens pas sur les  bourdes de ces derniers.  Je citerai simplement Pierre Desproges  « économiste : Expert qui saura demain pourquoi ce qu’il a prédit hier n’est pas arrivé aujourd’hui ! »

Mais revenons sur  le débat  touchant plus particulièrement le syndicalisme.  Je ne pourrai développer tant les absurdités sont nombreuses : des invités (qui n’ont jamais vu un salarié de près !!)  racontent ce que devrait être le syndicalisme en France,  mais évidemment  sans syndicaliste en face !
Il faudrait effectivement écrire un livre !
Je vais seulement revenir sur l’actualité en cours avec les négociations,  sur le mot qui vous plaît,  « compétitivité » !

Citons, en premier, un extrait d’un article du MONDE du jeudi 3 janvier traitant sur le syndicalisme : « Mais ce bilan positif a été entaché par l'échec du processus de sa succession, qu'il voulait transparent et démocratique. M. Thibault n'a pas réussi à imposer une femme » !
Je ne vais pas vous expliquer comment se déroulent les débats  et les choix de notre Organisation pour les années à venir, car cela vous intéresse peu apparemment ! Je vous signalerai  juste ironiquement l’absurdité de cette phrase du journal  (je vous la souligne au cas où vous ne l’auriez pas trouvé !).

Citons ensuite Paris Match du jeudi 3 Janvier 2013 :   Si la CGT évolue vers un syndicalisme réformiste, je vous paie le champagne », lance un cadre d'un autre syndicat.

Vous avez à votre disposition 4 autres organisations syndicales réformistes (reconnues nationalement), pourquoi tenez- vous tant à ce que la CGT rejoigne ce concert d’idéologie dominante ?
Cela vous dérange tant que la première organisation syndicale de ce pays, confirmée lors des dernières élections des TPE, ne se couche  pas devant vos demandes incessantes de réformisme.  
Je me permets de vous signaler une sémantique de ce mot. Quand les gouvernements successifs reculent l’âge de départ à la retraite, il s’agit de contre-réforme pour les salariés que nous sommes !
Autre exemple : réduction chez Peugeot de x emplois, vous dites un « PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) ». A la CGT nous appelons cela un plan de licenciement !
Utilisez les mots à bon escient et non pour affirmer votre pensée libérale et votre vérité.

Dernier exemple pris dans le nouvel Observateur du 3 janvier 2013, qui n’en est pas à son coup d’essai ! (N’est-ce pas Laurent  Joffrin qui n’avait pas apprécié le résultat du referendum sur le traité européens). Malgré vos efforts pour faire voter Oui au traité constitutionnel, il a fallu bien du courage pour  voter NON ! Je passe sur la suite de ce traité et son application ou bien sur  le respect du vote démocratique qui n’a pas trouvé autant de place dans vos journaux que le débat sur « le nouveau secrétaire général de l’UMP » !
Passons à l’article : « Imaginons que les syndicats, plutôt que de défendre en tout temps et en tout lieu des situations acquises, adhèrent eux aussi au compromis social et prennent le risque de parier sur l'emploi en assouplissant certaines rigidités. Ainsi nous verrions le marché du travail se débloquer progressivement, le chômage diminuer quelque peu par l'effet de cet assouplissement et la confiance des entrepreneurs s'améliorer. Ainsi nous verrions la précarité des jeunes reculer pas à pas, et l'avenir rendu à une génération. »
Laurent Joffrin
Je frôle l’ulcère !!!! Si encore c’était un cas isolé !!!  Mais qui êtes-vous, journalistes, qui nous donnez autant de leçons d’économie et de  démocratie ? Votre salaire est-il si proche du RSA (connaissez vous au moins le montant ?) pour être aussi revendicatif à notre endroit ?
Je ne prendrai que l’exemple du Département où apparemment je suis avec mes camarades trop rigides : l’Isère. En moins de dix ans, l’emploi dans la métallurgie est passé de 59.000 emplois à 49.000 aujourd’hui, avec année  après année, une flexibilité accrue, des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader.
Et vous demandez aujourd’hui de pouvoir nous licencier à moindre coût !
Attention, vous êtes  proches de la vulgarité !!!
Pour terminer, comme vous le constatez,  j’ai laissé échapper une certaine colère sur le traitement médiatique de notre « démocratie libérale » ! Je vous serais gré de ne pas me répondre, nous connaissons par cœur votre texte ! Mais comme l’a dit Pierre Bourdieu : « Il faut éviter de tomber dans l’erreur typiquement intellectualiste de croire qu’il suffit de mettre en circulation des idées justes et vraies pour changer la réalité et libérer le genre humain. Les idées qui circulent ne sont pas émises ni reçues par de purs esprits « sans attaches, ni racines » ».  
Cette première partie peut très bien vous être accolée. Dans la deuxième, vous trouverez peut- être l’une des difficultés qu’ont les syndicats à faire évoluer leurs idées ! : «  mais par des agents sociaux individuels et collectifs façonnés et structurés en profondeur par un univers social déterminé. Ils sont enracinés dans cette réalité sociale autant qu’elle est enracinée en eux, sous forme de représentations d’intérêts, de croyances, de sentiments, d’habitudes, de désirs ».
Au nom de beaucoup de camarades, je vous signale donc que nous n’avons nullement envie d’aggraver les conditions de travail des salariés afin de venir grossir encore un peu plus les dividendes versés aux actionnaires : 45 milliards en 2010 après les 40 milliards versés en 2009 ! Dommage que cette information ne tienne que peu de place chez les chiens de garde !!!!
Bernard Patrick
Syndicaliste CGT Métallurgiste
qui  tient à payer ses impôts !


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