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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 17:58

Monde - le 1 Février 2013

Mali: des ONG dénoncent des exécutions de civils

Amnesty International a dénoncé vendredi dans un rapport une "vingtaine" d'exécutions de civils par l'armée malienne dans le nord du pays. L’ONG a en outre réclamé une enquête sur un raid aérien qui a tué au moins 5 civils. Des enfants soldats d'une dizaine d'années ont été recrutés par les islamistes.


« Amnesty International a recueilli des témoignages indiquant que, le 10 janvier 2013, soit la veille de l'intervention française, l'armée malienne a arrêté et exécuté de manière extrajudiciaire plus d’une vingtaine de civils, principalement dans la ville septentrionale de Sévaré. » L’ONG réclame l’ouverture d’une enquête « indépendante et impartiale ». Un témoin affirme avoir vu les soldats jeter les cadavres dans un puits. Ces civils auraient été exécutés car soupçonnées d’avoir des liens avec les islamistes, à cause des vêtements qu'ils portaient ou de leur origine ethnique.


Le rapport s’appuie sur de nombreux témoignages recueillis en une dizaine de jours dans les villes de Ségou, Sévaré, Niono, Konna et Diabali.
De son côté, dans un rapport publié jeudi à Londres, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé l'armée malienne d'avoir "exécuté sommairement au moins 13 partisans présumés des islamistes" et avoir "fait disparaître" cinq autres hommes dans la ville-garnison de Sévaré et à Konna en janvier.


Des enfants soldats chez les islamistes

Amnesty International dénonce également des homicides arbitraires et délibérés" de la part de groupes islamistes armés, notamment d'exécutions de soldats capturés. Un témoin raconte ainsi avoir vu des membres des groupes armés islamistes sommairement exécuter cinq soldats maliens blessés ainsi qu’un civil dans la ville de Diabaly les 14 et 15 janvier. Dans cette ville, plusieurs personnes ont témoigné avoir vu des enfants, certains âgés de dix ans, armés de fusils aux côtés des combattants islamistes.


À Ségou, Amnesty International a pu s'entretenir avec deux enfants soldats en détention - dont l'un présentait des signes de déficience mentale. « Le garçon était silencieux, abattu, et n'était pas en mesure de nous parler – il semblait absent » a déclaré Gaëtan Mootoo, un des porte-parole de l’ONG. « Le recrutement d'enfants soldats doit cesser immédiatement, et tous ceux qui se trouvent dans les rangs des groupes islamistes armés doivent être libérés. »


 La frappe aérienne du 11 janvier

Amnesty International réclame également que la France et le Mali ouvrent une enquête afin de déterminer qui est à l’origine de l’attaque aérienne qui a visé la ville de Konna (centre) et aurait tué cinq civils - dont une mère et ses trois jeunes enfants - au début de l'offensive. "Les résultats doivent être rendus publics dans leur intégralité afin que l'on puisse déterminer s'il y a eu violation du droit international". Selon l'ONG, des responsables français ont assuré qu'ils n'avaient "pas effectué" de frappe à Konna à l'heure avancée, le 11 janvier au matin.

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