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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 17:28

"Jean-Marc Ayrault a annoncé que le gouvernement reprendrait la « quasi-totalité » des préconisations du rapport Gallois. Tout en ne suivant pas la voix d'une baisse des cotisations sociales, il confirme le choix d'un « choc de compétitivité », dès 2013, qui boostera les profits des entreprises de 20 milliards d'euros. Cela prendrait la forme d'un crédit d'impôt indexé sur la masse salariale jusqu'à 2,5 fois le SMIC, équivalent à une baisse de 6 % du « coût du travail ».
 
La perte de recettes pour l’État serait compensée, dès 2014, par une nouvelle baisse des dépenses publiques (10 milliards d'euros) et une hausse des impôts indirects (10 milliards d'euros) qui concernera la TVA, frappant aveuglément la consommation populaire. Simultanément, le gouvernement entend mettre en place  une « nouvelle fiscalité écologique »  avec un prélèvement supplémentaire possible (3 milliards d'euros)  sur la consommation.
 
Les profits accrus ainsi dégagés iront principalement vers le placements financiers et les délocalisations puisque la demande intérieure s'en trouverait encore plus handicapée. En effet, le manque à gagner pour l’État serait payé cash en rationnement des services publics et en prélèvements accrus sur le pouvoir d'achat et la consommation, laquelle représente 56 % de la demande finale en France.C'est un véritable coup de massue contre le pouvoir d'achat.
 
Un choc oui, mais un choc avant tout pour celles et ceux qui, 6 mois après la défaite de Nicolas Sarkozy jour pour jour, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d'austérité.
 
Au contraire, le PCF préconise la baisse des charges financières d'intérêts et des dividendes qui étouffent le système productif français. Simultanément, il faut soutenir l'emploi, les qualifications et la demande avec la mise en place d'un nouveau crédit pour les investissements matériels et de recherche des entreprises dont le taux d’intérêt serait d'autant plus abaissé que ces investissements programmeraient plus d’emplois et de formation. Une relance des services publics, soutenant la demande et l'efficacité de l'offre, avec l'exigence que la BCE en finance directement l'expansion en Europe est plus que nécessaire."
 
André Chassaigne, président du groupe Front de gauche à l'Assemblée:
"On reste enfermé dans le postulat que c'est le coût du travail qui freine la croissance économique", a regretté le député du Puy-de-Dôme, se disant "plutôt négatif" lors d'une conférence de presse. "Ces mesures considèrent qu'il faut financer l'investissement du privé de façon prioritaire mais au détriment de l'investissement public", a-t-il déploré. Selon lui, "on fait l'impasse complète sur le coût du capital, les prélèvements financiers des entreprises c'est-à-dire les intérêts, les dividendes aux actionnaires".
André Chassaigne a également regretté qu'en ce qui concerne le crédit d'impôt aux sociétés il n'y ait "pas de critères". Les députés du Front de gauche auraient voulu voir des "critères de choix des entreprises en termes de créations d'emploi, de recherche, de formation, de maintien sur le territoire".
Concernant les relèvements de taux de TVA, le député du Puy-de-Dôme a estimé cela "très, très injuste", dénonçant "une atteinte au pouvoir d'achat". "Quant à porter le taux de 7% à 10%, cela va toucher le bâtiment, le logement (...) c'est, pour développer la compétitivité industrielle, porter un coup à un autre secteur de notre économie", a-t-il dit. Le passage du taux de TVA réduit de 5,5% à 5% a été jugé "marginal" par André Chassaigne.
 
Vincent  BONY

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