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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 21:27

Culture - le 26 Juillet 2013

Disparition

Benardette Lafont a rejoint le panthéon des grandes actrices

Merveilleuse égérie de la Nouvelle Vague du cinéma français, actrice pour la télévision ou le théâtre, jouant dans des rôles pointus ou populaires, la comédienne est morte hier à soixante-quatorze ans d’une crise cardiaque.

Pétulante, l’œil toujours rieur, une gouaille teintée d’un accent de ses chères Cévennes. Bernadette Lafont souriait à la vie, toujours prête pour un bon mot ou une blague gentiment moqueuse. Mais la mort aura eu raison de sa joie de vivre. La comédienne est décédée hier d’une crise cardiaque à l’âge de soixante-quatorze ans. Son état de santé s’était brutalement dégradé ces derniers jours. L’actrice avait été hospitalisée lundi après un malaise alors qu’elle se trouvait au centre héliomarin du Grau-du-Roi, dans le Gard. Le cinéma se souviendra à jamais de sa voix particulière, de son bagout et de sa belle énergie. Égérie de la Nouvelle Vague dès la fin des années cinquante, elle avait tourné avec les plus grands réalisateurs, jouant dans le Beau Serge, de Claude Chabrol, la Fiancée du pirate, de Nelly Kaplan, Une belle fille comme moi, de François Truffaut, ou la Maman et la Putain, de Jean Eustache. Née le 28 octobre 1938 à Nîmes, fille de pharmacien, sa première passion avait été pour la danse. C’est en prenant des cours à l’opéra de Nîmes qu’elle rencontre son premier mari, Gérard Blain. Elle épousera en secondes noces le sculpteur hongrois Diourka Medveczky, dont elle aura trois enfants, Pauline – également actrice, qui mourra à vingt-cinq ans accidentellement en 1988 à la suite d’une chute alors qu’elle était en randonnée dans les Cévennes – Élisabeth et David. Elle aura traversé le cinéma un peu par hasard. À son arrivée à Paris, elle fait la connaissance de François Truffaut, qui la fait tourner dans un court métrage, les Mistons (1957), et très vite elle se tourne vers le cinéma jouant les plus grands rôles, comme dans les Bonnes Femmes, de Claude Chabrol, en 1960. Elle était devenue une figure phare du cinéma français grâce au film la Gueule de l’autre, de Pierre Tchernia (1979), aux côtés de Michel Serrault et Jean Poiret. Plus tard, c’est Jean-Pierre Mocky qui la remarque, mais c’est le film l’Effrontée, de Claude Miller, en 1985, avec Charlotte Gainsbourg, qui lui vaudra le césar du meilleur second rôle féminin. Bernadette Lafont aimait passionnément le cinéma, pour lequel elle aura tout donné. Elle a alterné entre cinéma d’auteur et comédie, et jouera dans plus d’une centaine de films. Récemment, elle a connu un grand succès dans Paulette, de Jérôme Enrico, où elle campait une retraitée qui dealait du cannabis pour arrondir ses fins de mois. Actrice pour le cinéma, la télévision, où elle joua dans très nombreux téléfilms, on la voyait aussi très souvent sur les planches. Comme dans la Tour de la Défense, de Copi, les Monologues du vagin, d’Eve Ensler, ou récemment Si c’était à refaire, de Laurent Ruquier. Nous perdons une grande actrice populaire.

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