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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 16:25

Société - le 1 Juillet 2013

C'est un scandale!

Deux jeunes enfants victimes de la chasse aux étrangers

Des parents serbes et leurs enfants de cinq et un an sont enfermés depuis jeudi au centre de rétention de Lyon.

C’était une famille invisible, comme des dizaines de familles en demande d’asile qui sont actuellement assignées à résidence en France et qui, dans 90 % des cas, se voient refuser l’accueil, puis menacées d’expulsion. Monsieur et madame Osmani vivaient avec leurs deux enfants, âgés de cinq an et un an et demi, à Annecy, dans un centre d’accueil de demandeurs d’asile. Depuis jeudi soir dernier, le couple et leurs deux garçons, Rion et Laurian, dorment au centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry, en attente d’une expulsion vers leur pays d’origine, la Serbie. Inconnue du Réseau éducation sans frontières, la famille a été interpellée à son domicile par des policiers, le 26 ou 27 juin, qui avaient pour ordre de l’expulser par avion. Les parents s’y sont opposés et ont été placés au centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry. Rion, l’aîné, était scolarisé à l’école Les Fins à Annecy et Laurian est né en France, en avril 2012.

Pour Catherine Tourier, militante de RESF Rhône, cette situation d’enfermement d’enfants en bas âge n’est pas tenable. « La politique migratoire de la France n’est autre qu’une philosophie de la chasse aux étrangers indésirables. Car la mise en rétention de très jeunes enfants montre les limites de l’assignation à résidence. Incarcérer des enfants relève d’une pratique barbare. Et si on les enlevait à leurs parents, cela le serait tout autant. »

La famille Osmani est arrivée en France en janvier 2010, pour demander l’asile. Sa demande a été rejetée. La préfecture de Haute-Savoie lui délivre alors une obligation de quitter le territoire français (OQTF), le 27 mars 2013, confirmée par le tribunal administratif, le 30 mars 2013. « Personne ne les a informés de leurs droits, de leur possibilité de recours… Sans lien avec des associations, ils ont donc continué à vivre “normalement”, jusqu’à l’arrivée des policiers chez eux », explique Catherine Tourier. L’assignation à résidence est plus que trompeuse. Les demandeurs d’asile n’ont pas conscience du danger qu’ils courent. Ils ne savent pas que seules 10 % des demandes sont acceptées. « La question de fond, poursuit la militante de RESF, c’est de savoir ce qu’il advient des familles déboutées du droit d’asile. Malheureusement, la réponse de ce gouvernement de gauche n’est autre que l’expulsion. » Pourtant, en 2012, le candidat Hollande s’était engagé à restaurer le droit d’asile...

Aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, annonce un raccourcissement des délais pour les demandes d’asile et une expulsion rapide des déboutés. Des mesures qui risquent, d’après RESF, « de porter une atteinte grave à la possibilité de trouver un refuge pour tous ceux qui fuient des persécutions ou des zones de guerre ».

Ixchel Delaporte

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