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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 21:12
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 21:02

La chronique de Recherches internationales

 

PIERRE GUERLAIN

Professeur de civilisation américaine à l’université de Paris Ouest, Nanterre

 

Comment un peu plus d’un mois après son entrée en fonction évaluer Trump, les décisions de son administration et l’adéquation entre discours et réalités ? Il est indéniable que l’arrivée au pouvoir de celui que Chomsky avait fort justement qualifié de clown durant la campagne présente quelques difficultés d’évaluation et une nouvelle répartition du champ des oppositions.

Tout phénomène nouveau a des racines dans le passé et celui qui concerne Trump ne fait pas exception. Dans un livre publié en 2004, Ron Suskind cite un conseiller de George W Bush, Karl Rove, qui déclarait en s’adressant aux journalistes et universitaires: « Nous sommes un empire maintenant et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité, de façon judicieuse, si vous voulez, nous agirons à nouveau et créerons d’autres réalités que vous pourrez étudier, et voilà comment ça va se passer ». Rove se moquait des intellectuels et il a donné la formule qui permet de comprendre les mensonges sériels de Trump.

Le président américain ment de façon éhontée sur tous les sujets des plus graves aux plus insignifiants, les médias qui ont soudain retrouvé leur fonction de base, vérifient et dénoncent les mensonges mais déjà Trump est dans une autre réalité, c’est à dire un autre mensonge, une autre accusation sans fondement et les intellectuels décodent, dénoncent sans jamais changer le comportement du clown président.

L’histoire des démagogues menteurs n’a pas commencé avec Trump et si les livres d’Orwell, 1984, écrit en 1948 ou d’Hannah Arendt sur les Origines du totalitarisme, publié en 1951 sont au sommet des ventes aux États-Unis, c’est aussi pour appréhender la déclinaison Trump d’un phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui.

Le monde intellectuel est donc condamné à courir derrière les déclarations de Trump et à dénoncer inlassablement les mensonges qui inlassablement fleurissent dans tous les discours. Cependant, au-delà des mensonges et des postures qui sont typiques d’un pervers narcissique, les toutes premières semaines de l’administration Trump ont livré des informations fiables sur ce qui est en train de se passer aux États-Unis. N’écoutons plus les discours du bonimenteur mais regardons ce qui a changé dans l’ordre du réel. En anglais on dit que les actes parlent plus fort que les mots.

Des nominations contre les promesses de campagne

Tout d’abord examinons ses nominations aux postes de ministres. Celui qui voulait « nettoyer le marigot » de Washington, c’est à dire les écuries d’Augias et accusait sa rivale Clinton d’être dans la poche de Goldman Sachs, s’est lui-même entouré de cinq anciens de cette banque.

Steven Mnuchin, le secrétaire au trésor s’est fait une réputation dans l’expulsion des familles américaines touchées par la crise des subprimes qui ne pouvaient plus rembourser leurs prêts, Steve Bannon, l’ancien responsable de la revue d’extrême droite Breitbart est lui aussi un ancien de la même banque ainsi que trois autres proches de Trump. Bannon a été nommé conseiller spécial du président mais il a obtenu le droit tout à fait insolite de siéger lors des réunions du conseil de sécurité. Celui qui devait devenir Ministre du travail, Andrew Puzder, a dû retirer sa candidature car il avait embauché du personnel de façon illégale. Il est par ailleurs un ennemi des syndicats, d’un salaire minimum à plus de 9$ de l’heure. Betsy DeVos qui est ministre de l’éducation a constamment pris position contre l’école publique où elle n’a jamais mis les pieds et dont elle ne connaît pas les enjeux. Elle est l’épouse d’un milliardaire. Jamais un gouvernement américain n’avait compté autant de milliardaires ni collectivement affiché un tel niveau de fortune.

Cette première approche permet déjà de déconstruire l’idée selon laquelle Trump mettrait en œuvre son programme. Comme l’annonce le site de gauche Tomdispatch pour introduire un article de Nomi Prins, Trump a été « goldmanisé ». Nomi Prins note qu’il s’agit là d’une caractéristique des présidences américaines et donc sur ce plan la continuité est assurée, Goldman Sachs qui avait joué un rôle important dans l’administration Obama verra son influence accrue dans celle de Trump. Dans son numéro de cirque pour tromper les électeurs, la banque était une cible honnie et sifflée puis elle est devenue centrale. Donc pas de programme de mise au pas de la finance. Trump avait lui aussi en quelque sorte affirmé que son ennemi était la finance avant de donner les manettes du pouvoir économique à cette même finance qui ne lui tient pas rigueur des déclarations lors du cirque électoral. Le monde des affaires se réjouit des déréglementations annoncées, notamment celles qui portent sur la protection de l’environnement ainsi que des baisses d’impôts également très importantes promises par Trump qui s’inscrit dans la lignée des plus réactionnaires des républicains américains. Dérèglementation et baisse des impôts pour les plus riches garantissent que rien ne s’améliorera pour les déclassés ou la classe moyenne blanche qui ont voté pour Trump.

 

Xénophobie confirmée

 

Le même Bannon est, avec Stephen Miller, à l’origine de l’interdiction de se rendre aux États-Unis pour les ressortissants de sept pays musulmans, le fameux « Muslim ban » qui ne concernait pas les Saoudiens pourtant plus souvent proches des foyers terroristes que les Iraniens qui n’ont pas attaqué de cible américaine. Cette interdiction d’entrer aux États-Unis, fort mal rédigée sur le plan juridique, a été immédiatement cassée par la justice américaine et Trump promet la publication d’un nouveau décret.

De façon superficielle, on pourrait croire que les déclarations généralisatrices sur tous les musulmans ou l’Islam faites durant la campagne trouvent leur traduction politique. Cependant, là encore si la xénophobie et le racisme de Trump sont patents il faut noter que l’interdiction ne concernait pas les pays musulmans avec lesquels Trump fait des affaires. Donc pas de ligne politique cohérente même dans le cadre de la xénophobie. Les affaires semblent primer sur tout. Trump continue son agitation xénophobe de la campagne qu’il dirige contre les musulmans mais aussi les Mexicains mais ne prend pas de mesures qui cadrent avec ces déclarations. Il donne des gages aux racistes et au monde des affaires, tout au moins une partie de celui-ci en prenant bien soin de ne pas nuire à ses propres entreprises. Le protectionnisme a ici un sens particulier : protéger les affaires personnelles du président.

La campagne de Trump n’avait cessé d’évoquer la nécessité de construire un mur entre le Mexique et les États-Unis en affirmant que ce mur serait financé par le Mexique. La crise avec ce pays est survenue quelques jours à peine après la prise du pouvoir par le xénophobe virulent. Le président mexicain a annulé un voyage à Washington et le peuple mexicain est uni dans les manifestations contre Trump. Le mur n’a pas avancé mais il n’a pas reculé pour autant. En effet, ce mur ou cette séparation physique existe déjà en grande partie et le renvoi des immigrés dits clandestins a été une grande spécialité de l’administration Obama qui a expulsé plus d’étrangers que n’importe quelle autre.

Trump joue avec la xénophobie qu’il attise en faisant croire que la domination capitaliste n’est qu’un problème avec certains groupes d’étrangers, chinois ou mexicains, mais ne se démarque pas des politiques antérieures. Il utilise un mégaphone pour attaquer des non-Américains à la manière des séquences de haine dans le roman d’Orwell 1984 mais ses décisions politiques réelles, pour le moment, ne diffèrent pas sensiblement de celles d’Obama.

Il est caractéristique que les entreprises qui ont recours à la main d’œuvre clandestine aient pris des positions très critiques de Trump. Ces critiques s’énoncent dans le cadre du respect de l’autre et de la lutte contre l’intolérance mais masquent le phénomène bien connu de l’exploitation des travailleurs qui font partie de l’armée de réserve du capitalisme. Trump fait du théâtre avec la xénophobie et promet de faire revenir les emplois au pays mais ne peut s’opposer véritablement aux délocalisations qui continuent et ne dénonce pas les mécanismes de la mondialisation capitaliste.

Trump a pris position contre le TPP, le traité Trans-Pacifique, et voudrait dit-il, réformer l’ALENA. Sur ce point, comme sur la politique étrangère vis à vis de la Chine, de la Russie mais aussi de l’Europe qu’il ne porte pas dans son cœur, il faudra attendre encore un peu pour y voir plus clair. En quelques semaines, le chaos s’est installé à Washington et dans les relations internationales mais dès que le brouillard des mensonges et du chaos se lève on découvre des politiques très réactionnaires, antisociales qui constituent une catastrophe sur le plan écologique et de la justice sociale.

 

 

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

6, av. Mathurin Moreau; 75167 Paris Cedex 19

Site : http://www.recherches-internationales.fr/

Mail : recherinter@paul-langevin.fr

Abonnements 4 numéros par an : 55 Euros, Étranger 75 Euros

 

 

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 19:24
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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 15:06
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 20:10
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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 20:53
 

Le samedi 21 janvier - De 9h à 17h
à la Mairie de Saint Denis, Hôtel de ville
Salle du Conseil municipal
2 Place Victor Hugo - 93200 Saint-Denis

FAIRE UN ETAT DES LIEUX DES MIGRATIONS
AUJOURD’HUI DANS LE MONDE
Avec la participation de
Catherine Withol de Wenden, Directrice de recherche émérite, CNRS - LDH
Marie-Christine Vergiat, Députée européenne

QUELLE ORGANISATION HUMAINE DES MIGRATIONS
DEVONS-NOUS ENVISAGER POUR L’AVENIR ?
Avec la participation de
Gilles Lemaire, Ecologiste-altermondialiste
Dia Jacques Gondo, Administrateur principal UNHCR

Inscription gratuite mais obligatoire : accueil@mrap.fr
01.53.38.99.99

 

 
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Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 21:25

 

MICHEL ROGALSKI*

Directeur de la revue Recherches internationales

 

 

La campagne présidentielle de 2012 avait été marquée par son quasi-silence sur les enjeux internationaux révélant la réalité d’un consensus entre les principaux candidats qui jugeaient inutile d’en discuter ou de s’opposer faussement. La suite a bien montré que la politique étrangère de la France ne soit pas débattue devait inquiéter. Le « mollétisme » de François Hollande s’inscrivait parfaitement dans le sillon tracé par Nicolas Sarkozy.

Le cap a été maintenu, marqué par la multiplication des interventions et expéditions guerrières, au point que c’est ce que l’on retiendra le plus du dernier quinquennat. Autant la diplomatie sarkozyste avait été stupéfiante d’inflexions, de retournements, de gages inutilement donnés et d’impréparations velléitaires riches de conséquences, au point que l’on a pu s’interroger s’il existait une vision d’ensemble cohérente du rôle de la France dans le monde. Autant celle de François Hollande a été d’une grande clarté : atlantisme effréné donnant dans la surenchère au point d’être plus jusqu’au-boutiste que celle des États-Unis sur l’Iran, la Syrie, la Russie, abaissée et docile dans sa relation à l’Union européenne, inexistante et illisible dans sa relation au monde en développement.

La campagne de 2017 s’annonce différemment. Marquée par un monde qui a beaucoup évolué, elle en porte les stigmates et révèle des postures nouvelles, parfois à front renversé par rapport aux positions habituelles. Elle traduit surtout un renouveau d’intérêt marqué pour ces questions qui apparaissent loin d’être un facteur extérieur secondaire ne faisant qu’apporter des corrections négligeables aux problèmes locaux, mais s’imposent comme une réalité omniprésente façonnant la vie des états et des individus. Bref, l’international et la politique étrangère font irruption dans la campagne traduisant l’inquiétude tout à la fois sur la place de la France et sa capacité à peser sur l’évolution du monde et à s’en protéger. Car on sait que la France ne manque pas d’atouts et a su toujours s’appuyer sur son statut de membre permanent du Conseil de sécurité, sa puissance militaire nucléaire, la francophonie, son poids dans le PIB mondial, sa maîtrise de la haute technologie, son réseau d’ambassades et de diplomates qualifiés, bref tout ce qui concourt au rayonnement d’un pays. Notre pays a toujours su en jouer en donnant à sa politique étrangère, grâce à son non-alignement, plus de poids qu’elle n’en avait réellement. L’irruption de cette thématique dans un monde troublé et chamboulé ne doit donc pas étonner. Les dossiers qui cristallisent les oppositions commencent à émerger entre les candidats, voire, fait plus surprenant, au sein même des primaires, à gauche comme à droite.

Le débat s’amorce et va probablement s’amplifier autour de différents sujets. On peut sans peine les identifier. Certains ont déjà marqué la présidentielle américaine ou le referendum britannique sur le Brexit. Ainsi en est-il du bilan de la mondialisation et de ses effets. L’opposition entre libre-échange et protectionnisme devient un enjeu largement débattu et nourrit le retour de l’appel à la démondialisation. De même, la montée des flux migratoires, dont les causes multiples ne sauraient se réduire à la seule mondialisation, donne naissance à de vives polémiques entre postures extrémistes et irresponsables de ceux qui rêvent d’un tout sécuritaire et d’expulsions massives et de ceux qui déclarent que désormais la liberté de s’installer devrait être acquise et que chacun pourrait à sa guise résider où bon lui semble et en viennent à penser que le nomadisme planétaire pourrait ainsi tenir lieu de politique de développement. La nature de l’Union européenne et surtout son rapport à celle-ci, si décisif pour crédibiliser l’application d’un programme, sont déjà au cœur des débats. L’atlantisme, surtout dans l’incertitude des orientations de la présidence de Trump, ne fait plus recette et aucun candidat ne s’en réclame, alors que c’était une figure quasi-imposée il y a encore peu. C’est le rapport à la Russie qui mobilise les échanges et révèle des postures nouvelles, souvent à front renversé. Enfin l’analyse de l’islamisme radical divise tout autant que la façon d’en contrarier les aspects terroristes.

Le quinquennat écoulé a vu grandir la défiance populaire à l’égard des institutions européennes. Maintes élections en ont porté témoignage. Le traitement réservé à la Grèce a choqué et dessillé beaucoup d’yeux. Le courage d’Alexis Tsipras, le premier chef d’État européen à avoir engagé un bras de fer avec les institutions de la Troïka a forcé l’admiration même si la solidarité lui a été trop ténue et le rapport de force au final insuffisant. Mais des leçons ont été retenues. D’abord devant le rouleau compresseur de Bruxelles, il faut gagner des alliés et ne pas rester isolé. Ensuite, l’Union européenne telle qu’elle s’est constituée, avec l’empilement de traités successifs, est devenue un instrument de verrouillage de tout changement social et progressiste. Sa fonction centrale au service des oligarchie l’a transformée en Sainte Alliance obligeant ses États membres à rester enfermés dans une politique du « cercle de la raison ». Elle entend ainsi jouer le rôle de réducteur d’incertitude en limitant l’oscillation du balancier politique. Enfin, la crise grecque a montré que la recherche d’une autre Europe, souhaitable mais certainement très longue à obtenir, ne nous exonérait surtout pas de la question du « qu’est-ce qu’ont fait en attendant ? ». Et surtout qu’il en allait de la crédibilité de tout programme non-eurocompatible de pouvoir répondre à cette question du rapport à l’Europe qui a ainsi pris le pas sur la nature de l’Europe désirable à laquelle la plupart des partis appellent à réfléchir après le Brexit britannique. Ainsi des propositions inimaginables il y a cinq ans s’invitent dans le débat. L’un propose d’aller « casser de la vaisselle à Bruxelles », d’autres invitent à renégocier les traités européens et en cas de refus suggèrent de recourir au peuple pour décider d’une éventuelle sortie de l’Union en expliquant que la France n’est pas la Grèce. Les interrogations sur les bienfaits ou la nécessité de l’euro se sont ravivées. L’adoption du Brexit a tétanisé les Commissaires européens et renforce la détermination des tenants d’un « bras de fer » ou d’une politique de « désobéissance ». On est désormais bien loin des timidités de 2012.

L’analyse de la politique russe et de l’attitude qu’il convient de manifester à son égard s’est également invitée dans la campagne présidentielle. Comment la Russie voit-elle le monde ? Doit-elle être traitée comme adversaire, partenaire ou alliée ? La parenthèse post-guerre froide se referme-t-elle s’ouvrant sur une période multipolaire ? Ces interrogations sont en débat et ne laissent plus que les Verts et les socialistes comme tenants d’une politique d’affrontement du type de la guerre froide. Il leur faudra admettre que depuis 1999 la Russie de Poutine n’est plus celle de Boris Eltsine. La Russie était alors pour la communauté internationale un pays à démocratiser, à préparer au passage à l’économie de marché, à intégrer internationalement et à affaiblir militairement. Traduisons : à livrer aux oligarques mafieux et à piller ce qui pouvait l’être, à commencer par ses cerveaux qualifiés, et à mettre à genoux. Misère et humiliation entraînèrent un retour de manivelle avec l’ambition de reconstruire un pays dévasté et de lui redonner sa place sur la scène internationale. L’incertitude et le désengagement américain, ajoutés à la désunion et l’ingouvernance européennes ont conféré des marges de manœuvres à la Russie dont le rôle est apparu comme incontournable dans une région comme le Moyen-Orient. En six mois, son engagement contre le djihadisme en Syrie est apparu plus efficaces que trois années de coalition occidentale plus soucieuse de déboulonner le régime syrien que de combattre l’État islamique. Face à cet ennemi principal, beaucoup en viennent à penser qu’il convient de traiter autrement la Russie et notamment d’en faire un partenaire dans les questions européennes et un allié dans la reconstruction du Moyen-Orient dévasté. Sur le rapport à la Russie, l’Europe est divisée, certains pays lui demandant de l’en protéger, d’autres considérant qu’elle appartient au monde occidental et doit donc être traitée comme une alliée, notamment dans d’autres conflits jugés comme essentiels. Bref, ni adversaire ni ennemie, mais partenaire exigeante et indispensable. Sur des bases idéologiques différentes, trois candidats déjà déclarés à la présidentielle – Mélenchon, Fillon, Le Pen – représentant une large majorité d’électeurs, adhèrent à cette approche nouvelle qui sort d’une vieille posture de guerre froide. Panorama politique inimaginable en 2012.

Sur l’international la campagne présidentielle de 2017 ne va pas ronronner. Elle sera vive d’affrontements notamment autour du libre-échange, de l’intérêt de l’atlantisme, du rapport à la Russie et à l’Union européenne, de l’analyse de l’islamisme radical et de la façon de le combattre. Des postures nouvelles, des fissures inédites vont apparaître et laisseront leurs traces dans les recompositions politiques futures. Ces questions ne resteront pas mineures dans le débat qui s’ouvre.

 

 

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 19:32
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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 19:22

16, rue d’Enghien – 75010 – Paris – Tél : +33 6 45 41 76 68 - email : cnskurd@gmail.com

Communiqué de la CNSK

Vérité et justice pour Sakiné, Fidan et Leyla

Le Parquet de Paris a annoncé le décès d'Omer Güney, le présumé coupable du triple assassinat, en relation avec une entreprise terroriste, de Sakiné Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. Sa disparition interrompt le processus judiciaire en cours. Le procès, qui devait s’ouvrir le 23 janvier, attendu par les familles des victimes, le peuple kurde et toutes celles et ceux qui demandaient Justice et Vérité, n’aura pas lieu. Ce n'est pas un hasard : nul ne pouvait ignorer que le présumé coupable souffrait d'un mal incurable et que ses jours étaient comptés. C’est sans doute pour cela qu’il avait été choisi par ses employeurs.

Personne ne peut croire que ces assassinats furent l’œuvre d’un seul homme. Pour la première fois en France, dans une instruction judiciaire ouverte pour des crimes politiques, la Justice française évoquait la possibilité d’une implication d’un service de renseignement étranger en l’occurrence le MIT (service de renseignement turc).

Ce procès devait permettre de faire toute la lumière sur les commanditaires, fussent-ils les plus hauts dirigeants de l’Etat turc et sur les dysfonctionnements des services du renseignement français ; il devait répondre à la question: pourquoi la France n'a pas assuré la sécurité de celles auxquelles elle avait accordé sa protection avec le statut de réfugiées politiques? Pourquoi n'a-t-elle pas déclassifié certains documents classés "secret défense"?

Les avocats des familles font part dans un communiqué de la "colère des familles des victimes, privées d'un procès public qu'elles attendaient depuis près de quatre années, familles, qui, elles, espéraient en la justice française". Nous nous associons à la douleur des familles et crions avec elles notre émotion, notre indignation et notre colère. Mais rien n’entamera notre détermination pour que la vérité éclate

La Justice et la Vérité sont toujours dues aux familles et cette situation nouvelle ne nous fera pas abandonner cet objectif.

 

Paris le 17/12/2016

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 19:22
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