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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 19:29

Nils Andersson

Journaliste, essayiste

Intervention faite le 17 novembre à l’École normale supérieure lors de la conférence-débat Quelle ONU pour demain : comment améliorer l’ONU ? avec Jean Ziegler, vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Chloé Maurel, historienne, chercheuse à l’IRIS et Anne-Cécile Robert, journaliste au Monde diplomatique. Conférence-débat présentée par Michel Rogalski, directeur de la revue Recherches internationales.

Au titre du chapitre VII de la Charte des Nations unies, le Conseil de sécurité a mandat, si toutes les mesures prises sont sans résultat, « de recourir à la force armée pour maintenir la paix et la sécurité internationales ». Je voudrais aborder cette mission de l’ONU dans un moment où dans le monde l’alarme militaire est aussi grande que l’alarme écologique. Elle l’est en raison des guerres dont le Proche-Orient et l’Afrique sont l’épicentre, de conflits larvés entre puissances globales ou des ambitions de puissances régionales, de déchirements démographiques ou climatiques, de crises politiques, sociales, confessionnelles sur tous les continents, cela dans un monde surarmé que ce soit à des fins de défense ou de répression.

Par rapport à 1991, année où Georg Bush père proclame un Nouvel Ordre Mondial de paix dans lequel l’ONU sera pleinement en mesure de remplir sa mission, en 2014, les dépenses d’armement sont plus importantes de 13% en Europe, de 30% dans les Amériques, de 65% en Océanie et dans le Pacifique, de quasi 100% au Moyen-Orient, elles ont presque triplé en Asie et plus que triplé en Afrique, surarmement dont l’Europe est l’un des principaux pourvoyeurs. Une militarisation porteuse de guerres.[1]

Les dispositions pour que l’ONU remplisse sa mission pour la paix, sont fixées dans la Charte : les États membres s’engagent à mettre à disposition des forces armées. Les plans militaires sont établis par le Conseil de sécurité avec l’aide du « Comité d’état major » qui a la responsabilité « de l’emploi et du commandement des forces mises à sa disposition… ». Passons sur le fantomatique Comité d’État-major, qui se réunit tous les quinze jours pour décider de la date de sa prochaine réunion, mais qui n’a jamais joué son rôle. Le mandat de maintenir la paix et la sécurité internationales revient aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité, qui représentent un état du monde au sortir de la Seconde Guerre mondiale, mais nullement celui d’aujourd’hui.

Les deux modes d’interventions militaires de l’ONU

Si l’on excepte, en 1950, la résolution 84 qui décide, avec l’intervention en Corée du Nord, du plus important conflit armé de la guerre froide sous le drapeau des Nations Unies et sous commandement des États-Unis, depuis 1948 et jusqu’au tournant des années 1990, le mode d’intervention de l’ONU consiste en des opérations de maintien de la paix pour surveiller le cessez-le-feu entre Israël et les pays arabes, opérations qui prennent le nom en 1956, lors de la crise de Suez, de « Casques bleus ». Casques bleus qui ont conduit, comme forces d’interposition ou d’intervention lors de conflits armés ou de guerres civiles, soixante et onze missions sur les cinq continents, dont seize sont en cours.

Certaines furent menées avec succès. La Namibie est citée en exemple, le Salvador et le Cambodge sont également considérés comme des initiatives positives. D’autres ont sombré honteusement dans l’anarchie, en Somalie ou le génocide au Rwanda. En Palestine, au Cachemire ou au Sahara occidental depuis quarante ou soixante-dix ans, elles participent à la perpétuation d’une situation de non-application des résolutions de l’ONU. S’ajoutent les missions rendues impossibles par le refus de l’une des parties de l’envoi de Casques bleus, lors de conflits en Arménie, au Sri Lanka, en Colombie…

Mais depuis le tournant des années 1990, s’est ajouté un autre niveau d’intervention, « droit d’ingérence humanitaire », puis « devoir de protéger », le Conseil de sécurité a autorisé ou couvert la première et la seconde guerre d’Irak, les guerres du Kosovo, d’Afghanistan, de Libye ou les opérations contre l’état islamique avec l’intervention de coalitions militaires. L’objet n’est pas ici de faire l’exégèse des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité et des interprétations dont l’Article VII de la Charte a été l’objet, mais de voir ce qui distingue les interventions des Casques bleus de celles conduites, dans le cadre de résolutions de l’ONU, par des coalitions militaires, essentiellement occidentales.

Première différenciation : le degré d’engagement militaire

Les interventions de coalitions militaires ne sont pas de même nature et sont d’une autre ampleur, elles répondent à des conflits qui touchent aux intérêts géostratégiques des principales puissances. Le Conseil de sécurité autorise, mais ne dirige pas, ces coalitions militaires de compositions variables, selon les intérêts des États. Les pays membres de l’OTAN en sont la principale composante, sans que tous ses membres y participent, les États-Unis la principale force de frappe, à l’exception de l’intervention en Libye, ou pour employer le langage des stratèges, ils ont recours au concept du « commandement depuis le siège arrière ». Et, jeu de puissances, dans le cas de l’intervention contre l’État islamique, deux coalitions se conjuguent et s’opposent.

Les conflits où interviennent les Casques bleus de l’ONU sont eux des conflits dits de basse intensité, ce qui ne signifie pas qu’ils soient moins meurtriers, au Guatemala, Pakistan, Bangladesh, Soudan et ailleurs les morts se comptent par centaines de milliers quand ce n’est pas, comme lors des guerres du Congo, par millions. Ces conflits sont également la cause de crises alimentaires, sanitaires, migratoires, aux conséquences humaines effroyables, mais les enjeux politiques et économiques sont moins stratégiques pour les grandes puissances.

La différence d’engagement est évidente selon qu’il s’agit d’une « coalition militaire » sous mandat de l’ONU ou d’une mission de maintien de paix des Casques bleus onusiens. Dans le premier cas, lors des deux guerres majeures - Irak et Afghanistan - sous mandat de l’ONU depuis les années 1990, en Irak, 48 pays participent à la coalition et au maximum de l’intervention (en 2008), 330 000 hommes furent engagés, dont 250 000 États-Uniens. En Afghanistan, 44 pays participent sous commandement de l’OTAN ou de la Force internationale de l’ONU et, en 2011, plus de 150 000 hommes sont engagés, auxquels il faut ajouter les 140 000 hommes des forces afghanes et l’appui logistique d’autres États, dont la Russie qui ouvre des bases aériennes.

Quels sont les effectifs engagés lors des opérations des Casques bleus ? Seize opérations de maintien de la paix sont en cours, entre Israël et la Palestine, sur le plateau du Golan, au Liban, au Darfour, dans le Soudan Sud, au Liberia, en République démocratique du Congo, en République centrafricaine, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sahara occidental, entre l’Inde et le Pakistan, à Haïti, au Kosovo, à Chypre.

En comparaison aux chiffres de 300 000 hommes et plus engagés en Afghanistan et Irak, pour mener ces seize opérations, au 31 août 2016, les Casques bleus en uniforme (militaires, gendarmes et policiers), sont 100 950 personnels, qui proviennent de 123 États contributeurs. Soit, près de trois fois plus de contributeurs que dans les coalitions militaires internationales les plus larges. Mais qui sont les principaux pays contributeurs ? L’Éthiopie avec un effectif de 8 326 Casques bleus, l’Inde, 7 471, le Pakistan 7 161, le Bangladesh, 6 672, le Rwanda, 6 146, le Népal 5 131, le Sénégal, 3 617, le Burkina Faso, 3 036, le Ghana, 2 972, ces neuf pays asiatiques et africains, représentent plus de 50% des effectifs des Casques bleus au 31 août de cette année, seul, parmi eux, le Sénégal est actuellement membre du Conseil de sécurité.

Quels sont les effectifs fournis par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ? Pour la France, 867, le Royaume-Uni, 337, la Russie, 98, les États-Unis, 66, mais ils sont 2 639 pour la Chine, ainsi contingent chinois compris, moins de 4% des Casques bleus sont mis à disposition par des membres permanents du Conseil de sécurité !

Seconde différentiation : le coût des opérations

Comparer le coût des opérations de maintien de la paix de l’ONU et le coût des guerres menées par des coalitions militaires est encore plus éloquent. Le Watson institut (l’une des plus récentes études effectuées[2]) estime pour les seuls États-Unis, les coûts des guerres d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan et de Syrie (de 2001à 2016) à 4 792 milliards de $. Rapport qui n’inclut pas les dépenses liées à la sécurité intérieure, les coûts macroéconomiques de la guerre pour l'économie, ni le coût de la guerre pour les autres pays et ne met pas en dollars le coût des vies humaines alors que les guerres ont fait depuis 1990, 9 à 11 millions de morts.

Par rapport à ces 4 792 milliards, le coût des opérations de maintien de la paix de l’ONU depuis 1948 à aujourd’hui est de 108 milliards 807 millions de $, soit 2,25 % des dépenses des seuls États-Unis pour les guerres d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan et de Syrie, de 2001 à 2016. Ces différences d’engagements humains et financiers lors des interventions de l’ONU ne répondent pas aux souffrances des peuples, principales victimes des guerres contemporaines, mais à des intérêts de puissances.

Les conclusions du rapport du groupe d’étude sur les opérations de paix, remis, en 2000, à Kofi Annan par Lakdhar Brahimi, sont accusatrices. On y lit : « Le Secrétaire général se trouve dans une position intenable. On lui présente une résolution du Conseil de sécurité qui précise, sur le papier, le nombre de militaires requis, mais il ne sait pas s’il disposera de ce nombre de militaires sur le terrain. Plus encore, les troupes qui finissent par débarquer sur le théâtre des opérations risquent d’être sous équipées : il est arrivé que des pays fournissent des troupes sans fusils, ou équipées de fusils, mais dépourvues de casques, ou munies de casques, mais sans moyens propres de transport ». Cet état de fait est à l’origine de pillages et de viols que l’administration onusienne couvre trop souvent. Commentant le rapport Brahimi, le Financial Times conclut : « De plus en plus, le fardeau retombe sur les pays pauvres. Puisque les pays industrialisés refusent de faire le sale boulot, ils pourraient au moins fournir davantage d’argent et d’entraînement aux forces de maintien de la paix. » Mais, au 30 juin 2015, 1,6 milliard de $ de contributions n’étaient pas acquittés par les États, alors qu’il est interdit au Secrétaire général de l’ONU de souscrire, y compris pour des interventions d’urgence, un emprunt, ne serait-ce que pour une semaine.

Une révolution copernicienne des missions militaires de l’ONU

Chacun de ces aspects révèle une absence de volonté politique, la prévalence d’intérêts nationaux, le caractère secondaire des missions de Casques bleus pour les grandes puissances. Constat aggravé par l’échec militaire, humain et diplomatique des guerres menées par des coalitions internationales sous mandat de l’ONU, avec, comme conséquence, sur un arc allant de l’Indonésie au Nigéria, des situations de guerres à fort risque d’expansion. On dira que l’on compare l’incomparable, mais ce qui rend incomparable la guerre absolue dans toute son énergie écrasante menée par des coalitions militaires avec les interventions de troupes privées de moyens, ce sont des décisions du Conseil de sécurité, renouvelées et assumées.

Principe de lucidité, la guerre est une réalité, la paix une aspiration ; pour cheminer vers l’aspiration, il est des situations militaires ou idéologiques qui exigent le recours à la force, il est des conflits interétatiques, ethniques, confessionnels, de libération, qui nécessitent une interposition armée, il est des totalitarismes, dont la violence oblige à intervenir. Un cas concret, Daech, qui est une déviance mortifère de l’islam, comme le christianisme et d’autres religions en ont connu dans l’Histoire, doit être combattu, mais, affaire de tous, il doit l’être par tous, dans l’esprit des fondements multilatéralistes de l’ONU et non avec des coalitions conduites par les puissances occidentales ou une autre puissance, la Russie, par des puissances régionales, Turquie, Iran ou l’Arabie saoudite et le Qatar. Certaines sont directement responsables du drame irako-syrien, aucune n’est là pour les intérêts des Nations unies, toutes interviennent avec des visées de grandes puissances ou de puissances régionales.

Est-il possible de rompre avec ce tragique engrenage ? L’ONU n’est pas un organisme virtuel, elle est le produit des gouvernements des États qui la composent. Ses carences sur la question de la guerre et de la paix, comme sur d’autres, résident dans son assujettissement aux politiques étatiques, à des ambitions géostratégiques globales ou régionales, des desseins de suprématie des principales puissances. Vingt-cinq ans après la fin de la guerre froide, l’échec des politiques suivies est dramatique et le système inégal des relations internationales n’est pas en mesure d’apporter une solution aux crises engendrées ; jusque dans les horreurs de la guerre, les inégalités prévalent entre les États et les peuples.

Une stratégie pour la paix et la sécurité internationales, jusqu’au recours à l’intervention armée, comme il est inscrit dans la Charte, n’est possible que par une révolution copernicienne au sein de l’ONU. Cela demande de mettre fin aux mandats de coalitions militaires de justiciers et au déploiement de troupes hétéroclites sous équipées et, comme le demande la Charte, que se crée une force onusienne multilatérale dans sa composition et son commandement, force qui soit en capacité d’interventions militaires, de négociations diplomatiques et de rétablissement de la paix. Entre la raison ou la barbarie, à chacun d’entre nous qui sommes sujets de l’Histoire, d’en influer le cours.

Ouvrages sur l’ONU

50 ans déjà… et alors, l’ONU, revue Panoramiques n° 17, Éditions Arléa/Corlet, 1994

ONU, Droits pour tous ou loi du plus fort ? Regards militants sur les Nations unies, Éditions Cetim, 2005

ATTAC, Un autre monde pour une autre ONU, Éditions Tribord, 2010

Chloé Maurel, Histoire des idées des Nations unies, l’ONU en vingt notions, Éditions l’Harmattan, 2015

Les Nations unies, 70 ans après, Recherches internationales n° 103, 2015

 

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

6, av. Mathurin Moreau; 75167 Paris Cedex 19

Site : http://www.recherches-internationales.fr/

Mail : recherinter@paul-langevin.fr

Abonnements 4 numéros par an : 55 Euros, Étranger 75 Euros

 

 

[1] Nils Andersson, « La guerre et la paix, entre réalité et utopie », La Pensée, n° 387, 2016

[2] Septembre 2016.

 

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 19:14

 

Il y a 30 ans, le 6 décembre 1986 , Malik Oussekine, jeune homme de 22 ans, meurt, victime de la violence policière, après une manifestation étudiante contre le projet de réforme universitaire « Devaquet ».

Malik sortait d'un concert et rentrait chez lui. Il est alors poursuivi jusque dans un hall d'immeuble et battu à mort par les "voltigeurs", ces policiers à moto chargés de disperser  les manifestations. Charles Pasqua, alors Ministre de l'Intérieur avait mis en place le peloton des « voltigeurs » : deux policiers sur une moto,  l’un conduit, l’autre est armé d’une matraque.

Paul Bayzelon, un fonctionnaire du ministère des Finances, avait fait entrer Malik dans son immeuble pour tenter de le protéger mais il n’arrive pas à refermer la porte assez vite. Les policiers qui ont suivi Malik font pleuvoir un déluge de coups,  une véritable « ratonade » selon Paul Bayzelon, qui reçoit quelques coups à son tour. Quand les policiers partent, Malik Oussekine est mort.

« Si j'avais un fils sous dialyse, je l'empêcherais de faire le con dans la nuit » osera déclara Robert Pandraud , ministre délégué chargé de la « Sécurité » ! Le Front National, fidèle à sa haine anti-arabes écrivait le 20 janvier 1988 « On se souvient de la mort du petit casseur gauchiste nommé Malik Oussekine. Malgré son état de santé lamentable, il n’avait pas hésité à attaquer en pleine nuit les forces de police chargées du maintien de l’ordre » . Malik n'avait pas participé à la manifestation et on découvrira par la suite que ce sont bien les coups donnés par les policiers qui ont entraîné la mort du jeune homme.

Le 28 janvier 1990, les policiers sont reconnus coupables de coups mortels. Mais ils bénéficient de circonstances atténuantes et ne sont condamnés qu’à deux et cinq ans de prison avec sursis. Du côté de la famille Oussekine, c’est l’indignation. Les organisations  dont l’UNEF et le MRAP, appellent à un rassemblement sur les lieux du drame pour protester contre le verdict.

Trente ans après le MRAP appelle à ne pas oublier, à ne pas oublier non plus qu'il y a eu d'autres jeunes victimes des violences policières, parmi elles, Rémi Fraysse, 21 ans, mort en octobre 2014 à la suite d'un tir de grenade lors d'une manifestation d'opposants au barrage de Sivens.

 

Paris, le 6 décembre 2016
 

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Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 17:44
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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 21:32
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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:08
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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:05
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 18:47
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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 21:51

 

 COP 22 : le climat n'attend pas !

La 22ème Conférence sur le changement climatique (la COP22) s'achève à Marrakech sans que les pays signataires de l'accord de Paris aient mis en place les moyens de respecter les objectifs affichés lors de la COP21 à Paris en décembre 2015 pour maintenir en dessous de 2°C le réchauffement climatique à la fin du XXIème siècle.

Certes la COP21 à Paris a installé la question climatique dans la conscience mondiale mais le temps ne doit plus être aux grandes déclarations mais aux engagements concrets contraignants. On en est encore loin. Et les déclarations du nouveau président des États-Unis ne peuvent que renforcer le scepticisme et les inquiétudes sur la volonté et la capacité d'action des états.

Les financements nécessaires pour aider les pays les plus démunis à assurer l'indispensable transition énergétique ne sont pas réunis. Et pourtant, l'ONU confirme qu'un record d'émissions de gaz à effet de serre pourrait être battu chaque année d'ici à 2030.

Et la crise climatique et écologique renforce les inégalités sociales et affecte tout particulièrement les pays les plus pauvres. Le réchauffement climatique, la désertification, la montée des eaux, les catastrophes climatiques rendent de plus en plus difficile la vie des populations dans de nombreuses régions du monde et multiplient le nombre de migrants contraints de quitter leur pays.

Les migrations climatiques seront une des défis majeurs du XXIème siècle. L'ONU prévoit 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050 et déjà 83 millions ont été recensés entre 2011 et 2014 ! Les plus grandes inquiétudes sur leur devenir sont de mise alors que l'Europe se refuse à organiser l'accueil des migrants qui arrivent à ses frontières !

Il appartient à la société civile de poursuivre ses mobilisations pour exiger des États et des entreprises qu'ils prennent les décisions qui s'imposent et agissent.

Le MRAP est déterminé à être aux côtés de toutes les victimes et de tous ceux qui luttent pour sauvegarder un écosystème compatible avec la vie humaine. Le climat n'attend pas !

Paris, le 17 novembre 2016

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 19:34

Diffusion nationale aux soutiens à Mumia Abu-Jamal

APPEL A DONS : pour qu'il puisse se soigner et se défendre, Mumia a besoin de votre solidarité

Merci aux premiers donateurs qui ont répondu à notre appel. Plusieurs milliers d'euros ont d'ores et déjà été recueillis. Nous réitérons cependant notre appel auprès de ceux d'entre vous qui n'ont pas encore apporter leur contribution ... Pour ce faire, vous trouverez un imprimé en pièce jointe. Il y a urgence à recueillir les fonds nécessaires sans lesquels Mumia n’aurait aucune chance d’obtenir le droit de se soigner et d'être libéré. Nous vous remercions par avance de votre générosité et de votre solidarité.

LES FILS ROSENBERG demandent la réhabilitation de leur mère

Lors de son séjour en France avec une délégation des soutiens américains à Mumia (voir nos précédentes infos sur www.mumiabujamal.com), Robert Meeropol, fils cadet de Julius et Ethel Rosenberg, s'est exprimé sur la campagne lancée avec son frère Michael pour la réhabilitation de leur mère. Se référant aux documents récemment déclassifiés par la justice - prouvant que leurs parents exécutés en 1953 pour espionnage ont été victimes d’un procès monté de toutes pièces - ils sollicitent l'intervention de Barack Obama. Dans une interview au journal l'Humanité (pièce jointe), Robert Meeropol revient sur cette sombre période de l'histoire des Etats-Unis qui se perpétue avec l'affaire Mumia Abu-Jamal, justifiant son engagement résolu contre la peine de mort et sa présence en France, pays où la mobilisation en faveur de ses parents fut la plus forte lors de leur procés.

LES RAVAGES DU TOUT REPRESSIF aux Etats-Unis

Une très intéressante étude menée par la puissante association de défense des libertés civiles (ACLU) et Human Rights Watch, montre que la politique du tout répressif aux Etats-Unis, principalement en matière de possession de drogue, détruit des vies, empêche la réinsertion et se révèle tragiquement raciste (résumé de l'étude en pièce jointe).

POUR LA LIBERATION DE LEONARD PELTIER

Figure emblématique du combat pour les droits des Amérindiens, Leonard Peltier (âgé de 72 ans) purge deux peines d’emprisonnement à perpétuité pour le meurtre de deux agents du FBI lors d'un affrontement en 1975 dans la réserve indienne de Pine Ridge (Dakota du Sud). Leonard Peltier a reconnu avoir été présent lors de ces faits, mais il a toujours nié avoir tiré sur les agents, ainsi que l’a soutenu l’accusation lors du procès. Toutes les voies de recours légales ont été épuisées et la prochaine audience d’examen de demande de libération conditionnelle est fixée à 2024. Etant donné que Leonard Peltier a déjà passé 40 ans en prison et qu'il est très malade, ses avocats ont déposé une demande de clémence auprès du Président Obama, lequel a déjà gracié ou commué la peine de 562 prisonniers. Soutenant cette démarche, Amnesty International estime que, dans l’intérêt même de la justice et pour des raisons humanitaires, il devrait être libéré. Une campagne internationale a été lancée à cet effet. Nous vous invitons à signer la pétition : http://bit.ly/2f65Mwy

Leonard Peltier - dont Mumia est un soutien inconditionnel - est actuellement emprisonné en Floride, à plus de 3 000 km du domicile de sa famille qui vit dans le Dakota du Nord. Pour ses proches, il est donc physiquement et financièrement presque impossible de lui rendre visite.

 

COLLECTIF FRANCAIS "LIBERONS MUMIA !"

rassemblant une centaine d'organisations et de collectivités publiques

MEMBRE DE LA COALITION MONDIALE CONTRE LA PEINE DE MORT

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 20:51

COMités des YVELINES : Saint-Quentin en Yvelines et environs et Plaisir

                        SOLIDARITÉ AVEC LES RÉFUGIES

Non à l’ignoble campagne de haine fomentée par l’extrême droite

Le rassemblement xénophobe et raciste à Versailles doit être interdit !

 

Dans le département des Yvelines, comme dans toute la France, comme dans de nombreuses villes et régions d’Europe, de nombreux citoyens, des maires, des associations, se mobilisent pour l’accueil, la mise à l’abri, l’assistance humanitaire, l’aide aux démarches administratives d’ hommes , de femmes et d’ enfants. Elles et ils ont dû fuir leurs pays ravagéspar les guerres, les terrorismes, les destructions d’environnements, d’économies, de ressources vitales.

Ceêtres humains ont subi les pires violences tout au long de leurs parcours d’exil. Le refus de leur ouvrir des voies d’accès légales et sécurisées, la militarisation des frontièresde l’Europe, des accords avec des dictatures pour les refouler, les ont livrés à des trafiquants criminels et mafieux. Des dizaines de milliers en sont morts. Ceux qui sont arrivés en France, pour demander protection et hospitalité, ont souffert dans des conditions indignes, à Calais, à Paris, et même dans les Yvelines , laissés des semaines et des mois sans hébergements, sans accès aux droits, sans autre aide pour survivre que celui d’associations

et de citoyens.

Lgrande majorité d’entre eux sont des demandeurs d’asile : le MRAP exige que des moyens soient donnés aux préfectures pour que tous puissent rapidement et sansdiscriminations, déposer leurs demandes en France conformément à la Convention de Genève, et la création de milliers de places en Centre d’ Accueil pour Demandeurs d’Asile ( CADA) afin d’ assurer leur hébergement. Tous, qu’ils soient réfugiés politiques ou humanitaires, « réfugiés économiques » ou « réfugiés environnementaux », doivent pouvoir faire valoir leur droit au séjour ou leur de se rendre dans le pays de leur choix. Personne ne peut croire

que la France, avec ses 66 millions d’habitants, ne pourrait pas les accueillir, et que la région Ile-de- France, avec ses 12 millions d’habitants, avec toutes les richesses qui y sont produites, s’accumulent et circulent, assurer sa part dans ce devoir commun d’hospitalité.

Pourtant, des officines, des politiciens, cherchent à casser l’élan populaire de solidarité en développant le poison de la peur et de la haine de l’ « autre », en colportant des idéologies complotistes , en criant à l’invasion, en présentant les demandeurs d’asile comme des criminels… Un appel à manifester à Versailles le 11 novembre constitue une inacceptable escalade de cette campagne odieuse. Ce texte concentre le fond de commerce électoral de l’extrême droite : xénophobie, racisme, attaques diffamatoires contre des représentants et des élus de la République… Il constitue une véritable injure pour tous les citoyens porteurs des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité.

Non, nous ne laisserons pas instrumentaliser la détresse d’hommes, de femmes et d’enfants, qui demandent à vivre en paix au pays des droits de l’Homme ou le droit d'y transiter, par des politiciens sans scrupules qui constituent un réel danger pour ce qui fonde notre vivre ensemble. Leur manifestation,organisée qui plus est le jour de la commémoration nationale de la fin de la première guerre mondiale, par son contenu raciste, son incitation à la haine contre les migrants, constitue une menace pour l’ordre républicain, la sécurité et les droits de personnes humaines. Nous demandons son interdiction.

 

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Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples

43 Boulevard Magenta - 75010 Paris

01.53.38.99.82

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