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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 21:38

~~ A l’ombre de Gaza Hollande-Fabius, les errements de la diplomatie française

mardi 15 juillet 2014, par Alain Gresh

La manière dont François Hollande et son ministre des affaires étrangères Laurent Fabius ont entériné l’assaut israélien contre Gaza, avec ses innombrables destructions et victimes, a pu étonner ici ou là. Couac de la communication ? Benjamin Barthe, sur le site du Monde, note que la première déclaration de Hollande sur le droit d’Israël à se défendre, sans aucune mention des pertes civiles palestiniennes, venait à la suite d’un coup de téléphone de Benyamin Netanyahou (« L’embarras international face à l’escalade à Gaza », 12 juillet). Le lendemain, le président émettait une nouvelle déclaration « plus équilibrée ». Mais, comme le note le journaliste du Monde, « le cafouillage est néanmoins emblématique de l’embarras des chancelleries européennes et américaine face à la question de Gaza. Insister, comme elles l’ont presque toutes fait à des degrés divers, sur le “droit d’Israël à l’autodéfense” et sur la nécessité de la “retenue”, ne suffit pas à leur donner de prise sur le terrain ». Cela équivaut, en réalité, à une « carte blanche » laissée au gouvernement Netanyahou.

Selon un responsable de l’Elysée, la position de la France « reste fondée sur l’équilibre ». Equilibre entre l’occupant et l’occupé ? Entre les quelque 200 morts palestiniens et les « zéro mort » côté israélien ? Quand le général de Gaulle critiquait l’agression israélienne de juin 1967, il ne faisait pas preuve d’équilibre. Quand les Etats européens réunis à Venise en 1980 demandaient le droit à l’autodétermination des Palestiniens et à un dialogue avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ils ne faisaient pas preuve d’équilibre.

Quand Jacques Chirac s’indignait, lors de sa fameuse visite à Jérusalem en 1996, du comportement des troupes d’occupation, il ne faisait pas preuve d’équilibre. Cette notion d’équilibre est souvent mise en avant par les médias, mais il est curieux qu’elle ne le soit que pour le conflit israélo-palestinien : ni sur l’Ukraine, ni sur la Syrie, ni sur la plupart des autres crises, les journalistes n’invoquent l’équilibre ; pourquoi le font-ils seulement sur la Palestine ? Rappelons que le rôle des journalistes n’est pas d’être équilibrés, mais d’expliquer les faits, d’expliquer les réalités (lire l’excellent article de Marwan Bishara, « De la responsabilité des journalistes, des médias et de la Palestine », Infopalestine, 9 juillet). Pour reprendre, en la changeant, une formule célèbre, l’objectivité ce n’est pas « cinq minutes pour les Noirs d’Afrique du Sud, cinq minutes pour le régime de l’apartheid ».

Revenons aux déclarations françaises. Si elles s’inscrivent dans la continuité de celles que faisait naguère Nicolas Sarkozy, elles sont en rupture avec un demi-siècle de diplomatie menée par Paris. On a assisté depuis dix ans, dans le plus grand silence, à un virage de la diplomatie française. Entamé à la fin du mandat de Jacques Chirac, il a été accentué par Nicolas Sarkozy et par François Hollande. Et il touche tous les domaines, pas seulement le conflit israélo-palestinien. Il s’est accompagné d’un effacement de la place de la France, qui ne fait plus entendre de voix singulière, si ce n’est, parfois, pour critiquer, « sur leur droite », les Etats-Unis.

Lire « Enquête sur le virage de la diplomatie française », Le Monde diplomatique, mai 2008. Comment définir ce virage ? Certes, Paris n’est pas porteur d’une doctrine totalement élaborée (pas plus, d’ailleurs, que ne l’est le néoconservatisme américain) et des nuances existent entre tel ou tel responsable. D’autre part, cette rupture discrète avec un demi-siècle de diplomatie française (1958-2003) doit tenir compte des contraintes politiques, notamment d’une opinion publique peu sensible aux sirènes de la droite américaine.

Fondamentalement, les responsables français refusent l’idée que le monde serait devenu moins dangereux depuis la fin de la guerre froide. Au contraire. Le terrorisme et l’islamisme menaceraient nos pays, les fondements de la civilisation occidentale, et nous serions engagés dans une « guerre contre le terrorisme » de longue durée. Et ces périls sont accentués par la montée en puissance de pays qui ne partagent pas nos valeurs et qui n’acceptent pas l’ordre international occidental, l’Iran d’abord, mais aussi la Russie et la Chine. Cette analyse repose en particulier sur la conviction que la France appartient au monde occidental, par opposition notamment au monde islamique. Et le terrorisme représente une menace d’autant plus grave qu’il est relayé par un ennemi intérieur clairement identifié, des musulmans qui se radicalisent

— les autorités surfent ainsi sur l’islamophobie dominante, au risque, une fois de plus, de renforcer le Front national. Cette ligne s’est affirmée avec plus de force depuis l’élection du président Barack Obama, qui a tenté de tirer quelques leçons des désastres enclenchés par son prédécesseur, George W. Bush, en Irak et en Afghanistan. Depuis, la France ne rate pas une occasion de critiquer le manque de fermeté de Barack Obama, que ce soit sur le dossier du nucléaire iranien ou sur l’intervention militaire en Syrie, tout en lui laissant le champ libre pour mener des négociations sur la Palestine (sujet sur lequel Paris sait qu’il ne fera aucune pression sérieuse sur Israël). Une chose est rassurante : les capacités de nuisance de la France sont limitées.

Et si les Etats-Unis décident, par exemple, de signer un accord avec l’Iran, ils ne demanderont pas la permission de Paris. S’ils décident de ne pas intervenir en Syrie, la France est impuissante. Jadis, la position singulière de la France était son meilleur atout ; ce n’est plus le cas aujourd’hui. Lire Olivier Zajec, « Cinglante débâcle de la diplomatie française »,Le Monde diplomatique, octobre 2013. L’admiration pour Israël est un autre des piliers de cette diplomatie française. Il ne s’agit pas simplement de philosémitisme, mais d’appui à un pays supposé être à l’avant-garde de la lutte contre le radicalisme islamiste, une pointe avancée de l’Occident. C’était d’ailleurs l’idée centrale de Theodor Herzl, fondateur du sionisme politique, lequel voyait dans l’Etat juif qu’il préconisait un bastion européen face à la « barbarie asiatique ».

J’ai rappelé ailleurs la solidarité surprenante de l’Afrique du Sud de l’apartheid — dirigée entre 1948 et 1991 par un parti dont les fondements antisémites étaient avérés — avec Israël : les dirigeants de Pretoria considéraient les Israéliens comme des colons qu’ils admiraient, non comme des juifs qu’ils méprisaient [1]. Cela se confirme aujourd’hui, alors que la plupart des grandes forces politiques européennes d’extrême droite ont rangé l’antisémitisme au magasin des accessoires périmés et l’ont remplacé par une islamophobie militante ainsi qu’une solidarité inconditionnelle avec Israël.

Cette inflexion entraîne, sur ce conflit, une « indignation sélective de François Hollande », comme l’écrit Armine Arefi sur le site du Point (11 juillet), ou comme en témoignent les visites de l’ambassadeur de France dans le sud d’Israël pour rassurer nos compatriotes qui s’y trouvent — le même ambassadeur qui avait salué « l’engagement courageux » de jeunes Français dans l’armée israélienne. Notons enfin la prise de pouvoir, au sein des instances de l’Etat, d’une nouvelle génération de cinquantenaires qui impulsent ce virage politique : le futur conseiller diplomatique de Hollande, le chef de cabinet de Fabius, le représentant de la France aux Nations unies, le directeur des affaires stratégiques du ministère de la défense.

Ni de droite ni de gauche, admiratifs des Etats-Unis, partisans des interventions militaires et de l’OTAN, obsédés par la « guerre contre le terrorisme » et contre l’islam, grands admirateurs d’Israël, ils s’incrustent au cœur de l’appareil d’Etat et garantissent la continuité de la diplomatie française, quel que soit le parti au pouvoir. Notes [1] Cf. De quoi la Palestine est-elle le nom ?, Les Liens qui libèrent, 2010.

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 19:59
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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 19:52

~~ . La sénatrice communiste de la Loire, Cécile Cukierman, interpelle le chef de l'État sur la situation des droits et libertés en Côte d’Ivoire à la veille de sa visite à Abidjan.

Monsieur le Président,

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation des droits et libertés en Côte d’Ivoire à la veille de votre départ dans ce pays.

Comment comprendre que Michel Gbagbo, ressortissant français vivant en Côte d'Ivoire, ayant également la nationalité ivoirienne, fils de l'ancien chef d’État Laurent Gbagbo, ait été à trois reprises empêché de quitter Abidjan pour se rendre à Paris ? Il était pourtant convoqué à chaque fois par Sabine Kheris, juge d’instruction en charge de sa plainte pour enlèvement, séquestration et traitements inhumains et dégradants, déposée à l’encontre de Guillaume Soro, aujourd'hui président de l'Assemblée nationale, et de ses Commandants de zones, anciens rebelles promus chefs militaires.

Or, aucune ordonnance d'interdiction de quitter le territoire, que seul le juge d'instruction ou la chambre d'accusation ont le pouvoir de produire, n'a été signifiée ni à Michel Gbagbo, ni à ses avocats.

Il est du devoir de la France que les droits de Michel Gbagbo soient respectés et qu'il puisse au plus vite répondre aux convocations de la justice française ou, à tout le moins, de contribuer à créer les conditions pour que le Juge d’Instruction se rende en Côte d’Ivoire en vue d’entendre tous les protagonistes de cette affaire.

Il m’apparaît également essentiel que la France soit vigilante sur la coopération judiciaire concernant toutes les autres affaires franco-ivoiriennes. Je fais référence à la disparition de Guy André Kieffer le 16 avril 2004 à Abidjan, à la mort par balles le 31 mars 2011 à Yamoussoukro du ressortissant français Philippe Rémond, aux assassinats de ressortissants français au Novotel à Abidjan en avril 2011 et au dossier du bombardement de Bouaké en 2004.

Plus largement, à l’instar de nombreux défenseurs des droits humains, je m'inquiète de l’arrestation et la détention massive et arbitraire de centaines d’Ivoiriens depuis la venue au pouvoir d’Alassane Ouattara, de l’enlisement organisé des procédures judiciaires concernant la plupart d’entre eux, des tortures dont certains font ou ont fait l’objet, du non-respect des droits de la défense et des prisonniers ainsi que l’existence de lieux de détention illégaux.

La répression envers certains syndicats, des organisations de la société civile et certains partis politiques est également un élément inacceptable. Il serait sans doute souhaitable que vous puissiez aussi accorder votre attention à cette problématique.

Parallèlement à cela, d’autres protagonistes, partisans de l’actuel chef de l’Etat et soupçonnés de nombreux crimes depuis septembre 2002 jusqu’à aujourd’hui, ne sont pas inquiétés et sont même promus par lui aux plus hauts postes du pouvoir d’Etat.

La totalité de ces éléments confirme malheureusement une fois de plus une collusion entre pouvoir exécutif et judiciaire en Côte d’Ivoire et a pour conséquence une justice des vainqueurs qui ne peut que peser négativement sur le processus de réconciliation nationale et le retour de milliers d’exilés.

Sur l’ensemble des points soulevés la France s’honorerait d’exprimer lors de cette visite l’exigence vis-à-vis des autorités ivoiriennes du respect des libertés, de l’Etat de droit et de la sécurité des populations en Côte d’Ivoire.

J’espère, Monsieur le Président, pouvoir compter sur vous à ce sujet.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 19:48
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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 19:46

~Une nouvelle manif est prévue ce samedi à 14h30 place de l'hotel de ville à Saint Etienne,

dans la suite de celle de samedi dernier. C'est une initiative citoyenne rejointe par des organisations dont l'AFPS et le PCF. Par ailleurs à Rive de Gier un rassemblement est organisé par le PCF, la CGT la CNL Démarche Citoyenne demain vendredi 18 à 18h rue de la Paix. Il est important dans ce mouvement de solidarité de veille à la visibilité de notre engagement. Au delà des bombardements insupportables, c'est la politique de colonisation du gouvernement israelien qui est en cause, durablement. Parce que la guerre n'est pas la solution, nous faisons partie de la solution, nous portons l'espoir, nous exigeons que les conditions notamment internationales soient crées pour un dialogue et une issue politique. voir la vidéo de Patrick Le Hyaric demandant hie rà l'assemblée européenne la suspension d el'accord UE/ Israel et un article du reproter de l'Humanité à Gaza:

http://www.patrick-le-hyaric.eu/patrick-le-hyaric-demande-a-lunion-europeenne-de-placer-le-peuple-palestinien-sous-protection-internationale/ http://www.humanite.fr/israel-poursuit-sa-boucherie-sur-les-plages-palestiniennes-547628

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 20:49
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 20:48

~ Gardée à vue ! Quand j'ai entendu parler de cette action à l'usine des 1000 vaches , je n'ai pas hésité . Cet endroit où 1000 vaches et 750 veaux et génisses seront enfermés en permanence me donne la nausée . Le projet imaginé par M. Ramery ( entrepreneur en BTP déjà patron de 3500 salariés) prévoit de produire de l'électricité à partir d'un immense méthaniseur alimenté par le lisier , le fumier , des résidus de céréales et autres végétaux . Le méthane libéré par la fermentation alimente un générateur électrique d'une puissance équivalente à 25 éoliennes . Le courant sera racheté par EDF . Encouragé par les primes , le méthane agricole est un nouvel agro-business . Le lait n'est qu'un sous-produit du lisier , du lait low cost , vendu à moins 20% du prix du marché . Un projet démesuré , aux conséquences environnementales et sociales inadmissibles , pour le profit d'une seule personne ( M. Ramery fait partie des 350 personnes les plus riches de France ) . Antidémocratique . Le maire de Drucat , le village concerné , est contre ; les villageois ont monté une association pour défendre leur cadre de vie (Novissen) . Les villageois ne peuvent se faire entendre ; les agriculteurs , prônant une agriculture paysanne créatrice d'emplois et fournissant des produits de qualité , sont mis au rebut . Il est temps de provoquer un débat public sur l'orientation de l'agriculture dans notre pays . Action . Mercredi 28 mai au petit matin , nous sommes une soixantaine motivés à nous approcher des immenses bâtiments . Démonter , dévisser , déboulonner , ne rien casser bien sûr . Tout reste sur place sauf une partie du matériel qui doit être remis à Stéphane Le Foll qui déjeune le jour même à la Villette (Paris) avec Ségolène Royal . Un groupe part assez rapidement dans ce but . Un ouvrier arrive , agressif . Bien sûr , c'est son outil de travail . Certains essaient en vain de discuter . Les journalistes arrivent , plusieurs d'entre nous sont interviewés . Les forces de l'ordre ne tardent pas et vont directement vers 4 personnes pour relever leur identité . Tous les militants présents s'étonnent et donnent leur carte d'identité , pour cette action revendiquée collectivement . Dès que tous les journalistes attendus sont venus, nous décidons de lever le camp . En arrivant aux véhicules on aperçoit les fourgons qui déchargent les CRS . J'ai à peine le temps de comprendre qu'ils sont sur moi pour m'embarquer . Des militants s'interposent , montrent leurs outils , demandent à être arrêtés mais rien n'y fait . Je me retrouve embarquée avec 3 gendarmes dans un fourgon qui roule à vive allure vers Hallencourt . Le temps est suspendu . 9H30 . Je suis placée en garde à vue . Interrogatoire : qu'est-ce que je faisais là ? Dans quel but ? Comment ? Etc , etc....une seule réponse : le silence ! L'adjudant tape plein de choses sur son ordi , me réinterroge , retape ….vu mon refus de répondre , les questions se font plus rares . 12H . Je demande si j'ai le droit de manger , ce n'est visiblement pas prévu , j'ai quand même droit à une barquette réchauffée d'une bouillie indéfinissable . Pour les toilettes je suis accompagnée , porte ouverte , super ! 13H . Transfert à Abbeville à un train d'enfer avec 3 gendarmes . J'aperçois quelques manifestants à l'arrivée de la gendarmerie , ça réchauffe le cœur .Je ne sais pas combien ont été arrêtés . L'interrogatoire recommence . On me dit que si je ne dis rien la garde à vue va durer .On me laisse mon sac pour l'instant , je peux dessiner entre les questions . Je peux voir mon avocat . Il m'explique que la garde à vue peut durer 24 h . Je commence à comprendre que je dois m'armer de patience . 18H . On m'emmène à une confrontation avec un ouvrier du site qui a photographié 4 personnes en action . C'est comme ça qu'ils ont choisi . 19H30 . Convocation devant le substitut du procureur qui me reproche dégradation et vol en réunion . Ma garde à vue est prolongée jusqu'à 9h30 le jeudi . On me transfère à Hallencourt pour la nuit . On m'ouvre la porte d'un « cachot » (comment appeler ça autrement?) où je réalise que je vais devoir passer la nuit . Un sommier en béton , un « matelas » en plastique de 5 cm d'épaisseur , des couvertures de l'armée , un trou au fond pour les besoins (sans chasse d'eau) . On me retire toutes mes affaires . On m'explique que je pourrais me suicider ; j'ai beau expliquer que je ne suis pas du tout suicidaire , que j'ai 4 enfants et 6 petits-enfants , rien n'y fait . Quand la lourde porte se referme sur moi (combien de verrous ? 4 au moins) je suis sous le choc . Je ressens une telle inhumanité . J'aime écrire , lire , mais on ne me laisse rien . Je suis face à 4 murs sales et à un trou . J'ai quelques instants le sentiment que je ne suis plus rien . Il ne s'agit pas seulement de privation de liberté , c'est autre chose ; dans quel but agissent-ils ainsi ? Je pleure un bon coup puis je m'organise pour gérer mon temps : quelques mouvements de yoga , que passer en revue dans ma tête pour que ce temps se déroule au mieux . Je réussis à dormir . Le lendemain matin je demande à faire ma toilette ; ce n'est visiblement pas prévu non plus , on me trouve 2 lingettes minuscules . Pas d'eau . Jeudi 29 mai 9h . Retransfert à Abbeville . Je comprends que la garde à vue est prolongée de 24h . Je suis blasée . Mais les manifestants sont là , je les entends et je les aperçois même par la fenêtre , ça fait vraiment chaud au cœur . Ils ne désarment pas . Je vois sur les journaux laissés sur le bureau que le porte-parole de la Conf a été arrêté en revenant pour nous soutenir .(J'apprendrai plus tard comment il a été plaqué au sol par les gardes du corps de M. Le Foll et la violence de son arrestation ). Les médias sont bien présents . Entre les questions je dessine : notre ferme , les champs , les vaches , chacune avec son nom et son caractère . Les militants me font porter des sandwichs , trop bien . Puis c'est la douche froide : ils parlent de me remettre en cellule d'isolement . Je me jette sur la fenêtre et je hurle qu'on va m'enfermer . Les potes en-dessous font le bazar . Ils me ramènent dans ce cachot , je vois les militants postés à la grille . Courage ! 4 heures dans ce cachot , avec rien , enfermée par 2 gendarmes qui ont l'âge de mes enfants . On ne me laisse pas un gobelet d'eau sous prétexte que je pourrais le découper et l'avaler …? ils disent qu'ils ne sont pas psychologues , dommage . Je vais chanter , ma France de Ferrat , des chansons d'amour et de lutte , ça résonne pas si mal ;le temps passe . Retransfert . Je demande à voir mon avocat qui m'annonce que je serai présentée au juge d'Amiens le lendemain . Le retour en cellule est une horreur . Je sais que ça ne durera pas , que ce n'est rien comparé à d'autres . Ma tête raisonne mais les larmes coulent toutes seules Je réussis à gérer . Je m'endors mais un abruti me réveille en pleine nuit pour savoir si je vis toujours. Vendredi 30 mai . Transfert à Amiens . Avant de partir j'offre à certains gendarmes mes dessins , ils ne paraissent pas insensibles . Je comprends qu'on va me menotter . Ils sont sur les dents . Départ donc menottée encadrée de 3 gendarmes armés jusqu'aux dents avec des gilets pare-balles . On part en convoi , sirènes hurlantes , avec 2 motards qui ouvrent la route , ils ont ordre de ne pas s'arrêter . Que doivent penser les personnes qu'on croise ? Que j'ai commis un infanticide ou découpé mon amant en morceaux ? J'essaie d'avoir de l'humour pour prendre du recul ! Arrivée à Amiens je vois mes potes et je lève les poignets dans leur direction ; on me tire à une telle allure dans le palais de justice que je manque tomber à terre . On attend les 5 dans des « cages » . Les gendarmes se marrent entre eux . Je chante Verdict : je suis placée sous contrôle judiciaire jusqu'au procès qui doit avoir lieu le 1er juillet avec interdiction de rencontrer mes «complices » sinon c'est la prison immédiatement m'a dit le juge . En clair on nous empêche de préparer notre défense ensemble . Ils ne connaissent pas ( et n'aiment pas )l'action collective . Ainsi l'objectif est clair : - faire passer individuellement les 5 personnes interpellées pour de dangereux illuminés - éviter tout débat démocratique et museler les opposants au projet - orienter l'agriculture vers une industrialisation avec des coûts les plus bas possible Des campagnes vidées de leurs paysans , sans vaches dans les champs , parsemées de grands bâtiments-usines ! Des scandales sanitaires à répétition , l'eau et le sol irrémédiablement pollués !(comme c'est le cas pour les rivières de Franche-Comté) Mais attention : trop de citoyens conscients vivent dans les campagnes pour qu'un tel projet passe . On est bien dans une action collective et pour un enfermé 10 le remplacent . Que faire ? - vous pouvez diffuser mon témoignage dans vos réseaux - adhérez à Novissen , aux amis de la Conf - vous pouvez envoyer un soutien financier à la Conf pour payer le procès Gardez votre liberté de penser et d'agir sans vous laisser influencer par les médias dominants .Il faut s'informer au quotidien dès que l'on consomme . On est tous citoyens du monde et responsables ! Dominique Henry Institutrice et paysanne en retraite Novissen 385 rue du Levant Drucat 80132 Picardie Confédération Paysanne 104 rue Robespierre 93170 Bagnolet www. Lesamisdeleconf.org

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 21:07

~Communiqué de presse – Paris, le 30 juin 1014 Double nationalité : « l'héritière » dans les traces idéologiques de son père.

Le hooliganisme est un fléau qui sévit dans de multiples rencontres de football. Les pseudo-supporters qui laissent libre court à leur violence destructrice n'ont rien à voir avec la grande majorité des passionnés de football. Quoi de plus normal que des bi-nationaux franco-algériens, comme tous les autres bi-nationaux, se passionnent pour des équipes qui les rattachent à leur histoire familiale ! Comme le disaient, devant les chaînes de télévision, des supporters après le match Algérie-Russie « L’Algérie c’est ma mère, La France c’est mon père…Inch’Allah…. la France ou l’Algérie gagnera cette coupe du Monde ! » L'équipe de France elle-même comporte des bi-nationaux et c'est tout le football qui est le symbole du brassage des origines multiples.

C'est donc la richesse de ce métissage qui fait horreur à la droite-extrême, l'extrême-droite ou le FN qui se saisissent des exactions des hooligans pour stigmatiser toute une partie de la population et tenter de la prendre ainsi en otage. De Marine Le Pen aux « Identitaires », les pulsions racistes se débrident ces derniers jours contre les supporters de l'équipe d'Algérie. Marine le Pen avait pourtant tenté de ravaler la façade de la boutique paternelle, mais le crépi avait une très courte garantie et les murs hideux de l'extrême-droite ont vite fait leur réapparition. L'héritière lance donc une offensive contre la « bi-nationalité » c'est à dire contre plusieurs millions de nos concitoyens, mettant en doute leur loyauté.

De tels bi-nationaux sont nombreux à résider en France, tout comme la moitié des quelque 2,5 millions de Français de l’étranger sont des « bi-nationaux ». Mais l’héritière aura beau dissimuler une partie de l'héritage idéologique de son père, nous sommes là pour rappeler que le FN a été créé en 1972 par des gens dont certains étaient des « supporters » de l'Allemagne nazie. Le premier bureau politique du FN en 1972 comportait Pierre Bousquet qui fut volontaire dans la légion SS Charlemagne, Victor Barthélémy, fidèle du collaborateur Jacques Doriot, et François Brigneau engagé dans la milice, Jean Marie Le Pen ayant été lui-même éditeur des chants et musique du IIIème Reich. Marine le Pen n'a jamais renié cet héritage des premières heures du FN !

Le MRAP condamne les nouvelles salves racistes d'une extrême-droite qui trouve des alliés de circonstance parmi les minorités de hooligans se prétendant supporters de l'Algérie et servant de faire-valoir au FN. Le MRAP en appelle au refus de tout amalgame entre les « voyous » et la grande majorité des supporters de l'Algérie qui ne font que participer à ce qui constitue pour eux une grande fête sportive.

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 22:48
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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 21:59

~~ Euthanasie: l'urgentiste Bonnemaison acquitté

Mercredi, 25 Juin, 2014

La cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques a acquitté ce mercredi le docteur Nicolas Bonnemaison, poursuivi pour avoir abrégé les jours de sept patients en fin de vie. Une décision qui ouvre à nouveau le débat sur la fin de vie. Le ministère public avait requis une peine avec sursis contre le praticien, par ailleurs radié du conseil de l'ordre des médecins. Mais la cour a estimé qu'il n'était "pas démontré qu'en procédant à ces injections il avait l'intention de donner la mort aux patients, au sens de l'article 221-5 du Code pénal", et que "l'intention homicide n'était pas établie".

Le médecin est donc acquitté, mais n’a pas encore le droit d’exercer à nouveau. Sa radiation par le conseil de l'ordre fait l'objet d'un recours devant le Conseil d'Etat. Ancien urgentiste à l'hôpital de Bayonne, le médecin de 53 ans était poursuivi pour sept "empoisonnements", de malades très âgés et en fin de vie, en 2010 et 2011; des personnes particulièrement "vulnérables" à qui il était accusé d'avoir administré des médicaments ayant accéléré leur mort en dehors de tout protocole. Il risquait la réclusion criminelle à perpétuité. A l'issue de onze jours d'audience au cours desquels l'euthanasie a été au centre des débats, l'avocat général, Marc Mariée, n'avait requis que cinq ans de prison avec sursis et n'avait pas demandé d'interdiction d'exercer la médecine. "Non, vous n'êtes pas un assassin", avait déclaré le représentant de l'accusation, tout en estimant qu'il avait violé la loi, abrégeant la vie pour abréger la souffrance, car "la loi interdit de tuer".

Le débat sur la fin de vie à nouveau ouvert Les avocats de Nicolas Bonnemaison ont émis l'espoir que l'affaire de Bayonne pousserait les responsables politiques à faire évoluer la loi. "Cette décision est énorme parce qu'elle intervient en même temps que l'affaire Lambert, elle est énorme parce que ça va obliger les politiques à aller peut-être un peu plus vite", a ainsi déclaré Me Ducos-Ader. "La cour d'assises de Pau a acquitté un homme parce qu'elle a regardé quelle était la réalité", a renchéri Me Arnaud Dupin. "Maintenant il appartient à ceux qui veulent changer les choses (...) de prendre leurs responsabilités. La justice l'a fait."

Un souhait rapidement entendu par Stéphane Le Foll qui a estimé que cette affaire "confortait" la nécessité pour le gouvernement de "faire évoluer le cadre législatif". Il "faut qu'on le fasse avec un consensus" le "plus large possible" au Parlement, a-t-il cependant souligné, estimant que "par rapport à la loi Leonetti qui existe aujourd'hui des améliorations (sont) à apporter". Le porte-parole a également rappelé que le gouvernement avait chargé Jean Leonetti, député UMP à l'origine de la loi sur la fin de vie, et le député PS Alain Claeys de proposer d'ici à la fin 2014 des aménagements à cette législation.

Ce dernier salué un verdict d'apaisement, tout en faisant valoir que ce verdict devait rester un cas particulier. "Il ne faudrait pas conclure que, parce que le docteur Bonnemaison a été acquitté, tous les médecins ont désormais le droit d'abréger la vie de leurs patients sans qu'on le leur demande", a-t-il déclaré à France Info. - See more at: http://www.humanite.fr/euthanasie-lurgentiste-bonnemaison-acquitte-545663#sthash.uJqBn66G.dpuf

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