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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 21:30
AFP - 01/04/2010 à 20h23
Vive inquiétude à Tremblay-en-France après l'attaque de deux bus

Au lendemain de l'incendie et du caillassage de deux bus, l'inquiétude régnait jeudi à Tremblay-en-France et beaucoup percevaient un lien avec l'opération de police anti-drogue et un reportage sur le trafic de drogues dans la ville diffusé lundi par TF1.

Photographe : Jacques Demarthon AFP :: Vue du bus partiellement incendié dans la cité des "Grands Ensembles" à Tremblay-en-France dans la soirée du 31 mars 2010
photo : Jacques Demarthon , AFP

Le calme semblait être revenu à Tremblay jeudi en journée. En fin de matinée, il n'y avait pas de renfort policier visible, contrairement à la veille au soir, où un dispositif de sécurisation avait été mis en place.

 

Il n'y avait plus de trace de l'incendie ni du caillassage des bus, hormis le bitume brûlé.

Vers 20H00, la situation semblait calme dans le ville, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les attaques auxquelles auraient participé une dizaine ou plusieurs dizaines de personnes selon les sources se sont produites à quelques dizaines de mètres de la tour où près d'un million d'euros, de la drogue et des armes ont été saisis lundi, dans la cité du "Grand ensemble", au centre-ville.

 
Pour le maire François Asensi (PCF), il s'agit "sans doute d'un guet-apens organisé en réaction à l'intervention de la police et au reportage de TF1". Ce sujet sur le trafic de drogue à Tremblay a été diffusé le soir même de l'intervention. Il aurait même précipité l'opération anti-drogue.

 

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, s'est rendu jeudi au commissariat de Villepinte dont dépend Tremblay. Il a affirmé que ce n'était "pas aux petites crapules" de faire la loi dans les quartiers et réitéré sa volonté de faire "la guerre" aux trafics de drogue et aux bandes.

 

A Tremblay, les bus et cars des Courriers de l'Ile-de-France (CIF) sont restés au dépôt. Les chauffeurs ont exercé leur droit de retrait, qui pourrait être maintenu vendredi, faute d'accords avec la direction.

Selon des machinistes, des caillassages de bus s'étaient déjà produits ce week-end. Ils demandent un "plan de sécurisation".

 

"On est habitué aux incivilités, mais un bus bloqué par 40 ou 50 personnes, qui est caillassé puis incendié, c'est extrêmement rare", selon un chauffeur, M. Ben Abdelmalek, qui vit à Tremblay et se dit "inquiet" pour la ville.

"Ceux qui ont mis le feu ont considéré le reportage comme un acte de trahison; c'est à cause de ça qu'il y a eu la saisie record", assure-t-il.

Dans les rues de la ville, des habitants discutaient entre eux des événements qui ont secoué Tremblay, se montrant "très inquiets". "Ce qui s'est passé hier est scandaleux", lance une jeune femme, qui a requis l'anonymat. Elle a vu la situation se dégrader à Tremblay, ville de 35.000 habitants. "Il y a quelques années, c'était calme. Là, la tension est de plus en plus forte", poursuit-elle.

 

"Ca m'inquiète beaucoup, je commence à envisager de partir", dit-elle. Pour une autre femme, les événements de ces derniers jours sont "une douche froide". Elle met en cause le reportage de TF1. "Ils ont poussé le bouchon sur TF1, et c'est nous qui risquons de payer", dit-elle.

 

Chez un marchand de kebab, les serveurs et des jeunes discutent des événements. "TF1 nous a trompés sur son sujet; la journaliste avait dit qu'elle devait faire un sujet sur les raisons qui poussent à dealer. C'était pas ça du tout au final", critique un client de 21 ans.

"Ca a mis le feu aux poudres", affirme-t-il. "Aux yeux des autres cités, on passe pour des cons parce qu'on a été filmés et que des gens ont été choppés, alors qu'ailleurs on arrache les caméras des journalistes", lance le jeune.

Si pour lui, "ça (les incidents) va continuer", pour le serveur, plus âgé, "ça va se calmer".

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 19:53
01-04-2010

Almamy Ibrahima Barry, 65 ans, banquier et économiste guinéen, est candidat aux élections présidentielles guinéennes. Dans cet entretien, il nous livre une esquisse de son programme politique.

 

Almamy Ibrahima Barry : « Revenir au FCFA ? C’est l’une de mes priorités et je défends cette thèse depuis plusieurs années. »

Les Afriques : Vous venez d’annoncer votre candidature aux prochaines présidentielles guinéennes ? Quelles sont les raisons qui vous motivent dans ce projet national ?

Almamy Ibrahima Barry : Il est vrai qu’une importante couverture médiatique a été observée suite à ma dernière conférence de presse à Abidjan, au cours de laquelle j’ai réitéré mon intention de me porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Je tiens cependant à vous rappeler que, depuis 2006, j’avais manifesté mon ambition de participer à l’élection présidentielle prévue au terme du mandat du feu président Conté.

« Moi, je ne suis pas un politicien par essence et je le revendique. Je suis un technocrate, spécialiste du développement. »

Ma candidature est une profession de foi dictée par l’ampleur du désastre que subit mon pays. De nombreux compatriotes m’ont sollicité, pour que j’incarne la rupture avec les pratiques opaques des anciens régimes, afin d’être porteur d’une espérance nouvelle et d’un nouveau projet de société. Ces sollicitations ont ceci de particulier, qu’elles ne viennent ni d’une ethnie, ni d’une région, mais, plutôt, de toutes les composantes de la nation guinéenne. Ces compatriotes qui m’ont fait confiance ont fondé leur conviction sur l’expérience de plus de vingt ans que j’ai acquise dans la gestion économique d’une trentaine de pays africains et les hautes fonctions occupées sur la scène africaine.

 

LA : Votre pays est souvent décrit comme un scandale géologique au regard de ses richesses ? Quelles sont les premières réformes que vous jugez indispensables pour transformer les potentialités de votre pays ?

AIB : Ce scandale géologique, dont vous parlez, procède d’un constat évident. Les ressources naturelles ne constituent des richesses que si elles sont exploités rationnellement et si les revenus qui en découlent sont utilisées à des fins d’investissements productifs. Par contre, si ces revenus prennent le chemin des comptes bancaires des sociétés étrangères et de leurs complices guinéens, il n’y aura jamais de développement. C’est pourquoi un des axes prioritaires de mon projet repose sur l’instauration de la bonne gouvernance. Le secteur minier est prioritaire dans mon plan de relance économique. Il faut savoir que, de tous les secteurs moteurs de croissance, le secteur minier est le plus important. Avec près de 15 millions de tonnes par an, il représente 85% des recettes d’exportations et 25% des recettes fiscales.

En ce qui concerne les réformes, elles poursuivront deux objectifs : l’intensification de l’activité minière et le renforcement de la valorisation du produit minier. Pour ce faire, plusieurs mesures devront être prises, notamment la restructuration de l’administration minière, la révision du code minier, la promotion de méga-projets miniers dans les domaines du fer et de la filière aluminium, et la mise en place d’infrastructures nécessaires au développement du secteur (chemin de fer transguinéen, port minier en eaux profondes, électrification). Ces réformes concerneront également l’or, le diamant, l’uranium, mais aussi le pétrole, découvert plus récemment. Toutes ces mesures structurelles et promotionnelles ne pourront être efficaces que dans un environnement de stabilité politique, économique et sociale. Les investisseurs sont parfaitement conscients du potentiel minier. A nous de leur offrir un environnement des affaires où leurs droits seront garantis.

 

LA : Ce processus passera-t-il par la révision des contrats miniers signés avec les multinationales occidentales et les compagnies chinoises ? Quel regard portez-vous sur les concessions en cours ?

AIB : Mon objectif principal n’est pas fondamentalement de remettre en cause des contrats signés, mais je m’assurerai de la juste rémunération de l’exploitation de nos ressources. Je rassure donc les investisseurs miniers, la révision éventuelle de certains contrats se fera dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant et dans le respect des intérêts respectifs de chaque partie. Je pourrai me prononcer plus largement sur ces contrats quand j’aurai pris connaissance des clauses et contreparties qui les composent et obtenu les conclusions des conseils. Je ferai appel à l’expertise africaine et internationale pour nous assister dans ce domaine, qui requiert une haute technicité. Je note simplement qu’il y a beaucoup d’opacité autour de ces contrats de concessions, et cela alimente fortement le débat sur la corruption en Guinée.

 

LA : La Guinée dispose de sa monnaie nationale, héritage de l’époque de Sékou Touré. Pensez-vous que cette option est pérenne à l’heure de la construction des grands ensembles ? Faut-il revenir au FCFA ?

AIB : Revenir au FCFA ? C’est l’une de mes priorités et je défends cette thèse depuis plusieurs années. La Guinée mène une politique monétaire souveraine, depuis 1960, qui a profondément contribué à l’instabilité monétaire et économique du pays. Notre développement économique doit être soutenu par une monnaie stable et une orthodoxie financière, pour mettre fin aux dérives de la Banque centrale. Dites-moi… Comment peut-on concevoir qu’un président de la République puisse se rendre personnellement au siège de l’institution pour se servir des devises disponibles ? C’est tout simplement inacceptable.

La Guinée doit absolument renouer avec la bonne gouvernance en observant les standards internationaux en matière de gestion économique et monétaire. La réforme du système monétaire et bancaire doit nécessairement passer par une adhésion à la zone UEMOA et l’adoption du franc CFA. Par ailleurs, la Guinée appartient à un espace politique et économique où elle sera appelée à jouer un rôle déterminant. L’intégration monétaire, une fois réalisée, élargira ses perspectives économiques et renforcera son poids dans la sous-région.

Je ne rappellerai jamais assez que la réussite de notre intégration régionale sera déterminante pour l’émergence de nos économies.

 

LA : L’armée a toujours joué un rôle de premier plan en Guinée. Y-a-t-il des garanties qu’elle ne sorte pas de sa réserve pour soutenir un des candidats ?

AIB : Je pense qu’il faux positiver. Depuis les accords de Ouaga, la junte militaire a affiché une volonté manifeste de rester neutre dans le processus électoral. Pour l’heure, je m’en tiens aux déclarations de bonne intention du général Sékouba Konaté sur sa volonté de tenir l’armée hors du processus électoral. C’est un homme de parole et je pense qu’il représente une garantie assez suffisante de la neutralité de l’armée dans le processus en cours. Toutefois, il ne faut pas oublier que les soldats sont aussi des citoyens disposant de leur droit de vote. Ils donneront leur voix au candidat de leur choix.

 

LA : Comment vous définir, comparé à vos adversaires Lansana Kouyaté et Sidya Touré ? Etes-vous le candidat technocrate face aux purs politiciens ?

AIB : Je crois que vous touchez du doigt une des raisons principales de mon engagement politique. Après 52 ans de pauvreté insoutenable subie par les populations, la politique politicienne dans notre pays a montré ses limites. Notre classe dirigeante a entretenu des divisions fratricides et profondes au niveau politique, ethnique, générationnel et même institutionnel. Le peuple revendique aujourd’hui un changement radical dans la manière de gouverner le pays et il a conscience de la ferme nécessité du renouvellement du leadership politique. Moi, je ne suis pas un politicien par essence et je le revendique. Je suis un technocrate, spécialiste du développement. A mon sens, il existe un élément déterminant qui me différencie de l’essentiel des leaders politiques, candidats potentiels ou déclarés à la prochaine présidentielle. Je n’ai en aucune façon participé, de près ou de loin, à la gestion calamiteuse des ressources de notre pays. Je me considère donc comme un homme neuf, propre et crédible, capable d’incarner et instaurer le véritable changement auquel aspire la majorité des guinéens.

 

LA : Comment vous situer par rapport à vos adversaires comme Lansana Kouyaté et Sydia Touré ?

AIB : Vous citez Lansana Kouyaté et Sydia Touré. Pourquoi ne citer que ceux-là ? D’autres candidats sont en lice. La liste de ceux que vous appelez mes adversaires est loin d’être exhaustive. Mais, sachez que Kouyaté et Sydia sont d’abord des amis de longue date.

 

LA : Quelles chances donnez-vous au candidat Almamy Ibrahima Barry ? Elu dès le premier tour ?

AIB : Soyons réaliste. Le scénario d’un candidat élu au premier tour est peu probable en Guinée, compte de tenu du nombre de candidats et de l’émiettement de l’électorat. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’Almamy Ibrahima Barry a toutes ses chances d’être le prochain président de la République de Guinée. <

Propos recueillis par Adama Wade

AFP - 01/04/2010 à 21h07
Guinée-Bissau: le Premier ministre arrêté par des militaires, menacé de mort

Des militaires mutins en Guinée-Bissau ont arrêté jeudi le Premier ministre et le chef d'état-major de l'armée, et pris le contrôle de la capitale de ce petit pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, plaque tournante d'un important trafic de cocaïne.

Photographe : Francisco Leong AFP/Archives :: Le Premier ministre de Guinée-Bissau, Carlos Gomes Junior, le 16 mars 2010 à Lisbonne
photo : Francisco Leong , AFP/Archives

Les Etats-Unis et le Portugal, ancienne puissance coloniale, ont aussitôt appelé au retour de "l'ordre constitutionnel" dans ce pays, marqué par l'instabilité politique depuis des années, tandis que la France a dénoncé un "coup d'Etat".

Pour sa part, le président du pays, Malam Bacai Sanha, qui n'a pas été inquiété par les mutins, a assuré que la situation était "calme", invoquant une "confusion entre militaires".

Le chef d'état-major adjoint, le général Antonio Indjai, a assuré avoir pris la direction des forces armées, lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP. Il a annoncé qu'il voulait faire juger le Premier ministre Carlos Gomes Junior et a menacé de l'"assassiner" si des manifestations en sa faveur ne cessaient pas.

Jeudi matin, des soldats ont interpellé le Premier ministre au siège du gouvernement pour le conduire dans une caserne, avant de le ramener à son bureau puis à sa résidence privée.

 Les mutins ont également arrêté le chef d'état-major de l'armée, le général José Zamora Induta, et une "quarantaine d'officiers".

A la nouvelle de l'arrestation de M. Gomes Junior, plusieurs centaines de personnes --sympathisants du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap vert (PAIGC, au pouvoir, ex-parti unique)-- se sont rassemblées devant le siège du gouvernement à Bissau pour exiger sa libération.

"Libérez Cadogo (surnom du Premier ministre), nous en avons assez des violences", scandaient les manifestants.

"Je suis en train de perdre patience, si les jeunes continuent encore à occuper les rues, je vais assassiner Cadogo", a assuré un peu plus tard le général Antonio Indjai. "Cadogo est un criminel et il doit être jugé comme tel", a-t-il ajouté.

Auparavant, le général Indjai était apparu devant la presse accompagné par l'ex-chef de la Marine, le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchute, accusé de tentative de coup d'Etat en août 2008 et qui était réfugié dans les locaux de l'Onu à Bissau depuis le 28 décembre 2009.

"Il y a eu une situation de confusion. Il y a eu de la confusion entre militaires qui a débordé jusqu'au gouvernement, mais la situation est calme", a affirmé de son côté le président de Guinée-Bissau, Malam Bacai Sanha, sur la radio portugaise Antena 1.

"Nous allons essayer de travailler afin de résoudre le problème qui existe", a-t-il ajouté.

La Guinée-Bissau, au sud du Sénégal, compte 1,5 million d'habitants qui vivent dans la misère. Baigné par l'Atlantique, il est considéré comme un pays de transit pour le trafic de la cocaïne sud-américaine vers l'Europe.

L'armée est très influente dans ce petit pays, indépendant depuis 1974 et ravagé par une guerre civile à la fin des années 1990, et son implication dans le narcotrafic a souvent été évoquée.

Le Portugal a "condamné avec véhémence" les troubles et appelé au "retour immédiat" de l'ordre constitutionnel dans son ancienne colonie.

Les Etats-Unis ont emboîté le pas: "Nous voulons voir l'ordre constitutionnel restauré dès que possible", a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Philip Crowley, qui a souligné que les Etats-Unis étaient "de façon générale contre les coups d'Etat et la violence".

Le ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, a dénoncé un "coup d'Etat" et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) des "tentatives de déstabilisation".

Le président de la Commission de l'Union Africaine (UA), Jean Ping, a appelé les militaires à "respecter la discipline républicaine" et à "s?abstenir de tout acte susceptible d?avoir un effet déstabilisateur sur le fonctionnement normal des institutions démocratiquement élues".

 

 
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 19:35
Recit

Malade du sida et sans-papiers, il est arrêté en préfecture

On l'appellera Mounir. Il est Tunisien, il a 36 ans, il est arrivé en France en février 2008. Sans titre de séjour, pas même un visa touristique. Installation provisoire chez sa sœur, qui vit dans les Hauts-de-Seine et est mariée avec un Français. Assez vite, il remarque des boutons sur son visage. Séances chez le dermatologue, visites répétées chez le généraliste. Aucun indice. Jusqu'au dépistage VIH - positif.

Surprise de l'intéressé et de sa famille, raconte aujourd'hui Samia, sa sœur, à Rue89. Puis désarroi : Mounir tombe gravement malade, au point d'être hospitalisé le 23 décembre 2008 en urgence. Coma. Il reste cinq mois à l'hôpital, en ressort handicapé : déficit du côté gauche, démarche mal habile et autres.

Dès son séjour à l'hôpital, sa sœur entame une procédure pour régulariser sa situation. Comme il est séropositif et hospitalisé, elle monte un dossier et requiert le « statut d'étranger malade ». Une assistante sociale l'y aide.

Le dossier est complet lorsque, le 15 septembre 2009, Mounir et sa sœur se présentent à la préfecture des Hauts-de-Seine, à Nanterre, pour le déposer. Arrivés au guichet, on les fait attendre. « Assez longtemps », se souvient Samia.

Puis les choses se compliquent :

« On nous a demandé de passer dans un petit bureau, loin du guichet. Arrivés à l'intérieur, on a vu cinq policiers. Ils ont fermé la porte à clef et ont menotté mon frère alors qu'il arrive à peine à bouger la main. »

 

Direction le commissariat de Nanterre. Sur le chemin, on parle à Mounir d'expulsion. Il n'aura même pas eu le temps de déposer son dossier qu'on l'aura arrêté dans les bureaux mêmes de la préfecture.

Une pratique pourtant illégale : les tribunaux se montrent scrupuleux sur ce point de la convention européenne des droits de l'homme. Ils ont sanctionné à maintes reprises l'administration pour « l'arrestation déloyale » de sans-papiers alors qu'ils venaient déposer un dossier de régularisation.

Au commissariat, Mounir a la chance de rencontrer un lieutenant de police outré par une telle arrestation. Il échappe au centre de rétention.

Il vit toujours chez sa sœur aujourd'hui, mais son dossier n'a pas été validé par l'administration. Samia précise que la préfecture n'a même pas daigné passer à l'étape du dossier médical.

De plus en plus de de sans-papiers séropositifs éconduits

Depuis 2005, l'Etat a pourtant mis en garde les préfectures contre une lecture trop rigoriste de la procédure des titres de séjour pour étranger malade lorsqu'il s'agit de sans-papiers séropositifs. Une circulaire de septembre 2005 rappelle ainsi aux administrations (dont les pratiques variaient alors sensiblement) qu'elles ne peuvent pas valablement considérer qu'un étranger, a fortiori issu d'un pays du Sud, aurait accès à un traitement suffisant.

Chez Act up, on précise par exemple qu'il est bien envisageable d'avoir accès aux antirétroviraux en Tunisie ou au Brésil. Mais que l'ensemble du système médical et la situation d'un expulsé restent suffisamment précaires pour que, dans les faits, aucun traitement suivi ne soit possible.

Le cas de Mounir est en fait révélateur d'une tendance au durcissement face aux malades du sida en quête de titre de séjour. Chez Aides 92, on dit recevoir de plus en plus d'étrangers éconduits dès leur première demande.

Act up précise qu'aujourd'hui, une demande sur deux se solde par un refus. Les associations de terrain se mobiliseront d'ici quelques jours contre « les pratiques illégales » à la préfecture de Nanterre. Mounir n'a quant à lui plus de perspectives de régularisation dans les Hauts-de-Seine.

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 19:09

Lettre de mars 2010

Violence politique et traumatismes

 

Engagements :

 

Rencontre de RESEDA

Le réseau francophone de soins et d’accompagnement des personnes exilées victimes de  torture et de violence politique (RESEDA), actuellement coordonné par l’Association Primo Levi, a tenu sa réunion trimestrielle, dans les locaux de l’Association le 19 mars dernier. L’occasion pour le réseau d’accueillir deux nouveaux membres : Parole sans frontières (Strasbourg) et Appartenances (Lausanne). Cette journée a permis de discuter des projets à venir du réseau et notamment de la prochaine journée RESEDA, qui aura lieu à Bruxelles, le 24 juin prochain, dans le cadre de la journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, et qui sera organisée par l’Association Ulysse.

 

Deux représentantes du réseau SAMDARRA (Santé Mentale, Précarité, Demandeurs d’Asile, Réfugiées en Rhône-Alpes) sont également venues présenter leur travail et les projets mis en place dans la région pour mieux coordonner les actions des différents acteurs travaillant auprès des réfugiés.

 

Enfin, et à la suite du colloque d’ISM, auquel plusieurs des associations représentées avaient participé la veille, un échange a eu lieu sur la question de l’interprétariat et sur la nécessité de pouvoir recourir à des interprètes dans le soin aux victimes de la torture. Une action de plaidoyer sera menée dans ce sens par RESEDA dans les semaines à venir auprès du Ministère de la santé.

Le préfet des Hauts-de-seine empêche les étrangers malades d’accéder à leurs droits


L'Association Primo Levi s'associe aux autres associations membres de l'ODSE pour dénoncer les violations systématiques de la loi par la Préfecture du 92 en matière de titre de séjour pour soins.

 

En France, depuis 1998, la loi garantit un titre de séjour aux étrangers atteints de pathologies graves qui n’ont pas un accès effectif aux soins dans leur pays d’origine. En France, la loi doit s’appliquer uniformément sur l’ensemble du territoire. L'ODSE sait que, bien que garanti par la loi, le droit au séjour des étrangers malades est régulièrement malmené par les instructions ministérielles et les pratiques préfectorales. Depuis plusieurs années, à la Préfecture des Hauts-de-Seine, cette atteinte au droit est particulièrement grave : les dysfonctionnements sont organisés et systématiques.  

 

 

 

Colloques et conférences :

 

 

 

 

L'avenir est dans les réseaux


L'Association a participé au séminaire organisé par le Programme Européen pour l'Intégration des Migrants (EPIM - European Program for the Integration of Migrants) qui se tenait à Lisbonne du 15 au 19 mars dernier.


Le programme EPIM, crée en 2005 par onze fondations européennes, est né de la conviction commune qu'une intégration réussie des migrants des essentielle pour l'avenir de l'Europe. EPIM, qui finance des activités de l'Association Primo Levi, soutient des initiatives favorisant l'accès aux droits fondamentaux des migrants dans les sociétés d'accueil. Quinze ONG européennes bénéficient du soutien d'EPIM. Ce dernier séminaire a été consacré à la communication et la place des migrants dans les médias. L'occasion de se confronter aux difficultés rencontrées, d'échanger et de réfléchir collectivement sur les différentes pratiques de chaque partcipant. Une session sur 2 jours de formation à l'évaluation des projets a suivi le séminaire, elle a permis aux bénéficiaires de découvrir ou de mieux maîtriser les outils d'évaluation et surtout, de les mettre en perspective dans la mise en place des projets eux-mêmes.

 

 

 

Actualités de nos partenaires :

 

 

 

Médecins du monde - Exposition

Du 8 au 24 avril 2010 à l'Hôtel de ville de paris

Lundi au samedi de 10h à 19h


L'association présente Femmes, après coup : contre toutes les violences, dire et reconstruire. Une exposition qui s'articule autour d'une installation photographique et sonore pour dire les violences et témoigner des possibles reconstructions.

 

7 témoignages photo et audio de 7 femmes victimes de violences au Guatemala, Haïti, Moldavie, Nicaragua, Pakistan, RDC (Goma et Kinshasa) et France.

 

Les violences - qu’elles soient physiques, psychologiques, économiques ou résultant de pratiques traditionnelles préjudiciables – ne sont plus des abstractions, les visages et les voix ne sont plus ceux de victimes anonymes mais de femmes vivantes. Une parole qui témoigne de leurs parcours et des possibles reconstructions. Plus d'informations

 

 

 

Lectures :

 

 

 

 

 

 

 

Mémoires n° 48 - décembre 2009

Mineurs isolés étrangers : des enfants comme les autres ?

 

En mars 2003, Mémoires avait déjà consacré son dossier central à la question des mineurs isolés étrangers, ces enfants et ces adolescents qui arrivent seuls, souvent sans papiers, dans un pays étranger. Au vu des constats inquiétants, partagés par d’autres professionnels de la santé et de l’accompagnement juridique et social, il nous a semblé important de revenir aujourd’hui sur ce thème, alors qu’est célébré le vingtième anniversaire de l’adoption par l’Organisation des Nations unies de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Au sommaire du dossier :

Mineurs isolés étrangers. Des enfants comme les autres - introduction par Yaëlle Szwarcensztein, rédactrice en chef de Mémoires ;

Quel accueil pour les mineurs isolés étrangers en Europe ? - aperçu de la situation en Espagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni par Daniel Senovilla Hernández, chercheur à Migrinter ;

Mineurs en quête d’asile : des enfants trop souvent exclus du dispositif de protection de l’enfance  - par Aurélia Malhou, juriste au centre de soins ;

Un juge des enfants oeuvrant pour la protection des mineurs isolés étrangers - interview de Geneviève Lefebvre, juge des enfants au tribunal pour enfants de Paris ;

La violence politique aux frontières de l’adolescence - par Véronique Bourboulon, psychologue clinicienne au centre de soins

Une consultation qui ne va pas de soi - par Micheline Benatar, médecin généraliste au centre de soins

Et aussi : 

Terrain : Des mineurs isolés étrangers… à l’isolement des professionnels qui les accompagnent - Laurence Velasco, formatrice à l’Ecole nationale de Protection judiciaire de la jeunesse / Espace enfants et familles : Qu’entendons-nous par mineurs isolés étrangers…

Informations et bulletin d’abonnement disponibles en ligne sur www.primolevi.org, rubrique Informer.

 

 






 



 

David Le Breton. Expériences de la douleur. Entre destruction et renaissance. Paris : éditions Métaillé, 2010, 263 p. (col. « Traversées »)


"La douleur est de tous les jours dans le corps de l'homme et nous ne savons d'elle que peu de choses", écrivait un chirurgien. David Le Breton revient sur l'indicible de la souffrance. À partir de cet événement le plus souvent privé qu'est la douleur, dont on ne sait pas toujours si elle vient du corps ou de l'âme, qui nous met face à cette "condition corporelle" qui fait, comme le notait Descartes, que l'homme est avant tout "fondu en son corps", David Le Breton montre que certes la douleur est une sensation réelle, mais aussi une émotion, voire une perception, autrement dit une activité de déchiffrement sur soi et non le seul décalque d'une altération somatique, autrement dit elle n'est pas seulement une histoire de système nerveux.

David Le Breton consacre un chapitre de cet ouvrage aux personnes victimes de torture ; la torture, violence absolue où la douleur est produite pour ne pas être endiguée. David Le Breton est professeur de sociologie à l'Université de Strasbourg, membre de l'Institut universitaire de France.

 

Anicet Le Pors. Juge de l'asile. Paris : Michel Houdiard éditeur, 2010.

 

Ils sont tchétchènes, serbes, kosovars, turcs, sri-lankais, congolais, maliens, guinéens et de bien d’autres nationalités ou minorités. Ils racontent les persécutions qu’ils ont subies, les menaces graves qui pèsent sur eux et les craintes qu’ils ont de devoir retourner dans leur pays si on les renvoie. Le juge les rencontre au terme d’un parcours semé d’obstacles qui deviennent de plus en plus difficiles à franchir du fait des politiques sécuritaires développées en France et au sein de l’Union européenne. C’est ce parcours qu’illustre l’auteur développant, à partir de son expérience, un point de vue critique rare dans ce milieu. Droit au contenu politique fort, distinct du droit commun des étrangers, le droit d’asile interpelle le mouvement associatif, la représentation politique et l’opinion publique toujours en éveil sur ces questions, mais le plus souvent dans une grande confusion


Alain Vanoeteren et Lys Gehrels. La prise en considération de la santé mentale dans la procédure d'asile. In : Revue du droit des étrangers (Belgique). N° 155, 2009


L'association bruxelloise d'accompagnement psychosocial et thérapeutiques des personnes exilées, Ulysse, publie une étude réalisée en 2008-2009 sur la prise en considération de la santé mentale dans la procédure d'asile.
Cette étude fait suite à de nombreuses discussions et débats sur la question de l'utilisation des rapports psychologiques et médicaux dans le cadre de la procédure d'asile mais aussi sur la manière dont la procédure d'asile recueille le récit des demandeurs d'asile envisagée du point de vue de la santé mentale.

 

 

Recherche bénévole

L’Association Primo Levi recherche un/une bénévole retraité(e) pour le secrétariat et la réception de son centre de soins, disponible 2 demi-journées par semaine. Le centre est situé dans le 11ème arrondissement.

 

Contacter Catherine Pinzuti au 01 43 14 88 50

 

 

 

Nous avons besoin de vous pour agir. Soutenez l'Association Primo Levi, faites un don ! Association Primo Levi

Soins et soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique

107, avenue Parmentier 75011 Paris - Tél. 01 43 14 88 50 - www.primolevi.org

 

 

 

L’Association Primo Levi est soutenue financièrement par la Commission européenne. Les points de vue exposés dans cette lettre d’information reflètent l’opinion de l’Association Primo Levi et, de ce fait, ne représentent en aucun cas le point de vue officiel de la Commission européenne.

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 14:17
Le sarkozysme qui se nourrit de nos divisions a désormais révélé son vrai visage, visage néfaste pour la cohésion et l’unité de notre pays. Ambition démesurément personnelle, connivence avec les puissants, impuissance face à la crise, promotion sans cesse des valeurs de l’extrême droite, abdication face aux communautarismes (CRIF, CRAN, CFCM). Mépris de la volonté du peuple, rupture avec les valeurs de justice, de droit et de solidarité que notre pays a toujours cherché à défendre à travers le monde. Voilà ce qui le caractérise et voilà pourquoi il est aujourd’hui désavoué par les urnes.

En face, hormis nos amis écologistes qui essayent tant bien que mal de renverser la vapeur, il n y a pour le moment aucune opposition crédible.

Les socialistes ont renoncés à la défense des masses populaires, 1ères victimes de la crise économique sans précédent que nous traversons. Ils ont renoncé à la promotion du vivre ensemble dans le respect de nos différences, à la défense des peuples opprimés à travers le monde, à la défense du droit au respect et à la dignité de nos concitoyens notamment afro européens mais aussi des immigrés qui vivent dans notre pays.

N’acceptons plus qu’une partie de nos concitoyens soit sans cesse jetée à la vindicte populaire par une droite décomplexée, qui, parce qu’elle est incapable de sortir notre pays du marasme économique, cherche sans cesse à trouver des bouc émissaires pour masquer ses échecs. N’acceptons plus ces surenchères droitistes nauséabondes qui n’ont d’objectif que de diviser les français, de les opposer les uns aux autres.

A tous, nous proposons une méthode, nous désignons une échéance. Profondément convaincus de la justesse de cette méthode, nous vous appelons à la mettre en œuvre vous-même et pour vous même dans chacune des communes et des cantons de France.

Le moment est venu de transformer cette majorité d’idées en majorité politique, de passer du combat de l’opinion au combat pour le pouvoir. Dans un an exactement, les élections cantonales en constitueront la première occasion. Ce scrutin sera celui de l’émergence et de l’implantation : émergence d’élus d’une espèce nouvelle, de terrain et de conviction ; implantation dans tous les départements ou cela sera possible, installation dans le paysage politique local. Dans des circonscription à taille humaine, des femmes et hommes neufs, honorablement connus, affranchis de la tutelle des partis établis, peuvent, en toute liberté, solliciter et obtenir la confiance de leurs concitoyens.

C’est pourquoi nous vous appelons à vous manifester dès demain en annonçant votre volonté d’être personnellement présent dans cette élection décisive. Nous vous demandons dès aujourd’hui d’être des candidats de rassemblement. Nous nous emploierons pour cela, avec tous ceux qui nous accompagnent, à vous procurer toutes les investitures dont vous souhaitez bénéficier, en adéquation avec la situation locale.

Nous mettrons à votre disposition toute notre expertise pour vous aider dans les formalités administratives, le financement et l’organisation de votre campagne, l’élaboration de votre argumentation. Nous vous fournirons des moyens, site personnalisé, maquettes de documents électoraux et d’articles de presse, collecte nationale de fonds. Nous organiserons un comité de parrainage des candidatures, vivier dans lequel vous puiserez les noms de vos soutiens nationaux. Nous vous proposerons un slogan commun, qu’il vous sera loisible d’utiliser à votre convenance.

Nous vous offrirons enfin, en plus des investitures que nous aurons pu réunir sur votre nom, un label de campagne, identique dans toute la France, qui vous permettra de bénéficier d’une dynamique nationale d’union et de vous préserver localement.

Avant l’été, dans tous les départements, nous devons être en ordre de bataille afin que vous puissiez aller à la rencontre des électeurs dès septembre. Le chemin sera long. Il y a donc urgence. Sans attendre, contactez-nous.

Le succès de nos idées, l’avenir de notre pays est entre vos mains.
Avec vous, avec nous,

Mouvement France Multiculturelle

http://france-multiculturelle.org
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 14:10

  Ibrahima Sylla n'a-t-il pas la même valeur que notre concitoyen Ilan Halimi ?

  ⇒    Par la rédaction, le 01 avr : 10:38

 

JUSTICE - Il a peur que l'on finisse par l'oublier, par gommer de nos mémoires son indicible calvaire en bordure de route, à deux pas du campus de Luminy. "Et le juge, peste-t-il. Il n'a pas fait un acte depuis des mois!" Cheick Doukouré, président de l'association des étudiants guinéens d'Aix-Marseille, s'en est fait le serment : chaque année, tant que cette odieuse affaire ne sera pas résolue, il honorera la mémoire d'Ibrahima Sylla, disparu dans d'atroces circonstances, voici trois ans. Une marche silencieuse, la troisième depuis le crime, sera donc organisée demain. Le cortège partira à 12h30, des grilles du campus de Luminy et rejoindra les lieux du drame. Là même où, le 1er avril 2007au petit matin, le chien d'un riverain découvrait le cadavre supplicié de l'étudiant guinéen âgé de 27 ans. Battu à mort, à coups de pierre et de couteau, Ibrahima Sylla avait ensuite été jeté dans un fossé avant d'être partiellement incendié. L'agresseur, qui s'était particulièrement acharné sur son visage, avait laissé en évidence les papiers d'identité de sa victime.  L'enquête, confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire de Marseille, avait rapidement établi que le jeune homme avait été tué alors qu'il rentrait, à pied, de l'escale Borély, où il faisait la plonge dans un restaurant, afin de subvenir aux besoins de sa famille restée en Guinée. Si le mode opératoire a été rapidement élucidé, en revanche, trois ans après, le mobile reste encore bien mystérieux. Crime raciste ? Meurtre rituel ? Mauvaise rencontre ? Vengeance privée ? Les enquêteurs ont entendu des dizaines de personnes mais aucune piste n'a, pour l'heure, abouti.

 


Rien dans la vie de ce discret étudiant en mathématiques, jeune marié et futur papa, n'a permis de donner un début d'explication à cette fin tragique. "Un garçon lisse", selon le procureur de la République, à l'époque des faits. Aujourd'hui, Cheick Dukouré craint que le dossier ne soit jeté aux oubliettes et que "les assassins, qui courent toujours, restent impunis"."La façon dont il est mort est abominable, martèle-t-il. Et je n'ai pas l'impression que tout soit fait pour retrouver les tueurs!"

À l'approche du troisième anniversaire de sa mort, des messages de colère fleurissent sur Internet, dénonçant notamment "le mutisme des médias et de toute la classe politique française dans l'affaire"... "La douleur des proches est double, souligne Me Alain Lhote, avocat de la partie civile. Non seulement Ibrahima a été assassiné dans des conditions particulièrement barbares mais il n'y a toujours pas de réponse. D'où l'intérêt de rappeler qu'un jeune homme est mort dans les rues de Marseille sans que l'on sache pourquoi. Il ne faudrait pas qu'Ibrahima rejoigne le cimetière des affaires non résolues". La marche silencieuse en mémoire d'Ibrahima Sylla aura lieu demain, à partir de 12h30. Le cortège partira des grilles du campus de Luminy et rejoindra les lieux du drame.

Laetitia SARIROGLOU
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 13:52

PARIS, 1 avr 2010 (AFP)

 

- Le NPA a condamné jeudi l'évacuation d'une centaine de travailleurs sans-papiers par les forces de l'ordre d'un immeuble du VIe arrondissement de Paris, "témoignage d'un durcissement supplémentaire du pouvoir à l'égard des sans-papiers".
  

 "Au lieu de régulariser les travailleurs sans-papiers qui contribuent à produire des richesses que les patrons s'accaparent, le ministère n'a de cesse de traquer et d'expulser les sans-papiers", selon un communiqué du parti d'Olivier Besancenot.
   

Le NPA soutient les onze organisations et syndicats qui "revendiquent une nouvelle circulaire permettant une régularisation globale des travailleurs sans-papiers".
   

Encerclé par les gendarmes mobiles, le groupe a été évacué jeudi matin vers 06H30 des locaux du Fonds d'assurance formation des salariés de l'artisanat du BTP (FAF-SAB), situé rue du Regard (VIe arr.), qu'ils occupaient depuis le 15 décembre 2009.
  

 Pour le parti anticapitaliste, l'intervention policière est le "témoignage d'un durcissement supplémentaire du pouvoir à l'égard des sans-papiers".
  

 Selon la CGT et des élus du Front de gauche, des salariés sans papiers, qui avaient déjà été évacués d'une agence d'interim située sur l'avenue Daumesnil (XIIe arr.), et qui occupaient depuis un trottoir, étaient également en cours d'évacuation par les forces de l'ordre jeudi.
   jud/pr/ag


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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 08:36

Le peuple Emberá Katío du Haut Sinú sont aujourd'hui menacés par un second barrage qui menace d'inonder plus de 50.000 ha. Ils vous demandent leur soutien.
Agissez maintenant!

Les peuples de la famille linguistique Emberá peuplent le Nord-Ouest de la Colombie et le Sud-Est du Panama. Les Emberá Katío font partie de cet ensemble et sont installés dans le département de Córdoba, dans une réserve indigène située dans le bassin du Haut Sinú et de ses affluents. Quatre milles Emberá Katío y vivent, soit cinq cents familles.

En 1993 débute le projet de construction d’un méga-barrage hydroélectrique sur la rivière Sinú, « Urrá I ». Alors que la constitution colombienne prévoit la consultation des communautés indigènes avant tout projet de cette envergure, un consortium détenu à 80% par la société suédoise Skanska démarre la construction du barrage sans consultation.

 

7400 hectares de terres sont inondés. La plupart de ces terres sont fertiles mais des lieux sacrés sont également touchés. L’effet négatif du barrage ne s’arrête pas aux terres, l’hydrologie du fleuve est profondément perturbée. Le cycle du frai des poissons est irrémédiablement coupé et le nombre d’espèces et la taille baisse drastiquement. Les carences dans l’alimentation ainsi que l’apparition du paludisme augmentent les maladies et la mortalité des enfants. Ceux-ci, à la vue des militaires, tombent malade d’une maladie qu’ils nomment la « frayeur ». Les embarcations traditionnelles, peu adaptées au nouveau contexte sont troquées contre des barques à moteur, chères à ravitailler en carburant.

 

Comme si ce n’étais pas assez, l’argent des indemnisations finalement versées aux Emberá Katío amèneront rapidement un mal peu courant jusque alors dans cette société traditionnelles : l’alcoolisme. Des hommes quittent leurs foyers. Toute la société est déstructurées.

L’histoire se répète

Malgré l’engagement du gouvernement colombien de ne pas construire « Urrá II », un nouveau barrage, autrement nommé, est aujourd’hui envisagé. 57.000 hectares devraient être inondés. Des sociétés européennes sont impliquées dans le projet.

Si ce barrage est construit c’est la fin du peuple Emberá Katío. Beaucoup ne savent ni lire ni écrire. Un tel projet signifie concrètement le déplacement vers les villes de nombreuses personnes qui perdront des bonnes terres sans en retrouver. Quelques propriétaires terriens, aidés de paramilitaires, en profiteront.

 

Le futur projet se traduit déjà aujourd’hui par une militarisation accrue du secteur. Prétextant la présence de la guérilla dans la zone, Bogotá a renforcé la présence militaire afin de pouvoir parer à toute éventualité. Avec eux débarques également les Aigles noirs, héritiers des Autodéfenses Unies de Colombie, milice paramilitaire d’extrême droite.

 

Les revendications du peuple Emberà Katío sont les suivantes : l’abandon du projet de construction du barrage et la démilitarisation de leur territoire. Pour cela ils comptent sur vous et sur un réseau international d’organisations de soutien pour alerter et dénoncer l’assassinat de leur peuple. Ils mènent campagne en ce début 2010 et comptent bien se faire entendre.

En savoir plus

Notre thema d'Ikewan n°75 (février 2010) : Les Emberá Katío sous la menace d’un second barrage et Revendications du peuple Embera Katío de l'Alto Sinú

Agissez

Envoyez par courrier papier ou électronique votre avis aux autorités colombiennes.

Ce courrier informe le gouvernement colombien de votre soutien au peuple Embera Katío du Haut Sinú et déplore la construction du barrage Urrá I et les violations des droits de l’homme qui l’ont accompagné. Il affirme que la construction du barrage Urrá II condamnera le peuple Embera Katío à l’extinction. Il rappelle l’engagement en 2000 et 2005 du gouvernement à ne pas construire le barrage Urrá II et en appelle au respect de la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail. Les demandes se résument comme suit :

  • La non construction du méga barrage Urrá II ou Projet rió Sinú,
  • La démilitarisation de la Resguardo, le retrait de tous les groupes armés et le respect du territoire comme zone de paix, exempte de toute opération militaire, avec le soutien international.
  • Que le gouvernement national assure l’application effective des droits à la vie, au territoire, à la souveraineté et à la sécurité alimentaire ainsi que qu’à la santé environnementale des communautés autochtones, des paysans et des pêcheurs du Haut et du Bas Sinú.

Envoyez un courrier électronique

Cliquez sur ce lien, votre client de courrier électronique devrait vous ouvrir le message prêt à envoyer. N'hésitez pas à modifier l'objet du message pour plus d'impact.

Si le lien ne fonctionne pas :

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Excmo. Sr. Presidente Uribe,

Las organizaciones y personas que firmamos la presente carta somos acompañantes solidarios y seguidores de las reivindicaciones por los derechos humanos de los Pueblos Indígenas de Colombia y en particular del Pueblo Embera Katío del Alto Sinú que habita en el Resguardo Indígena del mismo nombre en el departamento de Córdoba.

Como es de amplio conocimiento el Pueblo Embera Katío del Alto Sinú ha sido sometido a innumerables violaciones de sus derechos humanos desde 1993, año en que se inició la construcción de la Represa Urrá I y su posterior llenado en el año 2000.

A esto se añade el peligro que para este pueblo representa la posible construcción del mega proyecto Urrá II o proyecto río Sinú, el cual proyectaría inundar una extensión de 50.000 hectáreas aproximadamente, y que abarcaría 3 de sus principales ríos. Con ello, el Pueblo Embera Katío del Alto Sinú sería condenado a su exterminio como pueblo y como cultura, ya que el mencionado megaproyecto afectaría todo su territorio desde el punto de vista ambiental y sociocultural, obligándolos al desplazamiento. Con la extinción cultural del Pueblo Embera Katío del Alto Sinú, Colombia y el mundo perderían una cultura, una lengua, una cosmovisión y unos conocimientos ancestrales.

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Envoyer des courriers papier

Vous pouvez en faire plus et envoyer un courrier papier aux autorités brésiliennes. Imprimez les courriers ci-dessous, signez-les et envoyez-les à l'adresse indiquées dans l'entête

  • Président de la République, Álvaro Uribe Vélez : PDF - ODT - DOC
  • Vice-Président de la République, Francisco Santos : PDF - ODT - DOC
  • Programme Présidentiel pour les Droits de l’Homme et le Droit International Humanitaire : PDF - ODT - DOC
  • Ministère de l’Intérieur et de la Justice : PDF - ODT - DOC
  • Ministère de la Défense Nationale : PDF - ODT - DOC
  • Ministère de l’Environnement, du Logement et du Développement territorial : PDF - ODT - DOC
  • Ministère des Relations Extérieures : PDF - ODT - DOC
  • Procureur Général de la Nation : PDF - ODT - DOC
  • Défenseur du Peuple au niveau national : PDF - ODT - DOC

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 08:29

 

Des paroles et des actes...ou poisson d’avril ?

mercredi 31 mars 2010

Lutter contre les nuisances, réduire la dépendance pétrolière et limiter le réchouffement global du climat constituent des fondements d’une véritable politique du développement durable.

Aujourd’hui, on dispose de toutes les solutions pour réduire les trafics routiers et aériens. On peut par exemple contenir la circulation automobile dans les centres des agglomérations grâce aux innovations récentes (développement des transports collectifs, de l’usage du vélo, des aires piétonnes ; inter-modalité, covoiturage, auto-partage, tram-train, cadencement des TER…) On peut également réduire le nombre de camions grâce au plan fret d’avenir mais à condition de renoncer à l’abandon programmé de 60% de l’activité wagon isolés par la SNCF. Mais à quoi assiste-t-on dans les faits ?

A des reports d’investissements de transport collectif, à des suppressions de services urbains avec fortes hausses de tarifs qui découragent les automobilistes prêts à changer de comportement (+ 1% de voyageurs/Kms et plus 4,8% de parc automobile en 2009) et à la fermeture de triages et centres ferroviaires.

Le phénomène de périurbanisation n’est pas maîtrisé et engendre des trafics nouveaux, souvent routiers, sur des distances de plus en plus longues.

De très nombreux projets incohérents d’infrastructures ressurgissent : parkings dans les centres (Orléans), pont-levant de Bordeaux, contournement autoroutier de Strasbourg, déclaration d’utilité publique pour la mise à 2 x 3 voies Perpignan/Le Perthus alors que l’infrastructure ferroviaire parallèle rouille, autoroute A45 Lyon-Saint Etienne, sur dimensionnement de l’aéroport de Notre Dame des Landes, gares TGV à la campagne... Ces projets ne sont pas soumis aux critères de la loi Grenelle 1 pourtant votée à l’unanimité et la construction d’un schéma national multimodal d’infrastructures a été mise en sommeil, laissant de coté la grille d’indicateurs de validation des projets à l’aulne du Développement Durable.

L’abandon du fret diffus et de proximité par la SNCF va provoquer, selon une étude « Carbone 4 » commanditée par la SNCF, des rejets supplémentaires de gaz à effet de serre de l’ordre de 300 000 tonnes éq CO2/an. C’est un contresens absolu avec les objectifs du Grenelle de l’environnement.

A cet égard, il est extrêmement révélateur que la semaine du Développement Durable, concoctée par le gouvernement s’exonère totalement du sujet du transport de marchandise. Comment convaincre et mobiliser sur du simple affichage, ou en ne s’évertuant à agir que sur de la sensibilisation individuelle. Les actes qui sont de la responsabilité de la politique publique doivent être concrets, visibles et cohérents. Sans innovation plus radicale, la situation n’évoluera pas de manière décisive dans les dix ou vingt ans à venir, et l’objectif, inscrit dans la loi Grenelle 1, de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre du secteur transport d’ici 2020 ne pourra être atteint.

L’innovation technique concernant les matériels roulants (tramways sur pneus et transports par câble, voiture électrique, moteurs « propres »…) ou les nouveaux usages de l’automobile (projet parisien Autolib), ne saurait permettre, à elle seule, d’atteindre ces objectifs. C’est de réorientation effective du système de transport, comme en avait convenu la négociation du Grenelle de l’environnement, avec adaptation et reconversion progressive de l’industrie liée et d’une réforme fiscale permettant d’aller vers une fiscalité écologiquement efficace et socialement juste, dont il doit être question.

C’est l’innovation politique qui est nécessaire : elle n’est visiblement pas envisagée à ce jour. La semaine du Développement Durable qui s’ouvre le 1er avril est loin de pouvoir s’en prévaloir. Est-ce un poisson d’avril ?

Cette innovation urgente doit permettre de passer de la parole aux actes et radicalement inverser la politique d’investissements, aujourd’hui en faveur du transport individuel et routier.

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 08:25

 

Reclassements à 137 euros en Tunisie

mardi 30 mars 2010, par Frédéric Dayan

Les indécentes propositions de reclassement faites par des entreprises à leurs salariés dans le cadre de plans "sociaux" ont maintes fois défrayé la chronique et sucité l’écoeurement. Cette fois, c’est le fabricant de pneumatiques Continental qui vient de proposer à ses salariés de l’usine de Clairoix (Oise), licenciés dans le cadre d’un PSE, des postes au sein du groupe en Tunisie à 137 euros par mois.
 
Evidemment, cette proposition est qualifiée de "provocation" par la CGT de l’usine. Il faut dire que Continental ne se contente pas de cette "offre" lamentable. Elle se targue en effet de se mettre dans les clous du code du travail : "Il y a une obligation de proposer tout poste disponible en interne correspondant aux compétences des salariés et pour lesquels la langue n’est pas une barrière", tente de justifier un responsable de la communication du groupe. Selon lui, l’entreprise s’expose soit à des poursuites devant les tribunaux si elle ne propose pas ces postes, soit à l’indignation du grand public si elle fait ces propositions jugées indécentes.
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