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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 20:23

Gabon : non à la misère du peuple face à une dictature
"amie de la France" !


Depuis près de 50 ans, le Gabon est sous la coupe de la dictature des Bongo, transmise de père en fils.

Le résultat contesté du décompte des voix lors des élections présidentielles du 27 août 2016 a donné une avance de 5594 voix à Ali Bongo sur son adversaire Jean Ping.

Dans la nuit du 22 au 23 août, des émeutes se sont déroulées à Libreville ; le parlement a été incendié. Les deux candidats revendiquent la victoire et une violente répression s'est abattue sur les manifestants qui contestent l'élection d'Ali Bongo, faisant de nombreux morts.
Le pays, aujourd’hui comme hier, souffre d’une corruption généralisée profitant à la fois au clan au pouvoir et à des multinationales notamment françaises.

Cette situation est en partie une des conséquences de la politique française qui depuis 50 ans soutient le régime Bongo. Le système de "Françafrique", avec la gestion de la monnaie, le Franc CFA par la banque de France, qui avait été dévalué de 50% sans que les pays concernés ne puissent s'y opposer, a généré une faillite des institutions (école, santé, police, armée...). Le Gabon est un des pays les plus riches d'Afrique grâce à ses ressources naturelles en particulier le pétrole dont l'exploitation est faite par Total (au deuxième trimestre 2016, le chiffre d'affaires de Total Gabon s'élevait à 174 millions d'euros soit 20 % de plus qu'au premier trimestre) mais les 2/3 de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Aujourd'hui, l'utilisation d'armes françaises contre les manifestants et la présence de nombreux Français dans la garde présidentielle d'Ali Bongo sont dénoncées par l'association Survie.

Le MRAP appelle à l'arrêt des violences et à la fin de l'ingérence française. Les peuples d'Afrique doivent pouvoir profiter des richesses de leurs pays et pouvoir déterminer librement et démocratiquement leur avenir.

Paris, le 5 septembre 2016

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 20:22
  • Fête de l'Humanité 2016

Les deux stands de la Fondation Gabriel Péri à la Fête de l'Humanité et les débats au Village du livre : 10 septembre à 11h30, présentation du projet Silo ; 11 septembre à 10h, Le franc CFA : quel système monétaire pour l’Afrique ? ; 11 septembre à 13h, Médias et émancipation.

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  • Les rencontres de la fondation

Vers une alternance pacifique au Cameroun à la présidentielle de 2018 ?

Rencontre à l'Espace Oscar Niemeyer le mardi 13 septembre, 18h-21h, à l'occasion de la commémoration de l'assassinat de Ruben Um Nyobé le 13 septembre 1958.

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Rencontre-débat autour du livre "Sortir l'Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le Franc CFA ?"

Rencontre avec les auteurs le vendredi 16 septembre de 18h à 21h, à l'Espace Oscar Niemeyer, pour une présentation du livre et un échange sur le thème "Penser les alternatives au Franc CFA".

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  • Séminaires

Médias et émancipation

"Quelle alliance de classe pour la révolution informationnelle" avec Jean Lojkine, le 28 septembre 2016 à 18h30, Espace Niemeyer.

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Nouveau sur le site

Stoppons nos frappes en Syrie et renforçons l'ONU

(par Chloé Maurel)

La tuerie de Nice le 14 juillet 2016 (83 morts), après celle du Bataclan le 15 novembre 2015 (130 morts) et celles de Charlie Hebdo et de l'hyper cacher de la porte de Vincennes en janvier 2015 confirme un peu plus, aux yeux de beaucoup de nos compatriotes, que nous sommes engagés dans une guerre. Effectivement, la France est clairement engagée militairement en Syrie et en Irak, et ce sur un mode crescendo : depuis les débuts de l'opération « Chammal » en septembre 2014, la France a effectué plus de 4 000 sorties aériennes et a mené plus de 600 frappes, tuant environ 1 100 personnes. Et le président Hollande a affirmé récemment vouloir encore intensifier ces frappes. Il a aussi annoncé vouloir intensifier l'opération « Barkhane » au Sahel, qui est en cours depuis plusieurs mois contre les groupes djihadistes dans le nord du Mali. Et face à l’épuisement de l’armée française déployée pour des missions de surveillance sur tout le territoire français, l’on parle même à présent de faire appel aux réservistes.( ...)

Turquie : d’un coup, l’autre !

(par Michel Rogalski)

Les analystes peinent à caractériser ce qui s’est passé en Turquie le 15 juillet. Coup d’État, contrecoup, purge, reformatage de l’État, … Le discours officiel, faisant mention d’un complot de la Confrérie Hizmet – sorte de franc-maçonnerie musulmane – infiltrée dans la haute administration et l’armée et animée par le prédicateur, en exil aux États-Unis depuis dix-sept ans, Fethullah Gülen, ne rencontre qu’une écoute polie, mais non convaincue des chancelleries. Mais tous s’accordent à penser que se qui s’est passé ainsi que la suite des événements relèvent de la plus haute importance et pourrait constituer un séisme pour la région, tant le rôle et la place qu’y joue le pays sont essentiels. (...)

La Pensée n° 386

Kant en ses révolutions

· Présentation

· La politique du transcendantal, par Magali Rigaill

· La révolution idéaliste, par Paul Clavier

· Personnalité et raison archétype dans la philosophie pratique, par Luc Vincenti

· Une anthropologie pour la révolution de l’autonomie, par Monique Castillo

· Le rapatriement critique du théologico-politique, par Hadi Rizk

· Le réformisme en révolution, par Christian Ferrié

· La révolution sans la révolution ?, par Jean-François Kervégan

· Fonction et sens de la Revolution chez Kant, par Kostas Tsampouras

· Le libre jeu de l’imagination esthétique : révolution ?, par Annie Ibrahim

· Le sens du temps, par Guillaume Pigeard de Gurbert

Confrontations

· A propos de l’Accord sur le climat adopté à Paris, par Gérard Le Puill

Vie de la recherche

· Rousseau contre le « système de finance », par René Lacroix

ISBN : 978-2-37526-004-3, n°386 Avril-juin 2016

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 18:12

NON AU TAFTA, UN TRAITÉ INIQUE, QUI ENFREINT LES TEXTES DES NATIONS UNIES !

CHLOÉ MAUREL

Docteure en histoire, spécialiste des Nations unies

Le traité sur la mise en place d'une zone de libre-échange transatlantique (désigné par son sigle anglais TAFTA ou TTIP), qui est en cours de négociation dans la plus grande discrétion entre les dirigeants des États-Unis et de l'Union européenne (UE), et qui pourrait aboutir à la création de la plus vaste zone de libre-échange du monde (29 États, 820 millions d’habitants, de part et d’autre de l’Atlantique), serait très néfaste pour les travailleurs. Prévoyant l'élimination des droits de douanes, la suppression des « obstacles non-tarifaires » au commerce (comme le contrôle sur la qualité des importations), l'harmonisation des normes et des réglementations, il pourrait faire sauter les normes européennes en matière sociale ou environnementale, qui sont plus avancées que celles des États-Unis. Ainsi, cela pourrait remettre en cause la liberté syndicale, ou ouvrir l'Europe au boeuf aux hormones américain...

En outre, le TAFTA prévoit que les grandes multinationales, si elles s'estiment « discriminées » par une réglementation, peuvent réclamer des indemnités aux États, devant des tribunaux d’arbitrage privés. Elles auront le droit de faire condamner des États par des tribunaux d'arbitrage privés opérant en dehors de la juridiction nationale, les ISDS («investor state dispute settlement»).

Dans ces tribunaux privés, ce n'est même pas un magistrat officiel qui juge, mais l’entreprise plaignante qui choisit un premier arbitre, l’État poursuivi un autre, et les deux parties, un troisième. Ces arbitres sont choisis dans un cercle très étroit et fermé, et très favorable aux milieux d'affaires. «On confie à trois individus privés le pouvoir d’examiner, sans aucune restriction ni procédure d’appel, toutes les actions du gouvernement, toutes les décisions de ses tribunaux, toutes les lois et régulations émanant de leur parlement. », comme le résume Juan Fernandez-Antonio, lui-même arbitre international, interviewé dans Fakir[1]. Ces ISDS fournissent une protection aux investisseurs mais pas aux États ni à la population. Ils permettent aux investisseurs de poursuivre des États, mais pas l'inverse ! Par exemple, le groupe nucléaire suédois Vattenfall poursuit en justice le gouvernement allemand pour sa décision d'abandonner l'énergie nucléaire après la catastrophe de Fukushima, et l'entreprise français Veolia, qui avait lancé une filiale de traitement des déchets en Égypte, filiale qui avait peu fait recette, a attaqué le gouvernement égyptien pour avoir augmenté le salaire minimum à la suite de la révolution arabe de 2011. Ces affaires ont déjà coûté aux gouvernements des centaines de millions d'euros. Cette justice est si inique que certains pays ont décidé de l’abandonner : l’Australie, la Bolivie, l’Équateur, l’Afrique du Sud.

Le TAFTA constitue aussi une grave menace pour l’exercice du droit syndical et les protections sociales, comme le salaire minimum. En effet les normes sociales seraient uniformisées sur celles des États-Unis. Or ce pays ne reconnaît pas la plupart des conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la protection des travailleurs (liberté de réunion, droit aux négociations collectives), car il les considère comme des entraves au commerce et à la libre concurrence.

Au nom du respect de la sacro-sainte «concurrence libre et non faussée», les multinationales pourraient par exemple obliger des États à privatiser entièrement les services de santé! Les multinationales pourraient aussi contester les standards de l’OIT comme discriminants, elles pourraient faire valoir que la protection des travailleurs et des droits syndicaux sont des obstacles au commerce et au libre échange.

De plus, le TAFTA va à l'encontre de plusieurs textes importants des Nations unies, comme les conventions de l'OIT et le principe directeur n°9 de l'ONU sur les affaires et les droits de l'homme, qui prévoit que les États doivent s'assurer que les accords sur commerce et l'investissement ne contraignent pas leur capacité à assurer leurs obligations concernant les droits de l'homme. Un expert des Nations unies, l'avocat américain d'origine cubaine Alfred de Zayas, s'est récemment publiquement élevé contre le TAFTA et a réclamé la suspension des négociations menées entre États-Unis et Union européenne pour faire adopter ce projet. Alfred de Zayas, nommé « rapporteur spécial de l'ONU sur la promotion d'un ordre international démocratique et équitable», a préparé pour l'ONU un rapport sur les tactiques utilisées par les multinationales dans les négociations du TAFTA pour arriver à leurs fins. Il juge sévèrement les ISDS, qui constituent selon lui «une tentative d'échapper à la juridiction des tribunaux nationaux et de contourner l'obligation de tous les États d'assurer que toutes les affaires juridiques soient traitées devant des tribunaux indépendants qui soient publics, transparents, responsables et susceptibles d'appel». Il ajoute que le TAFTA enfreindrait la Charte de l'ONU, signée par tous les États membres: en effet, «l'article 103 de la Charte de l'ONU dit que s'il y a un conflit entre les dispositions de la Charte et n'importe quel autre traité, c'est la Charte qui prévaut»[2].

Le TAFTA pourrait ainsi aggraver dramatiquement la pauvreté et la précarité dans l'Union européenne. Face à ces dangers, la CNUDCI, Commission des Nations unies pour le droit commercial international, a adopté en 2014 la «Convention sur la transparence dans l'arbitrage entre investisseurs et États fondé sur des traités»: c'est un ensemble de règles de procédure qui visent à rendre publiquement accessibles les informations sur les arbitrages entre investisseurs et États découlant de traités d'investissement, de sorte que tous les textes du TAFTA soient rendus publics afin que dans tous les pays de l'UE, les parlementaires et les citoyens aient du temps pour les examiner et les évaluer de manière démocratique. C'est un pas vers plus de transparence dans les jugements rendus par les ISDS.

C’est maintenant à nous, les peuples, de peser pour que les textes et les valeurs humanistes de l’ONU prévalent sur ces tribunaux arbitraires qui sont l’expression du néolibéralisme le plus effréné, et de faire pression pour que le TAFTA ne soit pas adopté.

Août 2016

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

6, av. Mathurin Moreau; 75167 Paris Cedex 19

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[1] Sylvain Laporte, « TAFTA: les tribunaux du diable », Fakir, n°69, avril 2015, http://www.fakirpresse.info/tafta-les-tribunaux-du-diable

[2] « UN calls for suspension of TTIP talks over fears of human rights abuses », The Guardian, 5 mai 2015, consultable en ligne sur https://www.theguardian.com/global/2015/may/04/ttip-united-nations-human-right-secret-courts-multinationals

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 18:11

Assez de violences xénophobes et racistes

Dans le nord-est parisien, dans les villes d’Aubervilliers, Stains, La Courneuve,

Pantin, les agressions des personnes d’origine asiatique par des bandes organisées se multiplient.

La mort de Zhang Chaolin à Aubervilliers, déclenche une juste colère.

Ces agressions sont le résultat de préjugés racistes largement entretenus, qui laissent entendre que les personnes asiatiques seraient particulièrement plus riches que les autres, les exposent à la violence, à la mort dans le cas de Mr Zhang.

Le développement de ces préjugés, la banalisation de la violence, s'inscrivent dans un climat délétère qui entretient les clivages plutôt que la valorisation du « vivre ensemble », la connaissance de l'autre.

Elles sont aussi le résultat de la déstructuration des associations, et des services publics de proximité qui favorisaient l' « en commun » en multipliant les moments de rencontres et le respect des trajectoires spécifiques.

Le MRAP exige pour monsieur Zhang Chaolin une justice qui prenne en compte les circonstances aggravantes que constituent les motivations racistes de ce crime.

Il s'inscrit dans toute démarche visant à déconstruire les préjugés. L'éducation populaire ne doit pas être un vain mot porté par la bonne volonté de quelques forces militantes mais doit être un axe fondamental d'une politique d'Etat volontariste. Elle doit par le biais d'associations de proximité être accessible aux habitants des quartiers dits périphériques.

La lutte contre les préjugés, l'égalité des droits et de traitement sont les seules réponses efficaces au racisme qui se développe sur l'ensemble de notre territoire.

La Seine-Saint-Denis, riche de ses migrants, doit continuer à être un endroit dynamique où il fait bon vivre toutes et tous ensemble.

Le MRAP renouvelle ses condoléances à la famille de Zhang Chaolin, et se met à sa disposition pour toute éventuelle démarche, y compris judiciaire.

Il appelle à la manifestation de

Dimanche 4 septembre 2016 à Paris,

Départ : 14h place de la République

Arrivée : place de la Bastille.

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 18:25
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 18:24

Air France : La chasse aux sorcières continue !

lundi 8 août 2016

Il n’y a pas de conquêtes sociales sans libertés syndicales. Gouvernement et Medef, en pleine lune de miel depuis 2012, l’ont bien compris : ils veulent museler le monde du travail pour imposer leurs réformes antisociales !

La chasse aux sorcières, qu’ils mènent contre toute forme de lutte et de contestation notamment envers les militants de la CGT, continue de plus belle.

Suite à l’affaire dite de « la chemise », le 5 octobre 2015, la direction d’Air France a décidé de licencier Vincent Martinez, délégué du personnel, élu CGT. L’Inspection du Travail s’est alors saisie du dossier, et après enquête, a invalidé le licenciement de notre collègue le 20 janvier 2016.

Air France, ne pouvant accepter cette décision, pourtant motivée sur un courrier de quatre pages, a envoyé un recours hiérarchique auprès de la Ministre du Travail, Myriam El Khomri. Celle-ci avait quatre mois, à compter du 3 février 2016, pour statuer sur cette demande de licenciement.

N’ayant reçu aucune réponse en date du 3 juin, le licenciement de Vincent a été implicitement rejeté, conformément à l’article R2422-1 du Code du Travail. Or, le 5 août, Vincent a reçu un courrier du Ministère du Travail lui notifiant l’annulation de la décision de l’Inspection du Travail, c’est-à-dire donnant l’autorisation (tant recherchée) à Air France de le licencier. Nous nous étonnons d’une telle décision !

Myriam El Khomri désavoue ainsi l’Inspection du Travail en revenant sur une décision pourtant longuement motivée. Après ceux déjà utilisés pour La loi Travail, il s’agit ni plus ni moins d’un nouveau 49.3 !

Après les Goodyear, condamnés à des peines de prison ferme, le pouvoir décide de frapper un grand coup contre les salariés d’Air France qui ont osé se dresser contre une politique « sociale » désastreuse et mortifère pour l’emploi. 16 de nos collègues d’Air France seront jugés à Bobigny.

La CGT condamne toute forme de répression visant à tenter de museler la moindre contestation. Elle apporte son soutien à tous les salariés injustement incriminés et appelle à manifester les 27 et 28 septembre 2016 devant le Tribunal de Grande Instance de Bobigny pour la relaxe des 16 d’Air France.

Montreuil, le 8 août 2016

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 18:44

SOMMET DE L’OTAN À VARSOVIE : UN PARFUM DE GUERRE FROIDE

Jacques Le Dauphin

Directeur de l’Institut de documentation et de recherche sur la paix.

L’Otan s’est réunie en sommet à Varsovie les 8 et 9 juillet 2016. On notera que c’est la première fois qu’un sommet de l’Otan se tient dans un pays de l’est européen. Ce choix est symbolique de l’orientation prioritaire que l’on entendait donner à une telle rencontre. Si l’agenda comportait les réactions à un arc d’insécurité et d’instabilité existant aujourd’hui, en particulier au Moyen-Orient, il se voulait centré tout particulièrement sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la Russie, en réaffirmant une position commune.

Dès le début du sommet l’accent fut porté sur le relationnel avec la Russie et la nécessité d’établir une réelle dissuasion à son égard, laquelle serait garante de la sécurité collective en Europe. Les termes employés à ce sujet pouvaient rappeler les motivations qui avaient présidé à la création de l’Otan en 1949 vis-à-vis de l’Union Soviétique. Aujourd’hui c’est de la Russie qu’il s’agit. Est-ce la découverte d’une machine à remonter le temps ? On peut penser qu’en panne de raison d’être et de missions, l’Otan pour justifier son existence a besoin de faire valoir une menace, un ennemi désigné, en l’occurrence la Russie.

« Fermeté », »dialogue » furent préconisés à son égard. Lors du débat quelques pays tendaient à privilégier le dialogue, mais, sans occulter le dialogue une majorité optait pour la fermeté. En définitive le consensus s’est établi sur cette base. Ainsi le communiqué présenté par les chefs d’Etat et de gouvernement motive ce choix en ces termes « les actions agressives de la Russie, y compris son activité provocatrice à la périphérie du territoire de l’Otan, sa volonté avérée d’atteindre des objectifs politiques sous la menace de la force, présentent un défi fondamental pour l’Alliance ». Ainsi la Russie représente une menace stratégique par ce qu’elle réagit contre les avancées de l’Otan dans sa zone d’influence. De fait l’Alliance dissuade mais ne veut pas être dissuadée. C’est dans cet esprit que la Russie est considérée comme une menace existentielle, la fermeté s’imposerait donc et certain pays comme la Pologne pensent que l’Otan « se doit de montrer les dents ».

Le plus gros déploiement militaire aux frontières de la Russie

Décision a été prise de déployer quatre bataillons dans les Etats baltes et en Pologne. Ce renforcement va se traduire, notamment par l’envoi de 4 000 hommes (encadrés par quatre pays, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Canada), au plus près de la Russie. Le secrétaire général de l’Otan a déclaré « ces bataillons seront robustes et multinationaux (...) une attaque contre un allié sera ainsi considérée comme une attaque contre toute l’Alliance ». Ces troupes seront appuyées par la force « fer de lance », force de réaction très rapide, comptant 5 000 hommes et capable d’arriver sur place en quelques jours. Par ailleurs les Etats-Unis se proposent de déployer en 2017 une brigade blindée de 4 200 hommes, dont le quartier général sera situé en Pologne. Comme l’a déclaré le président Obama « la Pologne verra une présence accrue du personnel de l’Otan et des Etats-Unis, avec les équipements militaires les plus modernes ». Dans le sud de l’Europe, l’Otan entend s’occuper de plus en plus de la sécurité de la Roumanie et de la Bulgarie qui s’inquiètent du renforcement du dispositif militaire russe en mer noire. Elle prévoit d’envoyer une force destinée à rassurer ces pays, car à souligné un responsable américain, « nous percevons dans la zone de la Mer noire des signes d’intimidation ».

Bouclier antimissiles

Le bouclier antimissiles est un projet américain de longue date. Sous la pression des États-Unis, l’Otan a pris en 2010 la décision de déployer un tel système sur le territoire européen. Le sommet a donné le coup d’envoi. Ce système disposera dorénavant d’une capacité opérationnelle initiale. Les installations basées en Turquie, en Roumanie et en Espagne sont maintenant en mesure de fonctionner. Le quartier général sera situé à la base de Ramstein en Allemagne. Il reste que ce bouclier pose questions au sein de l’Alliance. Les Etats-Unis maîtrisent totalement le projet, ils ont déjà investi 200 milliards de dollars. Le poids américain est donc déterminant. Dans cet esprit des craintes se sont exprimées sur le coût d’une telle réalisation à laquelle tous les membres seraient amenés à contribuer, et sur la fiabilité réelle du projet sur le territoire européen, que des experts tendent à remettre en cause. Le commandement du bouclier sera-t-il américain, plaçant de facto la sécurité des Européens sous la dépendance directe des États-Unis ? La question peut se résumer ainsi, qui décidera de l’interception et qui prendra la décision de réagir ? Dans le débat le secrétaire général de l’Otan a précisé « que ces installations fonctionneront sous commandement de l’Otan et sous son contrôle ». Lorsqu’on connait le leadership exercé par les Etats-Unis au sein de l’Organisation on ne peut qu’être septique sur cette affirmation. Les réserves françaises ne sont pas levées, concernant l’autonomie de sa force nucléaire. En effet le bouclier, compte-tenu des délais opératoires suppose une réponse unique. Sauf à intégrer la force nucléaire française dans un partenariat avec les dispositifs américain et britannique on ne voit pas la solution. La France s’est cependant rangée à la volonté américaine de déclarer opérationnelle la première brique du bouclier antimissiles de l’Otan.

Les réactions russes

Le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov a déclaré « lorsqu’une organisation qui fait de vous un ennemi s’approche, il faut réagir ». Ainsi la Russie déploie hommes et matériels, y compris des systèmes de défense anti-aériens et des missiles à Kaliningrad, l’enclave russe aux confins de la Pologne et de la Lituanie. L’armée russe mène des investissements dans les armes de précision et des équipements de déni d’accès, tels ses S400 qui créent une « bulle » au dessus de la Syrie. Ce sont ces capacités duales (conventionnelles et nucléaires) qui sont présentées par l’Otan comme une « sanctuarisation agressive. Mesures défensives agressives de part et d’autres sont placées au centre du débat. Par ailleurs depuis des années le projet de bouclier antimissiles constitue avec l’élargissement de l’Otan jusqu’aux frontières de la Russie une pomme de discorde entre l’Otan et Moscou. Ce dernier y voyant une rupture de l’équilibre stratégique et par conséquent une menace pour sa sécurité. C’est un redoutable problème stratégique, d’autant que le Pentagone prépare le lancement d’un programme de missiles de croisière nucléaires intercontinental. La Russie réagira. A ce rythme on s’achemine vers la reprise de la course aux armements nucléaires après 2021, date de l’expiration de l’unique accord de désarmement encore en vigueur (traité START) c’est à cette escalade que conduisent les décisions prises au sommet de l’Otan.

Coopérations Otan-UE renforcées

Jens Staltenberg a déclaré que le moment était venu de faire évoluer la relation entre l’Otan et l’Union européenne. En ce sens furent invités au sommet Donald Tusk et Jean-Claude Junker, respectivement président du Conseil européen, et de la Commission européenne. En marge du sommet ils ont rencontré Barack Obama, pour une réunion des dirigeants de l’Union européenne et des États-Unis. Ils ont signé une déclaration commune préconisant un renforcement de la coopération pratique dans certains domaines, telles que « le développement de capacités de défense cohérentes, complémentaires et interopérables ». Selon Jens Staltenberg « l’Otan et l’Union européenne ayant les mêmes intérêts stratégiques sont confrontées aux mêmes défis. Composées en grande partie des mêmes Etats (22 membres en commun), elles partagent les mêmes valeurs ». La démarche est claire, par le biais de l’Otan, les Etats-Unis font pression pour entrainer toujours davantage les Européens dans leur sillage afin d’adopter leur conception purement militaire de la sécurité européenne. Cette conception serait-elle la seule voie ? Une autre conception serait possible, plus réaliste, moins dangereuse, plus pacifiste, celle d’une sécurité paneuropéenne. Mais dans cet esprit l’Otan est un obstacle à lever pour permettre aux Européens d’acquérir une véritable autonomie stratégique. La France se grandirait à la faire valoir, en préconisant notamment la sortie de l’Otan, du moins pour elle-même. C’est une démarche à faire grandir dans l’opinion

Juillet 2016

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

6, av. Mathurin Moreau; 75167 Paris Cedex 19

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 20:27

Communiqué du MRAP 93

Deux expulsions viennent d'avoir lieu sur notre territoire le 6 juillet à Coignet à Saint Denis, le 26 juillet à Saint Ouen.

Les occupants de Coignet étaient suivis par le Préfet de région dans le cadre d'une plateforme dite "Accompagnement Insertion Orientation Soutien (AIOS 1)". Elle s'est révélée inefficace en termes d'alternatives de logement et d'accompagnement.

Les occupants de Saint Ouen, installés de longue date n'étaient pas suivis.

La récente expulsion du bidonville des Poissonniers à Paris le 3 février démontre qu'en absence de propositions durables, les bidonvilles se reconstituent dans la proximité territoriale (Saint Denis, Pierrefitte, Saint Ouen...)

Nous savons que des menaces pèsent sur le terrain Wilson et au 51 rue de Strasbourg tous deux à Saint-Denis.

Le MRAP 93 considère que ces deux terrains constituent une urgence d'intervention pour la nouvelle plateforme régionale gérée par M. Normand sous l'égide de M. Carenco le Préfet de Région. Cette nouvelle plateforme dite AIOS 2 doit tirer des leçons des échecs précédents et se fixer des objectifs de solutions alternatives pérennes, autres que des nuitées d'hôtels ou la reconstitution de bidonvilles souvent à proximité ou dans les villes voisines, afin de sortir dignement de la précarité et construire des projets de vie.

Les associations de terrain doivent être informées et être associées au comité de pilotage chargé du suivi et de l'avancement des dossiers.

Les collectivités quant à elles doivent pendant cette période prévenir au mieux tout risque d'accident, d'épidémie et assurer le confort et l'hygiène.

Nous constatons que les bidonvilles sont majoritairement installés sur des territoires socialement fragiles : c'est un handicap pour la qualité de l'accès aux droits fondamentaux. L'Etat doit être plus efficacement présent dans nos territoires où se concentrent le plus de bidonvilles, territoires qui, se sentent trop souvent, du fait des discriminations multiples, les oubliés de la République.

La disparition des bidonvilles, doit obéir à une autre logique que l'expulsion sèche, quels que soient les prétextes invoqués. Un véritable plan régional doit organiser l'accompagnement et l'accueil de ces minorités maltraitées au sein de petites structures réparties sur la région et qui valorisent les compétences et le savoir-faire des Roms.

Toutes les collectivités doivent être concernées, y compris de manière contraignante.

Bobigny, le 26 juillet 2016

Marie-Annick Butez

Trésorière

MRAP

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 19:06
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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 19:34
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