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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 21:39
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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 20:59

Le Nouvel Obs pris en flagrant délit de mensonge concernant Jean-Luc Mélenchon
Publié par Matthieu Lépine le 2 juin 2013
·

Jeudi dernier, Jean-Luc Mélenchon participait à l’émission Touche pas à mon poste sur D8 (je n’analyserai pas ici sa prestation, ceci à déjà été très bien fait). Quelques minutes après son arrivée, une salariée de la chaine est intervenue en direct, afin de dénoncer les baisses de salaire imposées par la direction aux intermittents du spectacle. Le lendemain, Bruno Roger-Petit, chroniqueur sur le Plus du Nouvel Observateur, décidait de consacrer son billet hebdomadaire à cet événement. Cependant, plutôt que de relayer le message de l’intermittente et de dénoncer à son tour les conditions de travail sur la chaine du groupe Canal +, celui-ci a préféré s’attaquer de façon éhontée à Jean-Luc Mélenchon. Probablement dans le but de faire parler de lui, le journaliste a consacré un article entier à accuser le coprésident du Parti de gauche d’être resté silencieux face à la détresse de cette salariée précaire. Pourtant, la réalité fut bien différente…

« La direction de D8, notre employeur, nous a traité avec beaucoup de mépris »

L’intermittente ayant interrompu l’émission de Cyril Hanouna est Sophie Tissier, une mère célibataire âgée de 34 ans. Depuis plus de deux ans, elle est opératrice prompteur sur D8. Elle travaille pour l’émission Touche pas à mon poste depuis le mois d’octobre. Interrogée par les Inrocks, elle est revenu sur sa prise de parole afin d’expliquer ce qui l’a poussé à intervenir et surtout de dénoncer le sort réservé aux intermittentes sur D8.

« Si je suis intervenue de cette manière pour dénoncer des baisses de salaires, c’est que la direction de D8, notre employeur, nous a traité avec beaucoup de mépris. Ce mépris m’a amené à pousser ce coup de gueule, car je n’ai pas vu d’autres issues. J’ai subi une baisse de salaire à partir de mai de 22 %. Je l’ai appris seulement quinze jours avant de façon informelle. Quand j’ai demandé à mon directeur technique de pouvoir négocier avec la DRH, il m’a ri au nez et m’a dit : ici on ne négocie pas. C’est à prendre ou à laisser ».

Révoltée par cette situation, elle avoue avoir jugée la venue de Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de l’émission phare de la chaine comme « le bon moment » pour intervenir. « Touchée » par son discours sur le monde des médias au début de l’émission, elle s’est alors lancée et est intervenue quelques minutes après son arrivée.

Pour le Nouvel Observateur, Jean-Luc Mélenchon est resté muet face à la détresse de l’intermittente

La suite, voilà comment Bruno Roger-Petit et le Plus du Nouvel Obs la présentent le lendemain. Dans son billet, le journaliste reproche à Jean-Luc Mélenchon ne pas être intervenu, de ne pas avoir demandé la parole, d’avoir abandonné la jeune intermittente qui espérait « peut-être, un mot de soutien ».

Le journaliste y voit une « faute politique ». « Mélenchon ne peut rien. Jean-Luc Mélenchon, dénonciateur des travers du système dont il est pour un soir l’acteur objectivement complice ». Le coprésident du Parti de gauche serait donc, non seulement impuissant, mais surtout insensible à la cause des salariés précaires. Pire, il serait le complice d’un système qu’il avait lui-même dénoncée (« le monde des médias est une machine à broyer »), quelques minutes avant l’intervention de la salariée de D8.

Voilà donc comment le Nouvel Observateur fait du journalisme. Il sort deux minutes d’un passage télé qui en fait cinquante ; les analyse avec un objectif précis (ici, s’attaquer à Jean-Luc Mélenchon) ; ne fait jamais référence à ce qui s’est passé avant, ni à ce qui se passera ensuite ; et surtout, se garde bien de recueillir le témoignage des acteurs de la scène. Voilà ce qu’on appelle le journalisme version Petit journal. Un journalisme mensonger basé sur la manipulation

Car en réalité, Jean-Luc Mélenchon n’est pas resté insensible à l’intervention de la jeune intermittente. Bien au contraire. Il suffit pour cela de regarder la suite de l’émission, ce que Bruno Roger-Petit n’a visiblement pas fait !

« Une personne payée avec un lance-pierre, n’est pas en état de se rebeller »

En effet, le co-président du Parti de gauche a passé plusieurs minutes après le départ de la jeune précaire à dénoncer les conditions de travail des intermittents et donc à relayer son message.

« Le système repose sur une exploitation terrifiante des gens. C’est terrible ce qui est fait aux intermittents du spectacle, cette espèce de vie à crédit, où on vous tient(…), jusqu’à des femmes qui ont du cacher leur maternité parce que sinon elles n’accédaient pas aux droits auxquels elles avaient droit ».

« Dans les rédactions vous avez une proportion considérable d’intermittents du spectacle, de gens qui sont en stage, qui sont payés avec dans lance-pierres. (…) Beaucoup de gens vivent avec des toutes petites payes. (…) Une personne payée avec un lance-pierre, n’est pas en état de se rebeller. Quand tu as besoin de manger tu te tais, quand ton chef est là tu lui dis oui chef, sinon tu manges pas ».

« La pauvreté, la précarité, l’étranglement des gens, génèrent un produit médiatique globalisé. Voilà comment se fabrique le nivellement vers le bas. (…) Si on paye bien les gens, si on stabilise leur statut social, on peut espérer avoir une information de meilleur qualité, plus respectueuse des gens et des points de vue différents ».

Le Nouvel Obs pris en flagrant délit de mensonge concernant Jean-Luc Mélenchon
Publié par Matthieu Lépine le 2 juin 2013 · 2 Commentaires

Jeudi dernier, Jean-Luc Mélenchon participait à l’émission Touche pas à mon poste sur D8 (je n’analyserai pas ici sa prestation, ceci à déjà été très bien fait). Quelques minutes après son arrivée, une salariée de la chaine est intervenue en direct, afin de dénoncer les baisses de salaire imposées par la direction aux intermittents du spectacle. Le lendemain, Bruno Roger-Petit, chroniqueur sur le Plus du Nouvel Observateur, décidait de consacrer son billet hebdomadaire à cet événement. Cependant, plutôt que de relayer le message de l’intermittente et de dénoncer à son tour les conditions de travail sur la chaine du groupe Canal +, celui-ci a préféré s’attaquer de façon éhontée à Jean-Luc Mélenchon. Probablement dans le but de faire parler de lui, le journaliste a consacré un article entier à accuser le coprésident du Parti de gauche d’être resté silencieux face à la détresse de cette salariée précaire. Pourtant, la réalité fut bien différente…

« La direction de D8, notre employeur, nous a traité avec beaucoup de mépris »

L’intermittente ayant interrompu l’émission de Cyril Hanouna est Sophie Tissier, une mère célibataire âgée de 34 ans. Depuis plus de deux ans, elle est opératrice prompteur sur D8. Elle travaille pour l’émission Touche pas à mon poste depuis le mois d’octobre. Interrogée par les Inrocks, elle est revenu sur sa prise de parole afin d’expliquer ce qui l’a poussé à intervenir et surtout de dénoncer le sort réservé aux intermittentes sur D8.

« Si je suis intervenue de cette manière pour dénoncer des baisses de salaires, c’est que la direction de D8, notre employeur, nous a traité avec beaucoup de mépris. Ce mépris m’a amené à pousser ce coup de gueule, car je n’ai pas vu d’autres issues. J’ai subi une baisse de salaire à partir de mai de 22 %. Je l’ai appris seulement quinze jours avant de façon informelle. Quand j’ai demandé à mon directeur technique de pouvoir négocier avec la DRH, il m’a ri au nez et m’a dit : ici on ne négocie pas. C’est à prendre ou à laisser ».

Révoltée par cette situation, elle avoue avoir jugée la venue de Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de l’émission phare de la chaine comme « le bon moment » pour intervenir. « Touchée » par son discours sur le monde des médias au début de l’émission, elle s’est alors lancée et est intervenue quelques minutes après son arrivée.

Pour le Nouvel Observateur, Jean-Luc Mélenchon est resté muet face à la détresse de l’intermittente

La suite, voilà comment Bruno Roger-Petit et le Plus du Nouvel Obs la présentent le lendemain. Dans son billet, le journaliste reproche à Jean-Luc Mélenchon ne pas être intervenu, de ne pas avoir demandé la parole, d’avoir abandonné la jeune intermittente qui espérait « peut-être, un mot de soutien ».

Le journaliste y voit une « faute politique ». « Mélenchon ne peut rien. Jean-Luc Mélenchon, dénonciateur des travers du système dont il est pour un soir l’acteur objectivement complice ». Le coprésident du Parti de gauche serait donc, non seulement impuissant, mais surtout insensible à la cause des salariés précaires. Pire, il serait le complice d’un système qu’il avait lui-même dénoncée (« le monde des médias est une machine à broyer »), quelques minutes avant l’intervention de la salariée de D8.

Voilà donc comment le Nouvel Observateur fait du journalisme. Il sort deux minutes d’un passage télé qui en fait cinquante ; les analyse avec un objectif précis (ici, s’attaquer à Jean-Luc Mélenchon) ; ne fait jamais référence à ce qui s’est passé avant, ni à ce qui se passera ensuite ; et surtout, se garde bien de recueillir le témoignage des acteurs de la scène. Voilà ce qu’on appelle le journalisme version Petit journal. Un journalisme mensonger basé sur la manipulation

Car en réalité, Jean-Luc Mélenchon n’est pas resté insensible à l’intervention de la jeune intermittente. Bien au contraire. Il suffit pour cela de regarder la suite de l’émission, ce que Bruno Roger-Petit n’a visiblement pas fait !

« Une personne payée avec un lance-pierre, n’est pas en état de se rebeller »

En effet, le co-président du Parti de gauche a passé plusieurs minutes après le départ de la jeune précaire à dénoncer les conditions de travail des intermittents et donc à relayer son message.

« Le système repose sur une exploitation terrifiante des gens. C’est terrible ce qui est fait aux intermittents du spectacle, cette espèce de vie à crédit, où on vous tient(…), jusqu’à des femmes qui ont du cacher leur maternité parce que sinon elles n’accédaient pas aux droits auxquels elles avaient droit ».

« Dans les rédactions vous avez une proportion considérable d’intermittents du spectacle, de gens qui sont en stage, qui sont payés avec dans lance-pierres. (…) Beaucoup de gens vivent avec des toutes petites payes. (…) Une personne payée avec un lance-pierre, n’est pas en état de se rebeller. Quand tu as besoin de manger tu te tais, quand ton chef est là tu lui dis oui chef, sinon tu manges pas ».

« La pauvreté, la précarité, l’étranglement des gens, génèrent un produit médiatique globalisé. Voilà comment se fabrique le nivellement vers le bas. (…) Si on paye bien les gens, si on stabilise leur statut social, on peut espérer avoir une information de meilleur qualité, plus respectueuse des gens et des points de vue différents ».

Voilà ce que le Nouvel Obs appelle rester muet ? Voilà ce que Bruno Roger-Petit appelle une « faute politique » ? Ce n’est en tout cas pas l’avis la principale intéressée, la jeune intermittente Sophie Tissier. « Je ne suis pas membre du parti de gauche de monsieur Mélenchon mais j’espérais qu’il soutienne mon propos et la cause des intermittents. Et il l’a fait ! Il a dénoncé avec force notre précarité et nos conditions difficiles de travail ».

Cette affaire, est une nouvelle preuve, s’il en fallait une, du traitement lamentable réservé à Jean-Luc Mélenchon par certains médias. Comme Patrick Cohen et bien d’autres, Bruno Roger-Petit participe à la campagne de diabolisation du co-président du Parti de gauche. Une opération qui se fait en parallèle de la dédiabolisation de Marine Le Pen et de la banalisation de son discours. Tant d’attitudes qui ne font que renforcer la défiance d’une partie des français envers les médias.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 20:32

Mettons fin à la gangrène de la finance
Commission d’enquête sur le rôle des banques dans l’évasion fisca
le

Par Eric Bocquet / 29 mai 2013

Entretien paru dans le n° 84 d’Initiatives, juin 2013.
Publication de patrimoine, création d’une haute autorité indépendante, lutte contre la délinquance économique et financière ainsi que contre les paradis fiscaux : que pensez-vous des mesures annoncées par François Hollande afin de favoriser la transparence de la vie politique ?

Éric Bocquet. À l’évidence les premières annonces faites par le Président de la République et le gouvernement ne sont pas de nature, tant par leur contenu que par leur ampleur, à casser les liens étroits qui unissent trop de responsables politiques au monde de la finance. L’obligation faite aux banques de publier une comptabilité « pays par pays » figure déjà dans la loi, au demeurant très insuffisante, de séparation des activités bancaires débattue et votée au Parlement en mars dernier. Quant à la liste des paradis fiscaux souhaitée, il faut pour être efficace en éditer une seule valable pour tous les pays du monde. Il faut savoir en effet aujourd’hui qu’il en existe quatre ! Toutes différentes selon que l’on consulte celle de la France, de l’OCDE, du GAFI ou encore des États-Unis. Il est indispensable qu’une définition unique des paradis fiscaux soit élaborée. Comment en effet accepter que des pays comme le Luxembourg, Jersey ou les Bahamas ne soient pas inscrits sur la liste française ?

Vous-même, parlementaire communiste, êtes-vous prêts à jouer cette carte de la transparence ?

Éric Bocquet. La transparence pour les élus du PCF va de soi, nous ne sommes pas des professionnels de la politique, nous sommes investis d’un mandat d’élu non pas pour faire carrière ou fortune. Rappelons ici que nos indemnités sont versées à notre organisation politique via son association de financement et qu’en retour nous percevons la part qui nous revient, ce principe est très clair et sain. Chaque sénatrice et sénateur du groupe CRC a rempli sa déclaration de patrimoine en début de mandat, que tous ces documents soient vérifiés systématiquement. À l’heure où les élus et partis politiques suscitent doute et suspicion, il est urgent de couper nettement les liens entre politiques et financiers. Notre République souffre trop souvent de conflits d’intérêts. L’exercice d’un mandat ne peut être considéré comme un métier, c’est à nos yeux le moyen d’un engagement au service des idées et des valeurs que nous portons du conseil municipal au Parlement.

Les annonces gouvernementales sont-elles de nature à éviter un nouveau scandale Cahuzac ?

Éric Bocquet. Je ne le crois pas. Ces annonces ne répondent pas aux questions que pose l’affaire Cahuzac. Le Président de la République et le gouvernement répètent régulièrement que ce scandale est la faute d’un homme. Depuis, on a évoqué le cas Guéant, le financement obscur de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Nous pensons que cette affaire a clairement révélé les liens, les complicités entre certains élus et la finance.

Il y a quelques mois de cela, vous avez été le rapporteur d’une commission d’enquête sénatoriale sur l’évasion fiscale. Aujourd’hui, votre groupe a demandé et obtenu la création d’une nouvelle commission d’enquête. Qu’est-ce que cette dernière peut apporter de plus ?

Éric Bocquet. Notre première commission d’enquête a montré l’ampleur et la complexité du système d’évasion fiscale. Avec cette seconde commission, nous voulons poursuivre ce travail en nous penchant sur le rôle concret des banques. Toute la lumière a-t-elle été faite sur les évadés fiscaux de la liste HSBC de 2009 par exemple ? Où en sommes-nous aujourd’hui des noms et des impôts récupérés ? Ces questions restent posées. Y apporter des réponses sera l’un des buts de la nouvelle commission d’enquête qui débute ses travaux ce mois-ci. Constituée effectivement sur la proposition de notre groupe au Sénat, elle portera un regard particulier sur l’implication des banques et des acteurs financiers dans les pratiques de l’évasion fiscale. Nous travaillerons aussi à évaluer l’efficacité des moyens de la lutte en France contre ces phénomènes. Les grandes banques citées dans la formidable enquête « Offshoreleaks » seront auditionnées : HSBC, UBS, BNP... Nous nous intéresserons également à ce monde parallèle de la finance sans règle que nous n’avions pu explorer l’an dernier faute de temps, je pense à ces notions de « shadow banking », la banque de l’ombre, ou encore ces « dark pools », ces sortes de plates formes financières discrètes par lesquelles transitent des milliers de milliards de dollars en quelques secondes chaque année. Ce travail sera pour nous l’occasion de faire le lien entre ces pratiques de la finance dérégulée et la crise financière de 2007/2008 qui se décline en conditions de vie dégradées pour les peuples du monde, car c’est bien le capital qui est à l’origine de nos difficultés. Il appartiendra enfin à la commission d’enquête de décider d’auditionner des personnalités impliquées ces dernières années dans ce système. Et certaines auditions pourraient, de par les personnalités qu’elles concerneront, prendre un tour assez spectaculaire.

Ce travail d’investigation parlementaire ne risque-t-il pas, une fois de plus, comme beaucoup de rapports de ce type, de rester sans traduction concrète ?

Éric Bocquet. Il me semble que les affaires récentes ont élevé encore le niveau d’indignation de l’opinion publique. Il y aura un avant et un après Cahuzac. Et puis, je le redis, cette belle enquête « Offshoreleaks » menée par 86 journalistes d’investigation de 46 pays du monde entier a conforté nos propres analyses et constats. Les 21 membres de notre première commission d’enquête viennent d’adresser à Jean-Pierre Bel, président du Sénat, une lettre par laquelle nous demandons que notre assemblée soit dotée des moyens d’action et de suivi de ces sujets en décidant la création d’une délégation sénatoriale à la défense des intérêts financiers publics. Cette idée reprend la proposition n° 5 du rapport publié en 2012, nous pensons en effet que le Parlement doit être doté d’un tel outil. Il me semble difficile aujourd’hui de ne pas avancer sur cette question de manière concrète. On peut noter à ce propos que le G20 semble décidé à s’emparer résolument du sujet, l’Union européenne tient le même discours. Tant mieux, mais nous attendons des actes et des décisions politiques. Plus que jamais, seule une opinion publique informée, mobilisée et active pourra faire avancer les choses dans le bon sens, c’est un chantier immense qui est devant nous, mais l’enjeu est tel que rien ne doit freiner cette volonté populaire, ce sera enfin la meilleure réponse au « populisme ».

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 20:29

Vous voulez concentrer les pouvoirs locaux et les éloigner des citoyens
Modernisation de l’action publique territoriale et affirmation des métropoles

Par Christian Favier / 30 mai 2013

Nous regrettons les conditions de rédaction de ce texte et les modalités selon lesquelles il a dû être examiné. Les conditions et la méthode sont loin d’aboutir à une nouvelle étape de la décentralisation, qu’attendent nos concitoyens. Pourtant, l’expérience de la mauvaise réforme de 2010 aurait dû vous alerter. Elle a pesé dans le changement de majorité.

M. Roger Karoutchi. - Remerciez-nous !

M. Christian Favier. - L’initiative d’états généraux, lancée par le président Bel, a donné lieu à des milliers de contributions. Les centaines d’élus locaux qui y ont participé ont tous déploré la complexité et l’absence de moyens. Tous ont demandé un cadre rénové pour l’intercommunalité, afin qu’elle reste un outil au service des communes, dont le rôle est central dans la vie de la République. Chacun a insisté sur la nécessaire présence de l’État aux cotés des collectivités territoriales.

Las, ce texte est bien éloigné de ces attentes. Il n’y a pas de décentralisation, mais une déstabilisation des administrations locales et l’effacement des communes et des départements au profit des régions, comme le voulait la commission Balladur.

Vous comprendrez notre désaccord. Devant l’ampleur du mécontentement, vous avez scindé votre texte en trois. Nous examinons aujourd’hui un texte partiel. Plutôt que de partir logiquement de la commune, à la base, vous commencez par le sommet ! La conférence territoriale, placée sous l’égide de la région, régira tout par le biais de pactes de gouvernance. Concentrer ainsi tous les pouvoirs en un lieu, c’est aller à l’encontre des principes de libre administration et de non-tutelle. Certes, notre commission des lois y a mis bon ordre, mais la conférence territoriale demeure.

Que faites-vous des conférences des exécutifs ? Leur tort, à vos yeux, est sans doute qu’elles respectent trop les collectivités territoriales qui les composent. En témoigne votre conception du chef de filat, dont je ne suis pas sûr qu’elle soit la même que celle de notre rapporteur.

Vous voulez concentrer les pouvoirs locaux et les éloigner des citoyens. Ainsi des métropoles : vous préparez la fusion des communes et des départements, par transfert de leurs compétences à des structures administratives éloignées des citoyens. Craignons que l’unité du territoire national n’en soit mise à mal.

Les métropoles vont bouleverser notre paysage institutionnel, malgré les aménagements de la commission des lois. Vous allez dans le sens voulu par l’Europe et une économie financiarisée. Les métropoles seront des trous noirs absorbant toute l’énergie du développement économique. Vous prenez le risque d’une politique à plusieurs vitesses. Craignons le développement d’inégalités sociales et territoriales, dangereuses pour la cohésion sociale.

Faut-il favoriser, comme vous le faites, la constitution de baronnies locales pour des élus au quatrième niveau ? On ne construit pas l’avenir en niant son histoire. La cohésion de la France repose sur l’action équilibrée des communes, des départements et des régions. Pourquoi fragiliser l’édifice en période de crise, alors que les collectivités de proximité jouent un rôle d’amortisseur social ?

Pourquoi privilégier la technocratie au détriment des services publics locaux ?

Mme Éliane Assassi. - Barroso, l’Europe !

M. Christian Favier. - Notre conception du développement qui met l’humain au centre est très éloignée de votre texte comme de celui de la commission des lois qui n’apporte rien pour le renforcement de la démocratie locale. Or le statu quo n’est pas tenable. Nous devons entrer dans un nouvel âge de la décentralisation. En donnant plus de place aux citoyens dans la décision, ce qui suppose un statut de l’élu, afin que les responsabilités puissent être exercées par un plus grand nombre, en interdisant le cumul des mandats, en donnant plus de place aux différentes sensibilités politiques dans les assemblées délibérantes, en donnant le droit de vote à tous les résidents.

Mme Éliane Assassi. - Très bien ! (Murmures à droite)

M. Christian Favier. - ... en donnant à chaque collectivité territoriale compétence générale, en développant des coopérations volontaires dans la confiance partagée, grâce à une démocratie locale revivifiée. Il faut respecter chaque niveau de collectivité, en institutionnaliser leurs relations, mais toujours sur la base du volontariat.

Enfin pour que ce ne soit pas un jeu de dupes, il faut donner aux collectivités des capacités financières. L’autonomie financière est liée à leur autonomie fiscale. C’est un enjeu démocratique.

Nous regrettons que les conditions de mise en place de cette réforme ne nous aient pas permis de faire advenir notre vision progressiste, conforme aux combats de la gauche. Seule l’acceptation de nos amendements serait de nature à nous faire voter ce texte, encore trop éloigné, dans la rédaction de la commission des lois, des attentes de nos concitoyens.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 20:26
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 20:56
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 19:34

Monde - le 30 Mai 2013

Syrie : Genève 2 s’engage bien mal

L'opposition syrienne a réglé son problème de représentation en annonçant qu’elle n’enverrait personne à la conférence internationale dite de "Genève 2". Bachar al-Assad de son côté avait accepté de parler de paix, tout en accueillant des combattants du Hezbollah et des batteries de missiles antiaériennes russes.

"La Coalition nationale ne prendra part à aucune conférence internationale ou à aucun autre effort de ce genre tant que les militants de l'Iran et du Hezbollah envahissent la Syrie", a déclaré l’actuel chef de l'opposition syrienne George Sabra aux journalistes. La coalition avait passé 8 jours vains à Istanbul à essayer de s’entendre avant la conférence.
La Coalition semblait pourtant ouverte la semaine dernière à tout effort en vue de la paix. Mais l’incapacité du CNS à atténuer ses divisions s’est résolue par un refus de participer.

C’est aussi le fait que sur le terrain, l’armée syrienne gagne du terrain. Avec un soutien accru de l’Iran, mais aussi l’aide de plusieurs milliers de combattants du mouvement chiite libanais Hezbollah, 3 à 4000 selon les renseignements français. Depuis le 19 mai, Qousseir, verrou stratégique en Syrie non loin de la frontière libanaise, est en effet sous le coup d’une offensive majeure des forces d’Assad et du Hezbollah. La Coalition de l'opposition syrienne a d’ailleurs lancé un appel "urgent" pour que soient secourus un millier de civils blessés bloqués dans cette ville. "A la lumière de cette sauvagerie, toute discussions sur une conférence internationale ou un règlement politique en Syrie relève d'un bavardage insignifiant", a affirmé M. Sabra.

Bachar-al-Assad donnait justement une interview ce jeudi à la chaine de télévision Al-Manar, proche du Hezbollah. "Tous les accords passés avec la Russie seront honorés et une partie l'a déjà été dernièrement" a dit le président syrien, faisant référence aux missiles S 300, des systèmes sophistiqués de défense anti-aérienne qui inquiètent fortement Israël. Et ce parce qu’ils ont la porté d’atteindre les avions israeliens directement au dessus du principal aéroport militaire du pays. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov avait justifié mardi leur livraison prévue en estimant qu'ils visaient à dissuader toute velléité d'intervention extérieure dans le conflit.

La conférence de paix doit toujours se tenir à Genève le 5 juin. Des représentants des Etats-Unis, de la Russie et des Nations unies y seront présents mais le ton monte de part et d’autres. Israël a affirmé ce jeudi qu'il ne voulait pas provoquer "d'escalade" militaire avec la Syrie mais ne permettra pas le transfert d'armes "stratégiques", notamment au Hezbollah, sa bête noire. La Russie a estimé que la levée par l'Union européenne de l'embargo sur les livraisons d'armes aux insurgés posait "de sérieux obstacles" à cette réunion. Moscou accuse également l’opposition d’empêcher le processus politique pour la paix mais de tout faire pour obtenir une intervention militaire. Quant aux Etats-Unis, ils ont fermement "exigé" que le Hezbollah se retire "immédiatement" de Syrie, en particulier de Qousseir.

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 19:19

IL FAUT QUE LE GOUVERNEMENT ENTENDE LA COLERE DES ARDECHOIS


Jean-Marc AYRAULT accompagné de MONTEBOURG et SAPIN seront le 31 mai prochain à Annonay.

La CGT invite toute la population à un rassemblement afin de faire entendre le mécontentement des salariés, retraités et demandeurs d’emplois face à cette politique d’austérité qui nous mène droit dans le mur et qui ne profite qu’aux capitalistes.

En effet, comme l’a rappelé Thierry LE PAON (secrétaire de la CGT) dans sa lettre ouverte au Président de la République, le compte est loin d’y être par rapport au changement annoncé :
- Loi sécurisation de l’emploi qui reprend l’ANI du 11 janvier 2013 portant de graves attaques au code du travail et aux droits des salariés,
- Refus de l’amnistie des militants
- Austérité à tous les étages (notamment avec le traité budgétaire européen TSCG)
- Protection sociale
- Acte III de la décentralisation
- Modernisation de l’Action Publique poursuivant la RGPP,
Et maintenant l’acte frontal contre le droit au départ en retraite, pour laquelle nous devons d’ores et déjà nous mettre en ordre de bataille…

Rassemblement
Vendredi 31 mai à 12 heures
Rond point des perrières (face à la caserne des pompiers)


Pour Vivre et Travailler en Ardèche.

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 19:16

Bonjour,
Au sud de l’Afrique de l’Ouest, le Togo et le Bénin comptent parmi les 15 pays les plus pauvres au monde : aujourd’hui, 1/4 de leur population ne couvre pas ses besoins alimentaires.

Si la plupart des familles rurales possèdent quelques animaux ou une parcelle maraîchère, le manque de moyens techniques et financiers empêche d'avoir une activité suffisante pour couvrir les besoins vitaux. Les ménages, en particulier les enfants, restent très vulnérables.

Pourtant, ces familles s’efforcent de lutter contre cette injustice.

C’est pour leur donner les moyens de changer les choses que notre association met en place des projets d’élevage et d’accompagnement afin d'organiser, avec elles, une activité lucrative durable.
Ce printemps, ce sont 500 familles du Togo et du Bénin qui attendent votre soutien pour démarrer leur élevage.


Notre projet prévoit que chaque famille reçoive :

• les animaux qu'elle aura choisi de recevoir (2 à 5 chèvres, ou 10 poules et 1 coq)
• le matériel d’élevage,
• les soins vétérinaires,
• la formation technique,
• l’assistance de notre équipe locale sur 3 années.

Puis, grâce au principe "Qui reçoit… donne", ces familles transmettront à leur tour un animal né de leur élevage à une nouvelle famille qui pourra alors démarrer un projet similaire.

Cette jolie chaîne de solidarité, c'est vous qui pouvez l'initier en choisissant de soutenir une famille.

Nous comptons sur vous pour nous permettre de mener à bien ce projet.
Je vous remercie par avance de votre geste.

Christophe Nivoix,
Directeur d’Elevages sans frontières

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 19:03

Conseil Départemental des Associations Familiales Laïques de la Loire
28 Rue Polignais – 42000 Saint Etienne
 04 77 33 98 08 -  04 77 32 64 95 - cdafal42@free.fr - site : cdafal
42.org

SIRET 349 149 765 00043 - CODE APE/NAF : 9499Z

Saint Etienne, le 30 Mai 2013

COMMUNIQUE DE PRESSE

Des demandeurs d’asile déboutés mais effectuant des démarches pour un titre de séjour, se retrouvent à la rue.

C’est une situation catastrophique pour ces personnes et ces familles avec enfants ; c’est aussi le non respect d’un droit au logement.

Pourtant la lettre du Premier Ministre du 17 octobre 2012 aux préfets demandait de préparer les sorties après l’hiver et d’établir des projets, l’accès au logement ou à l’hébergement étant un droit.

De même la circulaire du 3 Mai 2013, de la direction générale de la cohésion sociale, dans ses orientations 2013, stipule qu’il y a lieu de consolider l’hébergement, de renforcer les services d’accueil et d’orientation et d’éviter les remises à la rue.

Ce n’est pas ce qui se vit actuellement dans la Loire.

C’est pourquoi le CDAFAL soutient les associations qui agissent auprès des demandeurs d’asile et appelle à la manifestation de Vendredi 31 Mai à 17 h. devant la Préfecture.


Janine SARKISSIAN
Présidente,

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