Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:55

Au premier tour des régionales, les résultats laissaient entrevoir le pire avec les possibilités de succès du Front National dans plusieurs régions.

Avec esprit de responsabilité, les électeurs ont surmonté leur défiance à l'égard des partis gestionnaires pour voter contre les listes frontistes.

Mais Le Front National laisse sa botte dans l’entrebâillement de la porte du pouvoir et la menace persiste.

Les surenchères sur les thématiques autoritaires, inégalitaires, identitaires font le jeu et le lit du parti d'extrême-droite.

Par calcul politique, par démagogie, par conviction parfois, des personnalités politiques de premier plan ont relayé les thèses du Front National. Lorsque des politiques vont à longueur de temps à la chasse à l'électorat du FN en reprenant ses théories ils crédibilisent les idées de ce dernier et surtout le banalisent. Comment s'étonner alors lorsque celui ci attire la colère et le mécontentement.


Les Roms, les migrants, les musulmans ont fait l'objet de stigmatisations qui ont alimenté le vote extrémiste de la part d'électeurs qui ont préféré l'original à ses copies.

Faire barrage durablement à l’extrême droite, suppose une modification fondamentale des politiques menées par les partis dominants.

Les exclus, les cités populaires, les migrants qui fuient les guerres, dictatures, dérèglements climatiques et misère ont besoin d'une République fidèle à son triptyque : liberté, égalité, Fraternité.

Au-delà des responsabilités des partis gestionnaires, c'est toute la société qui est interpellée et notamment son espace médiatique qui a trop souvent offert ses micros et ses caméras à un Front National qui crachait alors sa haine des quartiers populaires, de leur jeunesse, ou encore des musulmans.

Contre les théories identitaires multiformes, la racialisation du discours et parfois des pratiques politiques , un sursaut doit offrir un modèle de société inclusive qui se nourrit de sa diversité et de la richesse des histoires individuelles et collectives de ses apports migratoires.

Le sursaut républicain a permis , cette fois-ci, d'éviter le pire mais le danger est toujours présent. C'est pourquoi, le MRAP, avec ses partenaires, entend se mobiliser pour prouver aux citoyen(ne)s que la solution à leurs problèmes réels ne peut être dans de futurs matins bruns.

Paris, le 14 décembre 2015

 
Repost 0
11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 21:56
Repost 0
10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 21:39

La Journée internationale des Droits de l’Homme invite à rappeler que le premier droit est le droit à la vie, si cruellement bafoué par les attentats qui endeuillent l'ensemble de la planète, les guerres entraînant morts, exils, famines... Ils sont aussi refusés aux peuples colonisés, aux femmes réduites en esclavage, aux enfants contraints de travailler....

Mais cela n’exonère pas d’interroger dans notre pays la fière devise Liberté, Égalité, Fraternité, sur laquelle repose le pacte républicain, si souvent invoqué dans le discours politique.

Liberté : en ces jours d’état d’urgence, le MRAP se doit d’exercer une stricte vigilance face aux risques d’atteinte aux libertés que génère cet état d’exception pour chacun d’entre nous, mais surtout pour ceux qui en temps « normal » subissent déjà si fréquemment contrôles au faciès et autres violations de leurs droits de citoyen.

Égalité : le MRAP ne se résigne pas à une égalité formelle « Tous égaux devant la loi », quand restent impunis ou déniés tant de d’actes et de discriminations directes ou systémiques contre les personnes à raison de leur origine, de leur religion, de leur nationalité ? mais aussi à l’encontre des femmes, des personnes handicapées, des homosexuels, des personnes en situation d’extrême pauvreté ? Jusqu’à quand notre société préférera-t-elle ignorer cette violation constante des principes de la République ?

Fraternité : quelle fraternité en acte, quand 2015 a été marqué par nombre de violences antimusulmanes et antisémites ? Chaque attentat alimente préjugés et fantasmes et libère des torrents de haine.

Mais au delà de cette recrudescence de toutes les formes de racisme, comment parler de fraternité dans une société où la précarité des travailleurs s’accroît de jour en jour, où dans certaines cités, 50% des jeunes sont au chômage, où 20% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté ? Où les Restos du cœur, comme les autres associations caritatives, ne réussissent plus à répondre aux besoins des plus démunis ?

Et quel esprit fraternel dans l’accueil si restreint des réfugiés, dans le rejet des migrants d’où qu’ils viennent , quand une large et triste majorité des discours politiques reprennent ces propos d’exclusion, sur le modèle des droites extrêmes ?

La France est-elle encore la patrie des Droits de l’Homme ou n’est-elle plus que le pays de la Déclaration des Droits de l’homme ? Le MRAP mène le combat contre cet abandon de l’idéal républicain.

Paris, le 10 décembre 2015

 
Repost 0
9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 20:45
Repost 0
8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 19:58
Repost 0
8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 19:57

Toutes les nouveautés (initiatives, publications, notes en lignes, vidéos...) sur le site : www.gabrielperi.fr

Quelle histoire pour quel commun ?
Pistes pour un enseignement de l’histoire dans l’école commune

Avec Laurence de Cock, professeure d’histoire

jeudi 17 décembre 2015 à 18H30,
salle 25 (1er sous-sol)
Espace Oscar Niemeyer
2, Place du Colonel Fabien 75019 Paris (entrée Avenue Mathurin-Moreau)
Métro Colonel-Fabien, ligne 2

Inscriptions : inscription@gabrielperi.fr


Présentation :

Les récurrents débats sur les programmes d’histoire ont montré à quel point la question reste sensible et fortement politisée en France. On pourrait crier à l’instrumentalisation et moquer ces propensions d’éditorialistes à saisir sur le vif chaque prétexte à interroger l’identité française et à fustiger l’école.

Il faut toutefois reconnaître que peu de contenus d’enseignement sont aussi régulièrement débattus que ceux qui concernent l’histoire, et qu’il y a peut-être quelque chose ici à interroger de l’idée que l’on se fait de l’importance et de l’utilité de l’histoire dans la trajectoire scolaire ainsi que de la surpuissance régulièrement assignée à certains contenus (fait religieux, fait colonial, Shoah aujourd’hui par exemple).

La chose en devient d’autant plus étonnante que les travaux sociologiques ou didactiques sur les modalités d’apprentissage de l’histoire par les élèves témoignent d’ une très grande distance entre le prescrit et le réel, laissant supposer que les débats publics sur l’enseignement de l’histoire disent davantage des représentations sociales de l’utilité politique de l’enseignement de l’histoire que de la réalité de ce que les élèves en font.

Il en ressort que la participation de l’histoire scolaire à une culture commune ne relève pas simplement des thématiques "programmées" par les textes mais aussi - et peut-être surtout - d’une réflexion sur l’itinéraire des savoirs C’est dans cette perspective plus curriculaire donc que nous proposerons quelques pistes pour penser l’ensemble de la chaîne qui s’étend de la prescription par l’Etat à la restitution par les élèves.

Nous partirons d’une mise en miroir des débats récents avec les résultats d’une enquête sur les récits d’histoire de France par 6000 élèves de tous les âges à laquelle nous avons participé. Nous interrogerons alors les distorsions entre ce qui est supposé de la performativité des contenus d’enseignement et ce qui affleure dans les résultats de l’enquête. C’est de cette comparaison que nous lancerons quelques pistes pour une refonte non tant des "programmes" que des curricula d’histoire au regard de l’importance - Ô combien récemment rappelée - de l’acquisition d’une grammaire historique comme composante d’une culture commune.

http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article214

Fondation Gabriel Péri

14 rue Scandicci
93500 Pantin
France
www.gabrielpe
ri.fr
Mél : fondation@gabrielperi.fr

Abonnement à la liste : liste-subscribe@listes.gabrielperi.fr
Désabonnement : liste-unsubscribe@listes.gabrielperi.
fr

Repost 0
2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 19:50

Communiqué de presse

État d'urgence : danger !
La France qui se revendique des Droits de l'Homme les bafoue

« Un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre, et en général il perd les deux ». Benjamin Franklin.

L’état d’urgence décrété le 14 novembre, prolongé pour 3 mois par le Parlement est inscrit dans une loi du 3 avril 1955, adoptée en pleine guerre d’Algérie, donc dans un contexte de répression coloniale exercée sur un peuple entier. La loi a ensuite été utilisée à l'échelle de la France entière en 1961. L’état d’urgence a été proclamé en Nouvelle Calédonie en 1984. Elle fut encore appliquée du 8 novembre 2005 au début de janvier 2006 dans les banlieues des grands centres urbains.

Cet état d'urgence confère des prérogatives d'exception au pouvoir exécutif et administratif. Certes le décret prévu par la loi de 1955 qui permettait la censure de la presse a été supprimé mais le danger persiste. La loi du 3 avril 1955 permet de décréter un couvre-feu, dans certaines zones délimitées et pour certaines plages horaires. Les pouvoirs publics l'avaient amplement utilisée en 2005.

Les deux principaux volets mis en œuvre actuellement concernent les perquisitions administratives et les interdictions de manifestations et rassemblements.

Les perquisitions de domicile peuvent être menées à toute heure du jour ou de la nuit, sans mandat judiciaire. Elles peuvent s'accompagner d'assignations à résidence. Les pouvoirs publics viennent de faire un ample usage de cette possibilité, surtout en direction – selon leurs intentions déclarées – de certains courants de ce qui est appelé désormais « l’islam radical ».

L’interdiction de rassemblements peut concerner des manifestations en plein air, mais également des réunions ou représentations dans des salles de spectacle. Le gouvernement peut dissoudre des associations jugées dangereuses pour l'ordre public.

Déjà les « bavures » et les dérives sont nombreuses.

À tel point que le mercredi 25 novembre le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a cru devoir inviter les préfets à mener les perquisitions « dans le respect du droit », preuve qu'il n’a pas toujours été respecté.

Suivant le journal « Le Monde » (24 novembre), les cibles des perquisitions vont bien au-delà de la mouvance djihadiste. Dans certains cas, les observateurs et observatrices ont d’ailleurs bien du mal à saisir la raison de certaines perquisitions, leur lien avec une menace terroriste quelconque. C’était le cas de la perquisition musclée d’un restaurant halal à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise).

Le 27 novembre, la Ligue des Droits de l'Homme a souligné qu'après avoir interdit les manifestations citoyennes autour de la COP21, le ministre de l’Intérieur a assigné à résidence un des responsables de la coalition climat 21, nouvel exemple que l’état d’urgence est un danger pour les libertés publiques et que la lutte contre le terrorisme n’est ici qu’un prétexte pour interdire toute voix dissonante.

Des avocats et avocates impliqués notamment dans la défense des personnes assignées à résidence rapportent le manque de motivation de ces mesures. Ainsi, en région toulousaine les autorités se sont contenté d'un « Vu l’état d’urgence… ».

Les manifestations des 28 et 29 novembre à Paris et en régions ont été interdites au motif qu'elles pourraient constituer des « cibles » et que les forces de l'ordre sont occupées à autre chose que leur protection. Mais en même temps, le gouvernement ne demande ni la fermeture des centres commerciaux, ni celle des complexes cinéma ou des musées, ni l'annulation des marchés de Noël et des manifestations sportives.

Le MRAP dénonce en particulier les 58 signalements effectués par la police au parquet – en vue de poursuites – suite à la manifestation pour les droits des migrants qui s’est tenue, malgré une interdiction, le dimanche 22 novembre. Certaines des 58 personnes ne se trouvaient même pas à Paris au moment de la manifestation. La police semble s’être servi de fichiers préalablement constitués et d'une vidéo journalistique. De même, l’arrestation , Place de la République à Paris, dimanche 29 novembre, de plus d’une centaine de personnes a touché des militants syndicaux, des militants associatifs, des militants écologiques qui exerçaient leur droit à revendiquer pour la justice climatique.

Poursuivre des citoyen-ne-s qui manifestent leur solidarité avec des migrants et des réfugiés est un affront à l’esprit civique. Si ces poursuites devaient aboutir, cela laisserait augurer de sinistres perspectives, d’autant plus que certain-e-s n’hésitent pas à créer un amalgame insupportable entre migrants et terroristes.

Toutes ces dérives sont dramatiquement confirmées par la décision du gouvernement français de renoncer à ses obligations liées à la convention européenne des Droits de l'Homme.

Extrêmement préoccupé par les entorses aux Droits de l'Homme et aux libertés fondamentales, individuelles et collectives le MRAP appelle à la levée de l’état d’urgence et demande que soit garanti le droit de manifester et de s’exprimer publiquement. Il continuera à affirmer haut et fort sa solidarité avec les migrant-e-s et les réfugié-e-s, et toutes les victimes de discriminations.

Dès le 16 novembre, le président François Hollande a annoncé l’élaboration d’un projet qui devrait inscrire l’état d’urgence dans la Constitution, sans limitation de durée. Jusqu’ici, l’état d’urgence était réglé par une loi ordinaire (celle de 1955) et non par la Constitution elle-même, cette dernière ne prévoyant que l’état de siège, situation encore plus grave.

Non content de vouloir s'affranchir de l'état de droit en demandant aux députés de ne pas saisir le Conseil Constitutionnel, le premier ministre M. Valls, considère que « Nous allons vivre longtemps avec cette menace terroriste » (16/11/15). On perçoit aisément le danger qui consiste à créer un dispositif d’exception… qui risque de devenir rapidement la norme, et dont on ne sortira plus.

L'état d'urgence, "gravé dans le marbre" de la Constitution pour une utilisation illimitée pourrait tomber dans des mains d'un gouvernement dont les objectifs liberticides seraient un danger gravissime pour les droits et libertés, un gouvernement qui n'aurait qu'à utiliser les lois et mécanismes mis en place par ce gouvernement pour imposer son idéologie, réprimer toute opposition démocratique. Le risque est réel de voir le Front National participer à un gouvernement avec une partie de la droite. Fin 2012, les journalistes Eric Mandonnet et Ludovic Vigogne ont rapporté qu’entre les deux tours de l’élection présidentielle des conseillers de N. Sarkozy lui avaient suggéré… de proposer le ministère de l’Intérieur à Marine Le Pen. Pour imposer son idéologie et combattre ses adversaires, pour réprimer toute opposition démocratique, le Front National n’aurait qu'à utiliser les lois et la constitution existantes.

Le MRAP appelle tous les citoyens à s'opposer aux dérives actuelles et à en soutenir les victimes, tous les parlementaires à s'opposer fermement à la « constitutionnalisation » de l'état d'urgence.

Le MRAP appelle toutes les organisations démocratiques à s'unir pour exiger le respect des Droits de l'Homme et des libertés fondamentales individuelles et collectives.

Paris, le 2 décembre 2015

Repost 0
1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 19:48
Repost 0
1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 19:43
Repost 0
1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 19:39
Repost 0